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Le Montreal Hunt Club à Pointe-aux-Trembles

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photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, A.-Léo Leymarie, The Montreal Hunt Club - [entre 1880 et 1900] - BM5-3_12P004_C35-330_op.pdf
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

 

Le Montreal Hunt Club

photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, A.-Léo Leymarie, The Montreal Hunt Club - [entre 1880 et 1900] - BM5-3_12P004_C35-330_op.pdf

On pourrait se croire à Downton Abbey, mais nous sommes bien à Montréal, plus précisément à Pointe-aux-Trembles, où le Montreal Hunt Club a inauguré son terrain de chasse vers 1900. Popularisée par les monarques européens, la chasse à courre est importée à Montréal par des militaires britanniques qui fondent l’association en 1826. À la fin du 19e siècle, le Montreal Hunt Club est devenu la chasse gardée des aristocrates, politiciens et hommes d’affaires du Mille carré doré. Les parties de chasse, mais aussi les expositions de chevaux, les courses équestres et les matchs de polo organisés par le club étaient alors les mondanités les plus courues à Montréal. On ajourna même une séance de la Bourse le 13 octobre 1882 pour passer l’après-midi à la chasse! Fait intéressant, ce sont les francophones qui donnèrent un deuxième souffle à l’association au 20e siècle, les deux guerres mondiales ayant ralenti ses activités et réduit le nombre de ses membres. Toujours active de nos jours, cette association de chasse à courre est le plus ancien club social d’Amérique du Nord.

 

Les femmes et l’équitation

photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, A.-Léo Leymarie, The Montreal Hunt Club - [entre 1880 et 1900] - BM5-3_12P004_C35-330_op.pdf

Comme Lady Mary Cawley dans la série Downton Abbey, deux cavalières montent en amazone, les jambes reposant du même côté. Elles utilisent une selle spéciale dotée de deux excroissances à gauche du pommeau, l’une dite «supérieure», sur laquelle on plie la jambe droite, et l’autre, l’«inférieure», qui sert à caler la cuisse gauche. Bien que popularisée par Catherine de Médicis (1519-1589), la selle amazone n’est devenue sécuritaire qu’au 19e siècle grâce aux améliorations apportées par Pellier et Baucher. Les cavalières pouvaient alors s’élancer au galop aux côtés de leur fiancé, père ou frère à la chasse, voire participer à des compétitions de saut comme l’étonnante Esther Stace. Ces écuyères des temps modernes faisaient sensation! Comme cette jeune femme, fille d’un des membres du Montreal Hunt Club, qui, au retour de la chasse, en 1914, a galopé en amazone sur la rue Sherbrooke. Sur le moment, la vue de la cavalière avait créé un plus grand émoi à Montréal que la nouvelle de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche!

 

L’Hôtel Bureau sur la pointe de l’île

 

photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, A.-Léo Leymarie, The Montreal Hunt Club - [entre 1880 et 1900] - BM5-3_12P004_C35-330_op.pdf

Depuis toujours fréquentés par les voyageurs de la traverse maritime de Repentigny, les hôtels de Pointe-aux-Trembles reçoivent une toute nouvelle clientèle à partir de 1896: des touristes! Les tramways, alors appelés trolleys, emmenaient les familles visiter les grands parcs de Montréal: celui du mont Royal, de l’île Sainte-Hélène, de Cartierville et du Bout-de-l’Île. Deux ans après l’arrivée du tramway, un hôtel de luxe fut construit près du parc du Bout-de-l’Île. Il faisait aussi offi­ce de terminus. Portant le patronyme de ses propriétaires, l’Hôtel Bureau offrait à ses clients une salle de banquet, 47 chambres spacieuses et des cabines de plage à proximité du riva­ge. Les occasions ne manquaient pas pour se réunir à l’Hôtel Bureau, comme le montre la présence du Montreal Hunt Club dans la cour de l’établissement. Acquis par Henri Vannini en 1927, ­l’hôtel devint très populaire auprès des adolescents pour ses soirées dansantes endiablées dans les années 1950. De quoi faire frémir les mères de famille d’antan! Malheureusement, le splendide bâtiment Second Empire a été la proie des flammes en 1978.

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