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Visite d’un village flottant au Cambodge

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SIEM REAP, Cambodge | Le Lac Tonle Sap est le plus grand lac de l’Asie du Sud-Est. Allez voir sur la carte du Cambodge, il est facile à repérer.

Le lac a un régime hydrographique unique au monde. Les variations du niveau d’eau sont d’une dizaine de mètres de hauteur. Imaginez la quantité d’eau que ça représente sur un si grand lac. L’eau qui remplit le lac provient de la crue du Mékong voisin qui déborde pendant la saison des pluies. Le trop-plein se déverse dans le Tonle Sap. Le lac stocke de l’eau pendant plusieurs mois et redonne au Mékong en période de basses eaux. Un écosystème très particulier.

Les riverains du lac sont surtout des pêcheurs. Le Mékong en crue déverse chaque année de l’eau fraîche, mais il renouvelle aussi le stock de poissons du lac. Vu les variations importantes du niveau d’eau et vu que les pêcheurs veulent avoir accès au lac toute l’année pour pêcher toute l’année, ils ont construit des villages flottants.

Ainsi, les maisons montent et descendent au fil des mois. Nous avons visité l’un de ces villages, Prek Toal, avec l’ONG Osmose. Cet organisme, fondé par deux Français, vise à sensibiliser les habitants de Prek Toal à l’importance de la protection de leur environnement pour la pérennité de leurs activités de pêche. Nous avons prévu une journée de visite guidée dans le village flottant.

Grouillant d’activité

Nous partons très tôt de la ville voisine de Siem Reap – à 5 h 45 - et nous dirigeons en véhicule sur le bord d’un bras du lac. En fait, c’est un canal qui a été creusé pour que les pêcheurs emportent leur poisson pas trop loin de la ville.

À notre arrivée, c’est grouillant d’activité. Les prises de la nuit vont au marché de Siem Reap. Un bateau nous attend et nous partons vers le village que nous atteignons­­ en 1 h 30.

Arrivés au village flottant, nous changeons de bateau pour embarquer dans un petit modèle plus facile à manœuvrer dans les méandres, et nous nous dirigeons vers l’aire de nidification. Une heure de bateau supplémentaire. Ce que nous avons vu était franchement exceptionnel. Des dizaines de grands échassiers, toutes espèces confondues, qui décollent devant nous et vont se poser plus loin, à mesure que l’on avance. Beaucoup beaucoup d’oiseaux, et des gros, qui se trouvent assez près de nous.

À un moment donné, nous passons devant un gros pélican qui ne décolle pas comme les autres quand nous approchons. Il s’est pris dans un hameçon et du fil de pêcheur. Il ne peut pas se décrocher seul pour s’envoler. Le guide demande au conducteur du bateau de s’approcher. Ils l’attrapent, lui enlèvent l’hameçon et relâchent l’oiseau qui recouvre sa liberté. Une mort certaine l’attendait : plus capable de s’alimenter, il se serait épuisé à essayer de s’envoler et se serait vraisemblablement noyé.

Repas

De retour au village, le lunch est servi sur un resto flottant. Au menu : du poisson, comme de raison. Et c’était très bon.

Le village fait aussi de l’élevage de crocodiles pour la viande et la peau. C’est une source de revenus supplémentaires pour la communauté.

On y trouve aussi des jardins flottants pour cultiver fruits, légumes, fines herbes. Les enfants doivent apprendre à nager en même temps qu’ils apprennent à marcher. Les risques de chute à l’eau sont élevés depuis le perron de la maison. Les propriétaires changent les bambous de deux pieds d’épaisseur qui servent de flotteurs aux maisons tous les quatre ou cinq ans.

Presque tout le monde a l’électricité et une antenne de télévision. Quand quelqu’un écoute de la musique dans sa maison, une partie du village l’écoute aussi. Et tout le monde est de bonne humeur, malgré les conditions de vie très modestes.


♦ Trifluviens d’origine, Renée Beaudoin et Jean-Pierre Tardif ont toujours aimé l’aventure. Ensemble depuis 27 ans, ils ont visité tous les continents et rêvent encore de mettre les pieds en Australie. En 2014, ils se sont rendus en Indonésie dans le cadre d’un voyage autour du monde de cinq mois.