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Le retour du Québec

Justin Trudeau était au métro Jarry au lendemain de sa victoire
Justin Trudeau au métro Jarry au lendemain de sa victoire (photo Adam Scotti)

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L’histoire n’a pas plus puissant auteur que le peuple. Et c’est bien le peuple qui a fait l’histoire hier en exprimant son désir de changement d’un bout à l’autre du pays. La victoire des libéraux est complète et incontestable.
 
Il faut remonter aux années Mulroney pour compter autant de députés québécois dans le parti gouvernemental. Et il faut remonter aux années de Trudeau père pour compter autant de députés libéraux au Québec.
 
Le premier ministre est québécois. Il est député de Montréal et le caucus libéral détient la majorité des 78 sièges au Québec.
 
Les Québécois ont donc tourné la page sur 25 ans de protestation et de retrait. Le Québec fait un retour au gouvernement du Canada et c’est l’un des aspects fondamentaux du changement qui s’effectue au Canada.
 
Depuis la chute de l’Accord du lac Meech en 1990 et la création consécutive du Bloc québécois par Lucien Bouchard, le Québec était dans les limbes de la politique canadienne, marginalement représenté au gouvernement du Canada. Cette position du ni dehors ni dedans aura été pénalisante pour tous. Elle n’aura servi ni la cause souverainiste ni la cause fédéraliste. Elle aura encouragé une exacerbation de l’idée des deux solitudes, le Québec évoluant à sa manière, le Canada anglais évoluant à sa manière dans une relative indifférence.
 
Après un quart de siècle de ce Canada bicéphale, le pays politique redevient une réalité d’un océan à l’autre.
 
Est-ce à dire que la nation québécoise a décidé de se dissoudre dans le Canada? Je ne le crois pas. Je crois plutôt que la nation québécoise a fait le choix de se réinvestir dans le pays qu’elle a cofondé avec l’espoir de mieux s’y reconnaître. Il y a effectivement une déclinaison 2015 du beau risque de jadis. 
 
Justin Trudeau représente cette renaissance du Canada coast to coast. Il aura su représenter le changement par son programme, mais surtout susciter le ralliement par son ton, par sa personnalité, par son ouverture. Il incarne un Canada plus ouvert, plus partenarial, plus généreux, plus moderne.
 
Il n’est ni juriste, ni banquier, ni économiste, ni entrepreneur, ni académicien. Tous ceux-là sont autour de lui dans son équipe forte que l’on découvrira.  Il est ce qui a cruellement manqué à la politique depuis de très nombreuses années. Un homme qui nous ressemble et qui entrevoit l’avenir et la politique à travers le regard de ses jeunes enfants. 
 
S’il a pour souci premier de faire le mieux pour tous les petits qui courent dans les feuilles mortes, il sera bon.
 
Le changement de ton est déjà complet. Ce matin, après une courte nuit, après qu’on l’eut entendu la voix éraillée célébrer sa victoire et le retour du Québec, Justin Trudeau était au métro Jarry pour remercier ses électeurs de Papineau. Une proximité, une humilité, qui révèle le fils comme un homme fort différent de son illustre père.