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Trop élastique ?

Trop élastique ?

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Lorsque j’évalue un patient qui vient me consulter pour un problème articulaire, je prends toujours le temps de vérifier son degré de laxité ligamentaire. Mon approche thérapeutique dépendra ensuite grandement du résultat.

En effet, en clinique, nous observons des patients qui sont très, très souples ou hyperlaxes et d’autres qui sont super raides. Entre les deux, il y a toute une gamme qui regroupe la majorité d’entre nous. Les extrêmes sont problématiques. Par exemple, les contorsionnistes de cirque, qui sont capables de se mettre un pied dans la bouche, sont souvent aux prises avec une hyperlaxité congénitale incommodante.

Chez les enfants, on observe souvent cette grande laxité articulaire physiologique. L’hyperlaxité se manifeste par une capacité de flexion et d’extension des articulations au-delà des limites de la normale. Elle est rendue possible par une élasticité excessive des tissus comme les muscles, les ligaments, les tendons et même la peau.

Sur le terrain, on observe souvent des structures ligamentaires des chevilles, des genoux et des épaules qui sont problématiques.

Souple ou raide

Pour danser dans les Grands Ballets canadiens, il vaut mieux être né avec une hyperlaxie naturelle. Vous aurez alors plus de chance d’être choisi.

À l’inverse, si vous faites du judo de haut niveau, vous avez intérêt à avoir une structure ligamentaire plutôt raide. Certaines prises ou clés portées chez une personne trop souple pourraient causer des luxations articulaires et des entorses majeures. Des épaules et des coudes luxés ou sortis de leur socle articulaire sont observables en entraînement et en compétition.

En physiothérapie, quand nous avons à travailler avec une personne raide, habituellement nous réussissons à l’assouplir et à l’étirer à l’aide de la thérapie manuelle et d’exercices bien ciblés. Règle générale, nous avons de bons résultats.

Par contre, avec les hyperlaxes, nous avons beaucoup de difficulté à les renforcer. À l’aide d’exercices avec poids et haltères, nous sommes capables d’améliorer la force d’un muscle. Cependant, la force et la stabilité d’un ligament ne sont pas augmentées par ce même genre d’exercices. Certains exercices de proprioception et d’équilibre peuvent aider, mais le ligament trop élastique restera laxe. Il faut donc composer avec cette condition en thérapie.

Choisir son sport

Il est important aussi de bien choisir son sport. Vous voulez faire de la natation, de la danse ou de la gymnastique, il vaudra mieux que vous ayez une bonne souplesse naturelle de base. Cela vous aidera grandement à aller chercher une grande amplitude de mouvement nécessaire à ces sports.

À l’opposé, vous désirez pratiquer le hockey, le judo ou l’haltérophilie, une bonne stabilité articulaire innée sera nécessaire. Trop de souplesse pourrait même être nuisible dans certaines situations corsées. Une fois vos muscles fatigués, votre système ligamentaire ne suffit plus à garder la rigidité nécessaire à ces activités, d’où le risque de lésions.

Si vous pratiquez un sport et que vous êtes continuellement blessé, posez-vous la question: «Suis-je trop souple ou trop raide pour pratiquer mon activité préférée?»

Initialement, le choix du bon sport évite beaucoup de pertes de temps et de blessures. Le cheval de trait est mieux de travailler en force, tandis que le cheval de course excelle en vitesse et en endurance. Certains physiothérapeutes seront en mesure de vous guider professionnellement dans ce domaine. Par une bonne évaluation initiale, ils pourront ensuite vous conseiller judicieusement.

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