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La chute

Publicité du Parti conservateur dans un journal chinois de Vancouver
Publicité du Parti conservateur dans un journal chinois de Vancouver

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La campagne conservatrice qui a commencé avec des publicités négatives, qui a démontré son inélégance en désignant les adversaires par « Justin » et « Mulcair », qui s’est poursuivie dans la division et l’appel à la dénonciation de « pratiques barbares », s’achève dans le déshonneur.
 
Il y a deux jours, à Waterloo en Ontario, le chef conservateur avait convié les journalistes à une mise en scène grotesque pour dénoncer le coût des promesses libérales. À grands coups de ka-tching! de caisse enregistreuse, une citoyenne abattait les billets pendant que Stephen Harper énumérait les mesures qui seraient abolies par les libéraux, comme si elles n’allaient pas être remplacées par d’autres.
 
Et aujourd’hui, dans des journaux asiatiques de Vancouver, les conservateurs préviennent les citoyens que voter libéral conduirait à l’ouverture de bordels, de piqueries et rendrait la drogue accessible aux enfants. Rien que ça.
 
C’est une telle déformation de la réalité que c’en est gênant. 
 
Si ce sont là des stratégies pondues par le grand vizir australien que les conservateurs ont recruté, M. Lynton Crosby, souhaitons-lui tout de suite un bon retour au pays des koalas. La politique canadienne ne le regrettera pas.
 
Robert Bourassa disait que « la politique est parfois un sport violent », mais même dans l’intensité de la joute électorale et malgré les raccourcis et les slogans que l’exercice impose, elle devrait faire appel à l’intelligence des citoyens et refléter une noblesse élémentaire.
 
Dans cette campagne, Gilles Duceppe, Thomas Mulcair, Justin Trudeau et Elizabeth May auront su se présenter devant les citoyens et leurs supporters respectifs sur un ton combatif, mais respectueux qui faisait honneur à notre société démocratique. Tous ces chefs ont eu pour volonté de rassembler les Canadiens ou les Québécois pour les mobiliser et viser un meilleur avenir. Ils ont démontré du respect pour les citoyens et pour les fonctions qu’ils sollicitent.
 
La campagne conservatrice a été d’une toute autre mouture. Bien sûr, c’est le gouvernement sortant, celui qui est par la force des choses, la cible générale. Mais en dépit de ce fait, tout en étant cette cible, les conservateurs auraient pu trouver matière à semer l’espoir, à illustrer le progrès, à vanter leur expérience, à imaginer des propositions tournées vers l’avenir. Ils l’ont fait, mais trop peu. Tout ce qui pouvait avoir saveur d’avenir était joué en mineur, éclipsé par les publicités négatives, enterré par les gestes de division.
 
La campagne conservatrice s’abîme comme un navire qui fait naufrage. Les conservateurs seront emportés par le tourbillon de l’histoire et ils n’auront qu’eux-mêmes à blâmer. À tant vouloir discréditer les autres, ils n’auront réussi qu’à se disqualifier.