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La femme au niqab

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Tout le long de la campagne, on a parlé de la femme au niqab.

Tout le long de la campagne, on a parlé de la femme au niqab.

La femme au niqab par-ci, la femme au niqab par-là.

Des centaines de personnes sont allées voter masquées à cause de la femme au niqab.

La campagne de Tom Mulcair a dérapé à cause de la femme au niqab.

L’histoire de la femme au niqab a fait le tour du monde et, dans les débats, les moments les plus enflammés et les plus passionnés concernaient la femme au niqab.

UN SUJET RADIOACTIF

Or, maintenant que nous savons que la femme au niqab entretenait des liens avec des organisations radicales et qu’elle était probablement en mission commandée lorsqu’elle s’est rendue jusqu’en Cour suprême pour tester nos lois, que disent nos chefs?

Rien.

«Ce sont des allégations, il faut éviter les amalgames», de dire Gilles Duceppe, qui a pourtant surfé tout le long de la campagne sur la femme au niqab.

Qui fait des amalgames? Personne!

Pourquoi ce malaise soudain chez nos chefs?

On ne dit pas que toutes les musulmanes ont des liens avec des organisations radicales! On dit que la femme au niqab en avait.

C’est un fait.

Pourquoi ce malaise soudain chez nos chefs?

Pendant des semaines, ils nous ont cassé les oreilles avec la femme au niqab («la femme au niqab, la femme au niqab, la femme au niqab») et, soudainement, plus rien.

Silence radio.

Le sujet de la femme au niqab est devenu intouchable. Radioactif.

La femme au niqab? Ah, j’sais pas, bof, a-ba-da-ba-da...

Plus de femme au niqab! Partie, la femme au niqab.

Disparue.

On passe à un autre sujet.

UN TOUR DE PRESTIDIGITATION

La question de la femme au niqab était centrale, fondamentale, hyper importante.

Ça concernait la vision que nous avions de notre pays, de la citoyenneté. Du «vivre ensemble».

Puis, juste comme on apprend que derrière la femme au niqab, il y avait des hommes avec des barbes, pfft! le sujet de la femme au niqab est devenu tabou.

Avouez que c’est bizarre.

Même David Copperfield (qui a pourtant «fait disparaître» la statue de la Liberté) ne pourrait réussir un tel tour de prestidigitation.

Ça défie toute logique.

Quand on pensait que la femme au niqab agissait seule, on en parlait du matin au soir. Mais maintenant qu’on a toutes les raisons du monde de soupçonner qu’elle faisait partie d’un groupe organisé qui envoie des femmes «au front» pour pousser son «agenda», on n’ose plus aborder la question.

Or, il me semble que c’est encore plus important qu’avant, non?

Je ne comprends plus rien.

TROP SÉRIEUX POUR EN PARLER

Savez-vous ce que je pense?

Maintenant que le sujet est devenu sérieux, les politiciens ne veulent plus en parler.

Une femme toute seule, pas de problème, ça ne porte pas à conséquence, c’est un incident, une anecdote, une histoire juteuse qu’on peut raconter le soir au coin du feu, pour raviver les braises quand les flammes montrent des signes de fatigue.

Mais un groupe? Hola, ce n’est plus la même chose!

Ça devient délicat. Politique.

Et s’il y a quelque chose que les politiciens détestent, ce sont bien les sujets politiques.

 

 

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