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Bagne fait peau neuve après 22 ans

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Sur scène, ils sont deux. Deux hommes. Durant une heure, les danseurs Lael Stellick et Milan Panet-Gigon­­ s’attirent et se repoussent, se désirent et se rejettent­­. Le chorégraphe Pierre-Paul Savoie est conscient qu’il est audacieux de monter, avec Bagne, un spectacle où deux hommes s’enlacent, même­­ en 2015. «Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à ça. Mais on a fait beaucoup de chemin, et c’est tant mieux», concède-t-il.

Le caractère homo-érotique de l’œuvre Bagne a été souligné à maintes reprises depuis sa création originale, en 1993. Pierre-Paul Savoie, qui a créé et participé au spectacle avec son complice Jeff Hall, tient tout de même à souligner qu’il s’agit bien plus d’une histoire de tendresse entre deux hommes. Les deux danseurs, Lael Stellick et Milan Panet-Gigon, servent de véhicule pour ce qui est d’abord et avant tout une «histoire humaine qui transcende les genres».

«Ce n’est pas une histoire gaie. Tout le monde peut s’y identifier. En fait, Bagne est une œuvre ouverte, que chaque spectateur peut interpréter à sa manière», assure­­ le chorégraphe.

Encore une fois, il s’est allié au chorégraphe Jeff Hall pour revisiter leur œuvre initiale.

Prisonniers d’une cage d’acier

Ils n’ont beau n’être que deux danseurs à évoluer sur la scène de la Cinquième Salle de la Place des Arts, en réalité, Bagne comporte un troisième personnage très déterminant: une cage d’acier pesant une tonne, ou 2200 livres.

Cette imposante structure, entreposée depuis la dernière représentation du spectacle en 2000, a subi quelques modifications, dont l’ajout de micros à plusieurs endroits, afin de redonner à Bagne une nouvelle vie.

Plusieurs segments du spectacle ont d’ailleurs été tronqués, repensés et, surtout, actualisés pour permettre à Bagne de bien rejoindre de nouveaux publics­­, tout en gardant «l’essence et l’esprit­­ de l’œuvre».

«On a gardé la matière première, mais on a tout revu pour garder les aspects qui demeurent pertinents, même après toutes ces années», explique Pierre-Paul Savoie.

La « première oeuvre d’envergure »

C’est le 25e anniversaire de sa compagnie PPS Danse qui a inspiré à Pierre-Paul Savoie l’idée de s’offrir aujourd’hui une «re-création», une deuxième occasion de présenter au public québécois cette «première œuvre d’envergure» de la compagnie­­.

«Jeff Hall et moi avons acquis beaucoup d’expérience au fil de toutes ces années, alors on a voulu pousser Bagne encore plus loin, créer un spectacle encore plus risqué, plus impressionnant», explique le chorégraphe.


Bagne sera présenté du 21 au 31 octobre à la Place des Arts.