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Rosalie Taillefer-Simard fait comme elle l’entend

Rosalie Taillefer-Dion
Photo Journal de Montréal, Ben Pelosse La fille de Marie-Josée Taillefer et René Simard présente une première exposition intitulée Mon langage, en clin d’œil à son problème de surdité.

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On dit souvent qu’une personne « souffre » de surdité. Pas Rosalie Taillefer-Simard. Fille de Marie-Josée Taillefer et René Simard, la jeune femme de 24 ans ne changerait les choses pour rien au monde. Ses célèbres parents lui ont toujours dit qu’elle pouvait tout faire. Et c’est exactement ce qu’elle fait aujourd’hui, en exposant ses toiles pour la toute première fois.

«La chose la plus importante que mes parents m’ont inculquée? La confiance en soi, répond-elle en entrevue. Toute petite, ils m’encourageaient tous les jours. Quand je partais en taxi au primaire, ils couraient après la voiture en m’envoyant la main. Ils ont toujours été là pour moi. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, j’accepte ma condition. Je ne fais pas pitié. Je suis vraiment heureuse d’être sourde.»

Rosalie Taillefer-Simard ne s’est effectivement jamais imposé de limites. Un seul coup d’œil à son parcours suffit pour s’en rendre compte. De caissière au McDonald à chroniqueuse à Cap sur l’été, en passant par hôtesse chez Mikes et danseuse à Star Académie, elle roule sa bosse depuis bientôt 10 ans, faisant fi des obstacles qui pourraient en effrayer plusieurs. «Ma surdité, c’est une difficulté supplémentaire, mais ça ne m’a jamais freinée», déclare celle qui porte un appareil auditif depuis l’âge de 3 mois.

Son langage

Rencontrée au Parloir, un joli salon de thé du Plateau Mont-Royal, Rosalie Taillefer-Simard répond aux questions avec candeur et générosité. Détentrice d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal, elle raconte avoir découvert la peinture au secondaire. Les cours d’arts plastiques ont été pour elle une véritable révélation.

«Je suis très expressive et très intense, indique-t-elle en souriant. Mes toiles sont très colorées. J’ai toujours aimé les couleurs saturées: le rouge, le vert... Ça me parle beaucoup. Ma surdité a peut-être quelque chose à avoir là-dedans. Mes yeux ont besoin de voir des couleurs vives, comme s’ils voulaient compenser mon ouïe moins développée.»

Judicieusement intitulée Mon langage, sa première exposition présentera des œuvres qu’elle a créées durant la dernière année.

Une des toiles qu’exposera Rosalie Taillefer-Simard, intitulée Camouflage.
Photo courtoisie
Une des toiles qu’exposera Rosalie Taillefer-Simard, intitulée Camouflage.

Rosalie peint dans la maison familiale à Rosemère. Elle s’est aménagé un atelier dans l’ancienne chambre de son frère, Olivier. «Je peins dans le silence complet. De toute façon, une radio, je ne sais même pas comment ça fonctionne!» lance-t-elle en riant.

Quand elle doute durant la création d’une toile, Rosalie se tourne toujours vers ses parents pour avoir l’heure juste. «Ils me donnent leur avis. Ils sont honnêtes. C’est important pour moi. J’aime savoir ce qui marche et ce qui marche moins bien.»

Rosalie semble entretenir une belle relation avec ses parents. Elle décrit sa mère comme sa meilleure amie et son père comme un modèle. «J’aime beaucoup parler avec lui. Il explique bien les choses. Il a beaucoup d’amour en lui.»

La danse, un exutoire

Artiste-peintre, Rosalie Taillefer-Simard est aussi boursière en danse depuis 15 ans. Elle fait partie d’une troupe qui participe à plusieurs compétitions au Québec.

«La danse m’apporte du bonheur, dit-elle. Quand je suis stressée, c’est un exutoire. Mais ça reste tout un défi, parce que la musique, je n’ai jamais compris ça. La basse m’aide beaucoup. Et plus on pratique en groupe, mieux c’est. Mais n’empêche. Je suis incapable de reconnaître une chanson de Céline Dion... Mais je suis capable de reconnaître celles de mon père, surtout quand il monte très haut!»

Rosalie Taillefer-Simard dit être une fille pleine de projets. Ça paraît. Sa première exposition n’est pas encore commencée et déjà, elle espère en faire une deuxième.

«Je n’ai pas de stress envers l’avenir. Je dis toujours: «Au jour, le jour.» Mais c’est certain que j’aimerais faire beaucoup de choses. J’aimerais donner des cours d’art, par exemple. C’est à suivre...»

♦ Rosalie Taillefer-Simard présente l’exposition Mon langage. Galerie le 1040 (1040, rue Marie-Anne Est à Montréal) du 20 au 26 octobre. Vernissage le mercredi 21 octobre à 17 h.