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L’enfant autiste et l’école

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Monsieur le ministre,

En avril 2011, j’ai été invitée à l’émission Tout le monde en parle de Radio-Canada, dans le cadre du mois de l’autisme, pour parler de ma vie de parent de deux garçons atteints de ce trouble, mes fils Mathias et Romain, maintenant âgés de 10 et 8 ans.

À cette époque, notre petite famille traversait une période sans trop de bouleversements. Encore aujourd’hui, nous pouvons nous féliciter d’être une famille nucléaire unie... ce qui relève parfois de l’exploit chez les parents d’enfants différents.

La vie de parents d’enfants à besoins particuliers étant loin de représenter une route rectiligne et prévisible, les hauts et les bas sont nombreux avec nos fils. Nous nous sentons comme des gagnants à la loterie de constater que le plus jeune vit un début d’année scolaire exemplaire! Il en va tout autrement pour l’aîné, Mathias, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme et d’une déficience intellectuelle moyenne en plus de graves lacunes communicationnelles (non verbal).

Notre fils fréquente une classe d’autistes dans une école spécialisée et pourtant, l’enseignante est déjà à bout de souffle en raison des comportements de notre garçon: crier, lancer, s’automutiler et frapper autrui. Arrive octobre et l’enseignante, une dame expérimentée et dévouée, est épuisée et démunie.

Or, monsieur Blais, l’école a tout tenté devant les comportements inexplicables de notre garçon qui, paradoxalement, se porte plutôt bien à la maison. Bonifier le soutien en classe, éloigner notre fils de ses pairs si possible, alléger ses journées, rien n’y fit!

Pourquoi, me direz-vous? Vous connaissez la réponse mieux que moi. Parce que vous faites la sourde oreille aux revendications du milieu scolaire. Parce que vous balayez sous le tapis la réalité des enfants à besoins particuliers qui abondent dans nos écoles.

Vous savez pertinemment que la prévalence de l’autisme est en ascension fulgurante au Québec. N’est-ce pas pour cela que votre collègue ministre déléguée à la Réadaptation a annoncé un Forum sur l’autisme en 2016? Et que dire du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et de tous les troubles d’apprentissage?

Ce que vous bouleversez actuellement dans le milieu de l’éducation est non seulement irresponsable, mais cela va hypothéquer une génération entière de jeunes Québécois. Qui en paiera doublement et même triplement le prix lorsque plusieurs d’entre eux seront devenus des adultes incapables d’offrir une contribution au monde du travail?

Pendant ce temps, monsieur le ministre, mon mari et moi, comme probablement beaucoup d’autres parents, irons cueillir notre fils dès que nous aurons un moment de libre, et cela, à la demande de l’établissement, afin de soulager le personnel qui, comme vous le savez trop bien, porte son école à bout de bras!

Roxanne Héroux

Mère de Mathias et Romain

 

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