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Sophie, le pilier de la famille Trudeau

La vie en campagne électorale est aussi occupée et exigeante pour la mère de famille de trois enfants

Sophie Grégoire
Photo Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Pendant une heure, Sophie Grégoire s’est confiée sur sa vie, son couple et son besoin d’être près des gens et de sa famille.

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Quand Justin Trudeau disait «mon amour» à Gilles Duceppe pendant le débat des chefs, c’est à elle qu’il pensait. Sophie Grégoire, qui a eu 40 ans cette année, l’avoue, c’est elle qui tient le fort à la maison pendant la campagne électorale: elle s’occupe de leurs trois enfants, les éduque, allaite son petit dernier âgé de 18 mois et fait du porte-à-porte pour le parti. Son mariage n’a pas toujours été facile, mais le couple a travaillé fort. La mère de famille qui est toujours aussi zen se dévoile sans gêne au Journal.

Sophie Grégoire
Photo Reuters

Comment se passe votre vie depuis le début de la campagne électorale ?

«Justin a une journée de congé par sept jours et je fais tout pour la préserver... les journées en famille, c’est sacré, parce que c’est aussi une autre façon de rester bien ancré»–Sophie Grégoire

Là, je suis un peu partout en même temps (...). C’est moi qui vais chez le dentiste avec les enfants, qui fais les lunchs, qui suis là devant l’autobus le matin avant qu’ils partent, bref pour la vie de tous les jours. C’est la réalité de plusieurs mamans­­ et c’est important pour moi, parce que je veux que mes enfants aient une vie normale (...). Les enfants, le boulot, les activités parascolaires, bref les journées des gens sont occupées­­. La mienne est peut-être plus intensément occupée­­ à cause de la nature de ce qu’on fait (la politique). Mais moi, je suis une chercheuse d’équilibre­­.

Pourquoi vous voyait-on moins près de votre conjoint au début de la campagne ?

Parce que j’étais sur le terrain, j’ai trois enfants, dont un bébé de 18 mois que j’allaite encore. Je suis la femme de Justin, mais aussi maman à la maison, conférencière, prof de yoga et femme de politicien. Il faut vraiment que je trouve un équilibre dans le temps que je distribue à chacun. Mais là, on est en campagne, et ce n’est pas vrai qu’elle va passer et que je n’aurai pas contribué. J’aime aller à la rencontre des gens et j’adore faire du porte-à-porte, et ce, même quand je rencontre des personnes qui ne sont pas convaincues.

Une vie normale, est-ce vraiment possible pour les enfants d’un politicien ?

Oui. Ils sont là-dedans depuis sept ans pour Xavier, six ans pour Ella-Grace et 18 mois pour Hadrien. Je les prends à leur niveau pour leur expliquer ce qu’il en est et je ne suis pas là pour leur cacher des choses. Il y a plein de leçons de vie qu’ils doivent apprendre; que ce soit un enfant qui fait un commentaire sur leur papa dans l’autobus et qui lui fait de la peine. Il faut en parler. C’est sûr qu’il y a des leçons qui viennent plus tôt que d’autres, et j’aimerais les repousser, mais on est bien entouré avec la famille et les amis.

Donnez-nous un exemple de leçon de vie...

Quand ils arrivent dans un rassemblement politique où tout le monde les applaudit et qu’ils reçoivent des ballons, je prends le temps de leur expliquer. Je leur dis: «OK, on va s’asseoir parce que ce n’est pas ça la vie». On doit en parler et les enfants posent des questions, par exemple ils m’ont demandé: «Qu’est-ce que je fais quand j’arrive devant les gens et qu’il y a beaucoup de monde?» Je leur dis alors de regarder les gens dans les yeux et de les remercier avec leurs yeux parce que ces gens-là croient en ce que leur papa veut faire pour eux.

Est-ce qu’ils ont déjà été victimes d’intimidation ?

Je te dirais que c’est arrivé quelques fois, rien de grave pour l’instant. Ils sont encore jeunes et parfois, j’aimerais qu’ils restent encore naïfs comme peuvent l’être les enfants.

Vous avez eu des passes difficiles dans votre couple ?

Oui, comme dans tous les mariages, mais ça va bien maintenant. Justin a une journée de congé par sept jours et je fais tout pour préserver cette journée-là. Je m’assure qu’il n’a pas son cellulaire sur lui et qu’il n’a pas de veston à mettre. On prend le temps d’être ensemble, de jouer avec les enfants et on va s’amuser dehors. Pour moi, les journées en famille, c’est sacré, parce que c’est aussi une autre façon de rester bien ancré.

Quelles sont les causes qui vous tiennent à cœur ?

Tout est lié à la cause des femmes et des enfants. En plus de la culture, parce que c’est la carrière que j’ai menée pendant quelques années ici, au Québec, et en anglais. Ce sont vraiment mes passions, donc si on est élu, c’est ce que j’aimerais­­ porter encore plus loin (...). Ensuite, sur la question du désordre alimentaire il y a un gros manque. Ce que je voudrais changer aussi, c’est tout ce qui touche aux centres d’hébergement pour femmes abusées, les victimes d’agression (...). Mais ce n’est pas moi qui vais dire à Justin quoi faire, il partage déjà ces opinions-là. Et je ne serais pas avec un homme qui n’est pas dévoué à la cause de la femme.

Est-ce que vous avez déjà imaginé devenir première dame ?

C’est drôle, parce que ce sont les gens qui m’en parlent (...). Je pense à des personnalités qui m’ont inspirée, que se soit Audrey Hepburn­­, la reine de Jordanie ou la princesse Diana dans sa manière de connecter avec les gens et ne pas avoir de prétention. Et si on me mène là, je suis plus que prête.

► Le Journal s’est entretenu avec trois des quatre femmes des chefs qui briguent les suffrages aux élections fédérales. Laureen Harper est la seule qui a refusé l’invitation.

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