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Bédard démissionne de son poste de député et touchera son indemnité de 151 000 $

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Rétrogradé de son poste de leader parlementaire, le député péquiste Stéphane Bédard quitte ses fonctions. Il touchera son indemnité de départ de 151 000 $, selon nos informations.
 
«J'annonce que je quitte mes fonctions de député», a-t-il déclaré jeudi matin à l'Assemblée nationale. Il a soutenu que les dernières années ont été «éreintantes» et qu'il souhaite prendre du temps pour ses proches. «Je tire ma révérence avec le sentiment du devoir accompli.»
 
Chef intérimaire du Parti québécois (PQ) durant la course à la chefferie, le député de Chicoutimi a dû encaisser toute une rebuffade peu après l'élection de Pierre Karl Péladeau.
 
Le chef péquiste lui avait préféré Bernard Drainville, qui s'est rallié à lui dans les derniers milles de la campagne au leadership, pour occuper le siège de leader parlementaire.
 
Député de Chicoutimi depuis 1998, Stéphane Bédard a dû se contenter du poste de porte-parole de l'opposition en matière de Justice. Dans les dernières semaines, M. Péladeau a continué son ménage au sein des apparatchiks du PQ. Il a éjecté des collaborateurs de longue date de Stéphane Bédard.
 
Devant les caméras, l'ancien ministre a assuré que son départ n'a rien à voir avec sa rétrogradation. «Si ça avait été le cas, j'aurais quitté bien avant.»

En coulisse, bon nombre de péquistes ont toutefois signalé à notre Bureau parlementaire qu'il ne l'avait pas digéré et qu'il avait menacé de démissionner début septembre lorsque le chef péquiste lui a annoncé qu'il ne serait plus leader parlementaire.
 
Pierre Karl Péladeau s'est dit «attristé» du départ de Stéphane Bédard. Avez-vous une part de responsabilité dans cette démission? «La décision qu'il a prise est motivée par des raisons personnelles», a soutenu le chef péquiste.
 
M. Péladeau n'a pas voulu condamner le député de Chicoutimi, qui part avec son allocation de transition en poche. «La loi telle qu'elle existe aujourd'hui lui permet de la prendre, ce que nous souhaitons au PQ, c'est que le PLQ fasse le nécessaire, le gouvernement, pour faire en sorte que justement, et nous avons été nombreux à le mentionner, que la loi soit changée.»
 
Le chef du PQ n'entrevoit pas d'autres départs dans ses rangs.
 
Le premier ministre Philippe Couillard a livré un vibrant hommage à Stéphane Bédard. «Il a été un parlementaire redoutable (...), mais également un parlementaire respectueux des règles de l'Assemblée nationale, profondément imprégné de l'amour du Québec et du désir de faire progresser le Québec», a-t-il dit.
 
Selon le chef libéral, cette démission n'augure rien de bon pour le mouvement souverainiste, qui est en «déclin». «C'est une perte majeure de toute évidence pour ce mouvement et ce parti.»
 
«C'est un gros morceau», convient lui aussi le chef caquiste François Legault, qui a invité son ancien collègue à rallier les rangs de la CAQ. Cette démission, avec celle annoncée du chef bloquiste Gilles Duceppe, démontre que le mouvement souverainiste s'essouffle.
 
«Si M. Bédard avait pensé que la souveraineté arriverait relativement à court terme après l'élection de 2018, il serait resté», insiste M. Legault.

De nombreuses réactions

« Il a été une cheville ouvrière de l’action parlementaire pour le Parti québécois depuis les 17 ou 18 dernières années »

- Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau

« Stéphane Bédard a été un parlementaire redoutable [...] profondément imprégné de l’amour du Québec et du désir de faire progresser le Québec »

- Le premier ministre Philippe Couillard

« C’était un adversaire redoutable. Si M. Bédard avait pensé que la souveraineté arriverait relativement à court terme après l’élection de 2018, il serait resté »

- Le chef caquiste François Legault

« Le fils Bédard est arrivé ici avec un nom, celui de son père. Il en ressortira grandi d’un prénom : Stéphane »

- Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon

« Vous êtes un homme qui avez embrassé pleinement les institutions québécoises, et notamment son Parlement. Vous l’avez inspiré, vous l’avez transformé, vous lui avez donné votre vie »

-La députée solidaire Manon Massé

 

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