/news/currentevents
Navigation

«Ça fait des années que ça dure»

Des femmes autochtones subissent les sévices des policiers de la Sûreté du Québec

Angela King, une des femmes autochtones qui a porté plainte contre des policiers de Val-d'Or.
Capture d'écran: Radio-Canada Angela King, une des femmes autochtones qui a porté plainte contre des policiers de Val-d'Or.

Coup d'oeil sur cet article

VAL-D’OR | Les autochtones de Lac-Simon ne sont pas surpris des allégations selon lesquelles des femmes de leur communauté auraient été victimes d’abus de pouvoir et de sévices sexuels exercés par des policiers.

«Ça fait des années que ça dure. Ce sont des femmes vulnérables qui font souvent de la prostitution à Val-d’Or. Les policiers les arrêtent régulièrement et ils en profitent. Il y a de bons policiers, mais d’autres qui ne devraient pas avoir le droit de l’être», soutient Jean-Marie Papatie, qui a déjà été policier et est membre du conseil de bande de Lac-Simon, près de Val-d’Or.

Huit policiers

Un graffiti sur une résidence de la communauté de Lac-Simon, près de Val-d'Or, démontre bien que les relations sont souvent tendus entre les membres de la communauté et les policiers.
Photo courtoisie, David Prince
Un graffiti sur une résidence de la communauté de Lac-Simon, près de Val-d'Or, démontre bien que les relations sont souvent tendus entre les membres de la communauté et les policiers.

L’émission Enquête révélait jeudi que 14 dossiers impliquant huit policiers de Val-d’Or (sur 60) ont été transmis à la Direction des normes professionnelles de la SQ.

Ces policiers occupent toujours leur poste puisque, pour l’instant, aucune accusation criminelle n’a été portée.

100 $ pour le silence

Gilles Wabanonik et Jean-Marie Papatie, membres du conseil de bande de Lac-Simon près de Val-d'Or estiment que les policiers ne traitent pas les enquêtes sur les autochtones que sur les blancs de la même façon.
Photo courtoisie
Gilles Wabanonik et Jean-Marie Papatie, membres du conseil de bande de Lac-Simon près de Val-d'Or estiment que les policiers ne traitent pas les enquêtes sur les autochtones que sur les blancs de la même façon.

Bianca Moushoom, 26 ans, soutient que les policiers la conduisaient à l’extérieur de la ville et lui fournissaient de la bière avant de lui demander de leur faire une fellation.

«Ils me payaient à chaque service. Ils me donnaient chacun 200 $. Cent dollars pour le service et 100 $ pour que je ferme ma gueule», a dit celle qui fait face à des accusations de voies de fait contre des agents de la paix pour des événements survenus en septembre 2014.

Les policiers recueilleraient régulièrement les autochtones saouls au centre-ville pour aller les déposer à l’extérieur de la ville, pour qu’ils reviennent à pied et retrouvent leurs esprits. «Ça arrive tellement souvent que les taxis suivent parfois les policiers pour nous offrir de revenir avec nous», raconte Hélène Papatie, une résidente de Lac-Simon.

«Ce sont des allégations que nous prenons au sérieux, nous n’entérinons pas ces gestes-là», a précisé la sergente Martine Asselin.

Crédibilité

Stéphane Grenier, président de La Piaule de Val-d'Or, estime que les femmes qui ont porté plainte contre les policiers de Val-d'Or et qui apparaissent dans l'émission Enquête sont très courageuses, mais aussi très vulnérables.
Photo courtoisie, David Prince
Stéphane Grenier, président de La Piaule de Val-d'Or, estime que les femmes qui ont porté plainte contre les policiers de Val-d'Or et qui apparaissent dans l'émission Enquête sont très courageuses, mais aussi très vulnérables.

Le président du refuge pour itinérants La Piaule de Val-d’Or, Stéphane Grenier, qui accueille plusieurs de ces femmes, a été surpris par l’ampleur des révélations. «Ce sont des femmes très vulnérables. Elles sont très courageuses de dénoncer, mais leur crédibilité est faible. Mais il ne faut pas s’arrêter à ça. Si elles ont dénoncé, c’est probablement vrai», croit-il.

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a appris les allégations au mois de mai dernier. «Un policier qui est en position d’autorité, c’est inacceptable d’abuser de son poste et de son pouvoir pour agresser sexuellement des femmes ou en tirer profit», a-t-elle déclaré.

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.