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Gilles Duceppe encore battu dans Laurier-Sainte-Marie

Gilles Duceppe vote.
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

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MONTRÉAL - Gilles Duceppe est parvenu à sauver son parti de la disparition, portant de deux à 10 sa députation au Parlement d'Ottawa. Cette courte remontée fut assombrie par la défaite du chef du Bloc dans Laurier-Sainte-Marie au terme d'une lutte serrée à trois.

L'ambiance était à la résignation au théâtre Latulippe, à Montréal, où s'entassaient quelque 350 militants souverainistes pour la soirée électorale. Les rares moments de réjouissance ont été pour les députés élus, dont Louis-Plamondon, qui a conservé son siège pour un dizième mandat dans Nicolet-Bécancour-Saurel. Élu pour la première fois en 1984, M. Plamondon conserve son titre de doyen de la Chambre des communes.

Dans l'Est du Québec, seule Marilène Gill a résisté à la vague libérale et ravi Manicouagan au NPD. Le Bloc a fait des gains dans la couronne nord de Montréal, raflant les circonscriptions de Repentigny, Terrebonne, Montcalm et Mirabel.

Les humeurs se sont assombries quand la télévision a révélé et par la suite confirmé que Gilles Duceppe tirait de l'arrière dans Laurier-Sainte-Marie. Pendant un long moment, le chef du Bloc était troisième derrière la néodémocrate Hélène Laverdière et la libérale Christine Poirier.

M. Duceppe s'est par la suite hissé au 2e rang.

Ironie du sort, Mario Beaulieu, ex-chef du Bloc qui avait demandé à M. Duceppe de sortir de sa retraite, s'est fait élire dans Pointe-de-l'Île. Outre les 10 députés qu'il a fait élire, le BQ ne s'est classé deuxième que dans 11 des 68 autres circonscriptions.

Partis le 2 août avec un fort «vent de face», Gilles Duceppe est parvenu à donner un nouveau souffle au Bloc québécois, du moins au sein de l'électorat francophone. La députation du Bloc à Ottawa n'aura toutefois pas le minimum de 12 sièges requis pour être reconnu comme parti politique.

Déception

Il s'agit de la troisième défaite que subit le mouvement souverainiste en quatre élections, deux fédérales et deux provinciales. «C'est bien sûr que les résultats ne sont pas ceux que nous avons souhaités, mais on a mené véritablement une belle campagne, a déclaré Gilles Duceppe, alors qu'il s'adressait à ses militants.

«Certains nous croyaient presque disparus mais nous voilà plus vivants que l'on était. Nous sommes arrivés un peu à court de notre objectif, mais nous partions de très loin et nous avons progressé.»

Le chef du Bloc a souligné l'appui et les ressources fournies par le Parti Québécois; Pierre Karl Péladeau a fait activement campagne en faveur du Bloc, dans les derniers jours précédant le scrutin. Plusieurs employés du PQ ont été prêtés au frangin fédéral. Les autres partis souverainistes, Option nationale et Québec solidaire ont aussi contribué.

«Nous avons accompli le début de quelque chose, la convergence de beaucoup de militants des forces souverainistes, le Québec va prendre sa place partout tout le temps, pas contre les autres, pour nous mêmes. Moi je pense qu'il vaut mieux être un pays dans le monde qu'une province dans le Canada.»

Évitant de préciser quel sera son avenir politique, Gilles Duceppe a fait allusion à la relève souverainiste. «Le Québec est notre seul pays, c'est ce que mon père me disait il y a 25 ans. Je vous le dis à mon tour, en particulier à toute cette relève qui ont investi le Bloc québécois. Je suis revenu aussi pour vous les jeunes, vous êtes beaux à voir aller et je compte sur vous pour la suite.»

Gilles Duceppe donnera un point de presse en début d'après-midi à Montréal.

 

  • Le Bloc récolte 10 sièges et 20% des voix