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Fonctionnaires punis après une soirée de hockey au Centre Bell

Ils étaient à un match du Canadien avec un directeur de Bell

Fonctionnaires informatiques, Bell Canada, Centre Bell (longueur
Photo d'archives La photo des trois fonctionnaires lors de la soirée qui les a plongés dans l’embarras.

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Les fonctionnaires en informatique qui sont allés voir un match du Canadien au Centre Bell avec un haut directeur des ventes de Bell ont été sanctionnés formellement par Québec.

Au début du mois, notre Bureau d’enquête révélait que Claude Morin, Patrick­­ Amiot et Michel Gauthier­­, de hauts cadres au Centre­­ des services partagés du Québec (CSPQ) faisaient l’objet d’une enquête administrative. Ils ont été photographiés, en février, à un match du CH en compagnie de Louis Martel, directeur général aux ventes, secteur public Québec, chez Bell Canada.

Le CSPQ a octroyé plus d’une centaine de contrats à Bell Canada, d’une valeur de plus de 300 M$ depuis 2009.

Le directeur à la retraite

Selon les conclusions de l’enquête administrative, rien ne permet au gouvernement de conclure que les fonctionnaires ont payé leur billet. Autrement dit, Québec n’a pas la preuve que la facture n’a pas été payée par Louis Martel, de Bell. Ce dernier vient d’ailleurs de décider de prendre sa retraite, a-t-on appris.

Claude Morin et Patrick Amiot ont été suspendus trois jours sans salaire. La suspension de Gauthier est plus élevée, soit de cinq jours, puisque c’est lui qui aurait organisé la soirée au hockey avec le représentant de Bell.

Gauthier, qui est le vice-président responsable des dossiers informatiques au CSPQ depuis 2009, ne sera pas de retour sous peu. Il a quitté le CSPQ dans la tourmente cet été, et une autre enquête administrative est en cours concernant sa gestion.

La vérification a déterminé que Morin et Amiot n’ont pas été impliqués dans l’octroi d’un contrat à Bell concernant cette soirée de hockey. La question est plus complexe et non élucidée pour Gauthier qui était impliqué dans la plupart des contrats en technologie et en télécommunication depuis plusieurs années.

La médiatisation de l’affaire a été prise en considération dans l’évaluation des sanctions. L’affaire aura aussi servi de leçon à l’organisme qui a décidé de mettre en place un plan de travail pour une nouvelle structure éthique. Un comité de direction sur l’éthique, le lobbying et la déontologie a été formé et l’Institut d’éthique appliqué de l’Université Laval sera appelé à émettre un diagnostic éthique du CSPQ.

«Le CSPQ vise à respecter les plus hauts standards d’intégrité, aucun manquement à l’éthique n’est toléré», a commenté le PDG du CSPQ, Denys Jean, qui a suspendu les fonctionnaires et ordonné la vérification dès que la situation a été portée à sa connaissance.

Denys Jean - PDG, CSPQ
Denys Jean - PDG, CSPQ

En poste depuis le début de l’année pour redresser le CSPQ, il était le premier préoccupé par l’affaire qui discrédite les quelques 2000 autres employés de l’organisme. «Une faute en matière d’éthique a des impacts sur les collègues de travail, sur les gestionnaires et sur l’ensemble de l’organisation.»

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