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Les producteurs laitiers freinent les douanes

Ils dénoncent le Partenariat transpacifique et demandent un meilleur contrôle sur l’importation

manifestation autochtone
Photo Benoit Chevalier Plusieurs dizaines de tracteurs ont ralenti la circulation sur la route 133, mercredi, à Saint-Armand. Les producteurs laitiers québécois sont en colère parce que les concentrés de protéines laitières entrent au Québec librement, exempts de normes tarifaires et de contrôle

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SAINT-ARMAND | Les producteurs laitiers ont transporté leur grogne à coups de klaxon à la frontière des États-Unis mercredi midi. Quelques centaines d’entre eux ont causé un important bouchon de circulation sur la route 133 à Saint-Armand, en Montérégie.

L’imposant cortège principalement composé de tracteurs et de camionnettes a imposé un ralentissement d’environ une heure aux automobilistes qui souhaitaient traverser la frontière entre le Québec et l’État du Vermont.

manifestation autochtone
Photo courtoisie

Ils ont dénoncé l’entente de Partenariat transpacifique, qui prévoit que les pays étrangers auront un accès additionnel équivalent à 3,25 % de la production laitière canadienne. Mais ce qu’ils déplorent surtout, ce sont les concentrés de protéines laitières qui continuent d’entrer en quantité industrielle en provenance des États-Unis.

Plusieurs agriculteurs se sont joints spontanément au mouvement qui a débuté vers 10 h 30 à Pike River. Les manifestants ont utilisé le dernier rond-point avant la douane pour faire demi-tour et stationner leurs véhicules le long de la route 133.

Plusieurs dizaines d’entre eux ont ensuite marché, pancartes à la main, pour défendre le modèle de gestion de l’offre.

«Les agriculteurs ne sortent pas facilement de leur ferme. S’ils sont sortis aujourd’hui, c’est que le verre de lait a débordé», a mentionné sur place le ministre de l’Agriculture du Québec, Pierre Paradis.

Pierre Paradis
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Pierre Paradis

Concurrence déloyale

Les producteurs laitiers ont profité de la fin de la campagne fédérale pour demander un meilleur contrôle des douanes entre le Canada et les États-Unis qu’ils qualifient de véritables passoires.

manifestation autochtone
Photo courtoisie

Ils demandent à Ottawa de légiférer pour interdire l’importation de protéines laitières, qui remplacent le lait à un coût moindre dans certains produits de transformation.

En 2014, 14 000 tonnes de ces sous-produits ont traversé nos frontières.

Pour les deux premiers trimestres de 2015, le volume importé aurait augmenté d’au moins 50 %.

Ce que les agriculteurs demandent

« La gestion de l’offre nous permet d’investir et de maintenir notre qualité de vie. On a déjà un marché saturé au Canada et ils veulent rentrer du lait des États-Unis. On n’a pas besoin de ça. » -Antony Kessler, producteur de lait

« Le consommateur ne sait pas qu’il y a des produits de moindre qualité mélangés avec des hormones. Si c’est écrit sur le produit: substance laitière modifiée ou protéine laitière, ça vient des États-Unis. » - Chantale Clément, productrice de lait

« Ce qui fait le plus mal aux producteurs depuis des mois c’est la baisse des prix que ces produits d’importation ont créée. Ça a créé une pression sur les producteurs laitiers. Si on pouvait régler ça, ça donnerait un deuxième souffle aux producteurs. » - Le président de l’UPA Montérégie, Christian St-Jacques.

— Avec l’Agence QMI

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