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Plusieurs candidats dans l’embarras

La longue campagne électorale a été parsemée de faux pas pour tous les partis politiques

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Avec 11 semaines de campagne électorale, les risques de se mettre les pieds dans les plats sont élevés et plusieurs candidats se sont mis dans l’embarras, notamment chez les conserva­teurs. Voici quelques-unes des gaffes qui ont marqué la vie politique des derniers mois.

Août

Cellulaire et pénis

Photo courtoisie

«Mon cell, un pénis, ben des chips.» Voilà ce que la candidate du Bloc québécois dans Mégantic-L’Érable, VirJiny Provost, aurait avec elle en cas d’attaque nucléaire. Les propos de Mme Provost, publiés sur le site ask.fm, ont fait beaucoup jaser et la candidate a ensuite quitté les réseaux sociaux.

L’autorité de l’homme sur la femme

Le candidat conservateur dans Rosemont-La Petite-Patrie, Gilles Guibord, s’est fait montrer la porte pour avoir tenu des propos sexistes. Il aurait notamment écrit en guise de commentaire sur le site du Journal de Montréal que «pour être juste, il serait mieux de parler d’autorité de l’homme sur la femme que de supériorité».

Fan de Margaret Thatcher

Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Le chef du NPD Thomas Mulcair s’est retrouvé dans l’embarras lorsque sont ressortis des propos qu’il a tenus à l’As­sem­blée nationale en 2001. Il avait alors vanté les avantages des mesures d’austérité du gouvernement con­­­servateur de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, dans les années 1980.

Famille mécontente

Photo courtoisie

La famille de Jonathan Genest-Jourdain a dénoncé le député sortant néo-démocrate de Manicouagan sur les réseaux sociaux, l’accusant de vouloir se faire du «capital politique», après qu’il eut raconté en entrevue son enfance dans la «pauvreté noire d’une réserve indienne».

Un conservateur qui aime Mulcair

Photo Facebook

Le candidat dans Hochelaga, Augustin Ali Kitoko, a dû se retirer peu après le déclenchement de la campagne électorale. Sa page Facebook affichait un album photo de Thomas Mulcair ainsi qu’une vidéo du chef du NPD.

Septembre

L’avortement comparable à l’Holocauste

Photo courtoisie

Dans une vidéo datant de 2009, le candidat conservateur dans Winnipeg-Sud, Gordon Giesbrecht, a comparé l’avortement à l’Holocauste et aux attaques terroristes du 11 septembre 2001, ce qui lui a valu de sévères critiques.

Des compliments pour le Front national

Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a annoncé en septembre que son candidat dans Montcalm, Jacques Tremblay, se retirait de la course. Au lendemain des attentats menés contre Charlie Hebdo, M. Tremblay avait partagé sur sa page Facebook une vidéo de Marine Le Pen, la dirigeante du parti d’extrême droite français Front national, écrivant que celle-ci était «digne d’un chef d’État».

Des propos racistes

Blair Dale, qui devait représenter le Parti conservateur dans Bonavista–Burin–Trinity, à Terre-Neuve, a dû mettre un terme à sa carrière politique en raison de commentaires désobligeants tenus sur Facebook et Google Plus, notamment sur la présence des minorités au cinéma, l’avortement qui ne devrait pas être accordé lorsqu’on a été «irresponsable» et le créationnisme qui devrait être enseigné à l’école, selon lui.

Deux dossiers embarrassants

Photo courtoisie

En l’espace d’une semaine, début septembre, le Parti conservateur a dû mettre une croix sur deux de ses candidats. Jerry Bance (Scarborough-Rouge Park), surpris par l’émission Marketplace en train d’uriner dans une tasse chez un client où il était venu réparer des électroménagers en 2012, et Tim Dutaud (Toronto-Danforth), qui apparaît sur une vidéo YouTube de 2009 dans laquelle on le voit simuler un orgasme pendant un coup de téléphone.

Du pot pour les femmes enceintes

La candidate libérale de South Surrey-White Rock, Joy Davies, a dû remettre sa démission à la suite de plusieurs déclarations sur les réseaux sociaux dans lesquelles elle vantait les vertus de la marijuana, en suggérant notamment aux femmes enceintes d’en fumer pour rendre leur enfant plus intelligent.

Sites douteux

Le candidat conservateur Konstantin Toubis (King-Vaughan) a été fortement critiqué à la suite de plusieurs partages de sites russes douteux sur Facebook, où il était question des femmes et de l’homosexualité. Les listes de ces sites ont été retirées de sa page par la suite.

Ne touche pas à mes pancartes

Au début du mois de septembre, une résidente de Whitehorse, Carrie Boles, a raconté dans le Yukon News avoir été mise en «état d’arrestation» par le candidat conservateur Ryan Leef. Excédé que Mme Boles vandalise ses pancartes, M. Leef, en tenue de camouflage, l’aurait arrêtée et menottée. Il a d’ailleurs reconnu les faits par la suite.

Octobre

Un sol qui absorbe tout

En entrevue avec CPAC, la candidate conservatrice Sabrina Zuniga (Spadina-Fort York) a affirmé que le pétrole émanant des pipelines pouvait être absorbé par le sol en cas de déversement. Mme Zuniga est professeure de sciences.

Le Nunavut violent comme l’Afrique du Sud

Le candidat conservateur de Notre-Dame-de-Grâce-Westmount Richard Sagala s’est attiré les foudres des Autochtones lorsqu’il a déclaré que tous les gouvernements avaient de la difficulté à traiter avec eux. Lors d’un débat le 1er octobre, il a indiqué que la création du territoire du Nunavut n’était pas une «expérience réussie» et que la violence y était «comparable à celle de l’Afrique du Sud».

Une thérapie pour guérir les homosexuels

Photo Twitter

Jagdish Grewal, candidat conservateur dans Mississauga, a été exclu du caucus conservateur le 6 octobre dernier lorsqu’est réapparu un éditorial qu’il avait publié plus tôt cette année dans le Punjabi Post, intitulé «Est-il mal pour un homosexuel de devenir une personne normale?». M. Grewal y écrivait notamment que l’homosexualité pouvait être «guérie» à l’aide d’une thérapie.

Des gaffes surprenantes en 2015

Il est pour le moins surprenant qu’autant de candidats se retrouvent dans des situations embarrassantes en 2015, alors que la puissance des médiaux sociaux n’est plus à démontrer, affirment des politicologues.

«On fait probablement plus attention que jamais aux médias sociaux. Les chances que le passé des candidats soit fouillé sont très élevées. Tout le monde le sait maintenant», lance Emmanuel Choquette, chargé de cours en politique à l’Université de Sherbrooke.

«Normalement, les partis demandent à leurs candidats de faire le ménage avant le début de la campagne et scrutent leur passé. Peut-être que certains ont été pris au dépourvu par le déclenchement des élections et qu’on a dû accélérer le processus de recrutement», ajoute le professeur de sciences politiques à l’Université Laval, Thierry Giasson.

Les «vrais» candidats

Les gaffes commises par les candidats offrent toutefois un sérieux avantage aux électeurs: avoir un aperçu des «convictions réelles» de ceux qui veulent obtenir leur vote.

«Même si la personne s’excuse, il est loin d’être certain qu’elle est vraiment repentante. Ça trahit certainement son comportement, ses croyances», souligne Claude Fortin, chargé de cours à l’Université de Sherbrooke.

En fin de compte, toutefois, les faux pas ont relativement peu d’incidence sur le vote, souligne ce dernier.

«Je ne crois pas que cela ait un impact majeur sur l’orientation des votes. De nos jours, les campagnes sont ciblées sur le chef. Mais il est clair que les valeurs de certains électeurs peuvent être froissées. Il en va de la crédibilité des candidats.»

 

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