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Quand la danse et le cirque se rencontrent

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Pour la première fois en 13 ans d’existence, Les 7 doigts de la main font appel à trois chorégraphes invités, provoquant ainsi la rencontre de deux mondes distincts: la danse et le cirque. «L’union de ces deux disciplines est nécessaire pour faire avancer les arts du cirque de manière novatrice», estime le cofondateur et directeur artistique, Samuel Tétreault.

La TOHU est plongée dans la pénombre. Sur scène, ils sont cinq équilibristes à s’affairer, juchés sur des perches. Leurs corps se plient, se déplient, se courbent, culbutent et virevoltent. Au loin, on entend un homme donner ses dernières directives à la troupe, tantôt en français, tantôt en anglais.

Cet homme, c’est Victor Quijada, un chorégraphe originaire de Los Angeles désormais établi à Montréal, invité par Les 7 doigts de la main pour créer un tiers du nouveau spectacle Triptyque.

Une semaine avant la première mondiale, prévue à Montréal mercredi, la pression commence à se faire sentir.

«Méchante journée», laisse tomber Samuel­­ Tétreault, cofondateur et directeur artistique des 7 doigts de la main, à l’heure du souper. Sa journée est toutefois loin d’être terminée: les répétitions reprennent de plus belle en soirée.

« Le spectacle de mes rêves »

En effet, les journées sont longues pour l’équipe des 7 doigts de la main, particulièrement pour Samuel Tétreault. Depuis quelques semaines, il travaille 16 heures par jour, à raison de cinq ou six jours par semaine. En plus de chapeauter le projet, il participe aux trois segments du spectacle. Une expérience «intense», nous avoue-t-il.

Pourtant, en entrevue avec Le Journal, il ne montre aucun signe d’épuisement, ni même de lassitude. Visiblement, l’enthousiasme­­ prend le dessus sur la fatigue­­.

«C’est un cadeau que je voulais m’offrir pour mes 40 ans; on m’a donné carte blanche pour mettre sur pied le spectacle de mes rêves», relate Samuel Tétreault.

Le mandat est colossal. Lorsqu’est venue l’idée d’offrir un triptyque, c’est-à-dire un spectacle composé de trois œuvres distinctes, Samuel Tétreault savait que la tâche serait ardue: qui dit trois chorégraphes invités dit trois horaires et agendas à coordonner, en plus des répétitions à prévoir.

«C’est vraiment comme diriger trois spectacles en même temps; il y a trois créateurs, trois conceptions de costumes, trois styles musicaux... Tout est à faire trois fois», explique-t-il.

Unir deux publics différents

En faisant appel à trois chorégraphes issus­­ de différents milieux et cercles de l’univers de la danse, Samuel Tétreault espère faciliter la rencontre de deux publics distincts qui ne se mélangent pas souvent.

«Les gens qui viennent pour l’aspect danse vont s’y retrouver; même chose pour ceux qui sont plus attirés par les arts du cirque. Mais je tenais à ce que tous et chacun se retrouvent en territoire inconnu durant différentes portions de la soirée», explique-t-il.

Ainsi, le spectacle Triptyque offrira une progression qui mènera ses spectateurs du monde de la danse, dès le premier segment, jusqu’aux arts circassiens dans le dernier, où danseurs côtoieront jongleurs, unicyclistes et différents artistes aériens.

En tout, 10 représentations sont prévues à Montréal d’ici deux semaines. Ensuite, Samuel Tétreault prévoit mener Triptyque sur la route dans le monde entier, différentes villes comme Paris, Londres et Olso ayant manifesté leur intérêt.

«C’est un spectacle qui devrait avoir une durée de vie de deux ans en tournée», estime­­ Samuel Tétreault.


♦ Triptyque, du 14 au 25 octobre à la TOHU­­.

 

Un spectacle, trois créateurs

Le cofondateur et directeur 
artistique des 7 doigts de la main Samuel Tétreault nous parle des trois chorégraphes 
invités qui assureront chacun un tiers du spectacle Triptyque.
Photo courtoisie
Le cofondateur et directeur artistique des 7 doigts de la main Samuel Tétreault nous parle des trois chorégraphes invités qui assureront chacun un tiers du spectacle Triptyque.

Première partie

Chorégraphe invitée: Marie Chouinard

«Je voulais avoir une chorégraphe québécoise et, tant qu’à me faire un cadeau, je voulais travailler avec quelqu’un qui est déjà une icône de la danse au Québec. Il y avait quelques noms au sommet de ma liste et, rapidement, les choses se sont orientées vers une collaboration avec Marie Chouinard. D’une part, elle a un rayonnement international et, d’autre part – encore plus important –, j’ai vu plusieurs de ses spectacles et j’aime beaucoup son travail. Ses œuvres sont brutes, intemporelles, uniques et très intérieures.»

Deuxième partie

Chorégraphe invitée: Victor Quijada

«Je connais Victor Quijada depuis que j’ai fondé Les 7 doigts de la main, puisqu’il fondait la même année sa compagnie RUBBERBANDance. On a découvert le travail de nos compagnies respectives et, depuis, on a suivi le parcours l’un de l’autre, donc ça faisait très longtemps que j’avais envie de travailler avec lui. Pour ce spectacle, je rêvais de faire un travail de groupe avec des équilibristes, chose qui est très rare. Comme son langage chorégraphique est un mélange de break dance et de danse contemporaine, donc très acrobatique, je me suis dit qu’il était la personne toute désignée avec laquelle travailler sur ce projet.»

Troisième partie

Chorégraphe invitée: Marcos Morau

«Marcos Morau m’a été recommandé en tant que nouvelle étoile montante de la danse en Europe. J’ai regardé ses vidéos, et j’ai trouvé très intéressante toute la théâtralité de son travail, alors on s’est rencontrés sur Skype. De son côté, il était très curieux, ouvert et motivé à l’idée de monter un spectacle alliant le cirque et la danse. C’est une pièce qui est vraiment très théâtrale et très circassienne, qui se rapproche de ce que les gens sont habitués de voir de la part des 7 doigts de la main.»