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Un couple se fait saisir 61 chiens sous-alimentés

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Des inspecteurs ont saisi une soixantaine de chiens sous-alimentés dans une résidence de Rouyn-Noranda en plus d’imposer 1800 $ d’amendes à la citoyenne.

«On voulait bien faire. On n’est pas des monstres. Je les aimais moi ces chiens», a lancé en pleurs Christiane Sauvé quand Le Journal l’a appelée hier.

Elle et son conjoint, Michel Deschamps, rescapaient les chiens errants par dizaines, qu’ils gardaient dans leur maison, au sous-sol, attachés en avant, dans un enclos, tout ça dans un quartier résidentiel paisible de banlieue.

Ce n’était vraiment pas un poisson d’avril, le 1er avril 2014, quand les autorités ont confisqué la soixantaine de chiens lors d’une perquisition. On a constaté qu’ils étaient gardés dans des conditions insalubres et que la majorité d’entre eux souffraient de malnutrition, comme en témoignent les photos prises par Amélie Choquette, vétérinaire du ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation (MAPAQ), lors de la visite.

Il a ensuite fallu attendre plus d’un an avant qu’un juge condamne le couple à verser trois amendes de 600 $ pour les mauvais traitements infligés aux bêtes.

Le Journal vient d’obtenir les détails de cette perquisition après avoir fait une demande d’accès à l’information.

36 chiens dans la maison

Quand la vétérinaire est passée, pas moins de 30 chiens se promenaient librement au rez-de-chaussée du bungalow de l’avenue Lafontaine, en plus des six au sous-sol, quatre attachés devant la maison, deux dans un enclos délabré sur le côté de la résidence et 19 dans un autre enclos derrière.

«Il n’y en avait que trois qui avaient un problème d’alimentation», a d’abord assuré Mme Sauvé au Journal.

Puis, quand nous lui avons lu des extraits du rapport, qui mentionnait que, «à quelques exceptions près, tous les chiens trouvés étaient maigres» et qu’«aucune nourriture ni eau n’était disposée de façon à être accessible aux animaux», Madame Sauvé a éclaté en sanglots.

«Je ne peux pas croire qu’Amélie a écrit ça», a-t-elle dit.

Deux vétérinaires ont confirmé la sous-alimentation des bêtes, qui avaient en moyenne gagné plus de 30 % de leur poids après deux mois.

Pas nouveau

La vétérinaire du MAPAQ était passée régulièrement chez Christiane Sauvé ces dernières années pour s’enquérir de l’état des chiens.

«J’ai dû conclure à une dégradation de l’état général des animaux et des lieux lors de ma dernière visite», écrit la vétérinaire. En fait, elle était passée à cinq reprises dans les sept derniers mois. Mais rien ne lui avait valu une intervention aussi musclée.

«Je voulais m’en séparer, comme me le suggérait Amélie, mais j’ai été trop sélective. J’aurais dû les donner plus vite», explique Christiane Sauvé au Journal.

Le couple était suivi par les autorités depuis le mois de mai 2013, quand une plainte pour mauvais traitement a été jugée fondée. Après avoir saisi les 61 chiens, le MAPAQ a accepté d’en redonner quatre au couple. Un jugement de la Cour du Québec les oblige toutefois à ne pas en garder davantage.

Extraits du rapport d’inspection

«À quelques exceptions près, tous les chiens ont été trouvés maigres.»
 
«Malgré une fourrure plus dense, il était possible chez plusieurs de distinguer facilement les côtes et les os du bassin.»
 
«À compter de 11 h, une équipe dirigée par Dre Julie Nolin [MAPAQ] et formée par Dre Sandrine Pelletier [vétérinaire], 2 employés de la SPCA de Val-d’Or et 8 employés de l’organisme Humane Society International ont procédé à la capture, l’identification et l’évaluation des chiens.»
 
«Une fois les animaux soumis à un programme de réalimentation pendant environ deux mois, un gain de poids moyen de 30,61 % [a été constaté].»

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