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Les Acadiens du Poitou

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ARCHIGNY, Poitou-Charentes (France) | Ici, tout comme en Acadie, on souligne la fête du 15 août par un tintamarre. Y participent principalement des descendants de familles déportées jadis d’Acadie. Car le fait acadien demeure très vivace dans ce secteur du Poitou.

Un musée aménagé dans une ancienne ferme de la «Ligne acadienne», qu’anime l’association locale baptisée Les Cousins acadiens du Poitou, évoque les éléments qui ont marqué ce pan de l’Histoire.

En 1755, les Anglais, devenus maîtres des terres d’Acadie, décidèrent d’expulser la population d’origine française. Ils affrétèrent une flotte de 14 navires pour transporter quelque 5000 personnes de souche acadienne vers l’exil, soit dans les États situés plus au sud.

Au nombre de ceux-ci, la Virginie ayant refusé d’accueillir son quota de migrants, 1500 déportés acadiens furent retenus comme prisonniers dans une série de ports anglais où ils demeurèrent sept années.

Finalement, un accord intervenu entre l’Angleterre et la France permit de rapatrier ces Acadiens qui se retrouvèrent dans les ports français de la Manche et de l’Atlantique. Restait à trouver des terres susceptibles de les accueillir.

Une partie de ces exilés, soit 77 familles, furent relocalisés sur l’île de Belle-Île-en-Mer, en Bretagne, où on leur attribua des terres en friche et des maisons abandonnées.

Au terme de bien des tractations, en 1773, 1500 autres Acadiens rapatriés furent dirigés vers le Poitou. Le plan officiel visait à construire 5 villages de 30 fermes de 10 personnes. Finalement, sur ce que l’on appela la «Ligne acadienne», on arriva à bâtir 57 fermes réparties dans 8 villages.

Chaque maison d’habitation comprenait une grande pièce servant de cuisine et de salle de séjour, une chambre, un cellier, une écurie, une grange et un puits. Chaque ferme se voyait dotée de 2 bœufs, 2 vaches et d’outils aratoires. En guise de terres, on concéda à chaque famille une poignée d’hectares de terres à défricher.

Le statut de la nouvelle «colonie» n’étant pas bien défini et les conditions d’installation sur les nouvelles terres non respectées, la plupart de ces Acadiens du Poitou demandèrent bientôt à s’en aller.

En mai 1776, il ne restait au Poitou que 157 personnes, représentant 25 familles, soit seulement 10 % des Acadiens initialement envoyés là. Pendant ce temps, 1434 Acadiens ayant quitté la région se retrouvaient au port de Nantes, attendant un embarquement pour la Louisiane.

La « Ligne acadienne »

Le long de ce qu’on appelle la «Ligne acadienne», la route rectiligne qui traverse quelques communes de la région de Poitiers, dont Archigny, on peut encore voir plusieurs maisons basses en forme de longères, héritées des constructions en torchis de jadis. C’est la ferme No10 qui abrite le musée. On y a reconstitué le mobilier paysan du XVIIIe siècle.

Lors de votre visite des lieux, attendez-vous à vous faire évaluer sur votre connaissance de l’histoire acadienne et à vous faire servir un cours complet par les dirigeants de l’association Les Cousins acadiens du Poitou.

Si le «fait acadien» vous passionne, ne manquez pas de prendre rendez-vous avec André Magord, Acadien lui-même. Professeur à l’Université de Poitiers, il dirige l’Institut d’études acadiennes et québécoises (l’IEAQ) et préside le Comité des amitiés acadiennes de la Vienne.

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