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Pitbull: la bêtise est humaine

Pitbull
Photo d’archives, AFP

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Chaque fois qu’un nouvel incident malheureux impliquant un pitbull survient dans l’actualité, c’est la même chose: certains réclament l’interdiction de cette race. Je suis contre cette idée.

Chaque fois qu’un nouvel incident malheureux impliquant un pitbull survient dans l’actualité, c’est la même chose: certains réclament l’interdiction de cette race. Je suis contre cette idée.

Le problème est l’imbécile au bout de la laisse; pas le chien. Comme les bergers allemands, qui avaient si mauvaise réputation avec les nazis et qui sont devenus des chiens aimés et doux, les pitbulls ne sont pas «génétiquement» des tueurs.

Ces bêtes, qui mordent des gens, ont des maîtres irresponsables ou violents – souvent de la graine de bandit. Et tandis que ces derniers ont droit à des tapettes sur les doigts en guise de punition, leurs pauvres bêtes, innocentes malgré ce qu’elles ont fait, se font piquer.

Pire: souvent, ces animaux, rendus cinglés par l’humain censé s’occuper d’eux, n’en sont pas à leur première incartade. On apprend que le chien en question a déjà été impliqué dans plusieurs incidents par le passé et que bien sûr son maître n’a rien fait pour corriger la situation. Et que les gens mordus ont décidé de ne pas porter plainte.

De grâce, si vous savez qu’un chien dangereux, avec un maître cinglé, vit près de chez vous, avertissez-en les policiers. N’attendez pas que l’irréparable se produise.

Précautions inutiles

Ceux qui pensent améliorer la situation en interdisant les pitbulls commettent selon moi deux erreurs.

1) Ils ne se rendent pas compte qu’ils vont pénaliser les propriétaires responsables et aimants, en leur ôtant leur chien, sans vraiment affecter les bons à rien qui, de toute façon, ne respecteront pas la loi. Voilà ce qu’essaie de nous faire comprendre le groupe Pitbull Québec.

2) Ils ignorent que les fous et les malades violents vont de toute façon se procurer des chiens qui, eux aussi, deviendront monstrueux.

Les pitbulls ont la malchance d’être, pour le moment, la sorte de chien préférée de nos malfrats. Même si vous éradiquiez les pitbulls du territoire du Québec, une autre race prendrait leur place dans le cœur de nos caïds. Sera-ce le doberman? Le rottweiler? Le berger allemand? Le Tosa Inu? Le bandog? Le berger du Caucase (qui peut peser 80 kilos)? Imaginez que nos racailles et nos cinglés violents s’entichent du berger du Caucase...

Au Japon, les Tosa Inu sont les chiens de prédilection des mafieux. Devinez quoi? Ils sont aussi agressifs que vous pouvez l’imaginer lorsqu’ils s’imprègnent des pulsions criminelles de leurs maîtres. Ce serait la même chose au Québec avec nos bandits.

Des mesures efficaces

Mais interdire à certains dangers publics parmi les humains de posséder un animal domestique, ça me semble une bonne idée.

Inciter les citoyens témoins de comportements agressifs de chiens à avertir les autorités? Bonne idée.

Obliger le port de muselières? Pourquoi pas?

Mais interdire les pitbulls? Non.

Ça priverait une immense majorité de maîtres responsables de leur chien. Et les fous se rabattraient sur d’autres sortes de chiens peut-être plus puissantes encore que les pitbulls.

Je vais répéter ce que je vous disais au début: le problème est l’humain au bout de la laisse, pas le chien.

 

 

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