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Lieu abandonné en 2015 - l'hôpital Royal Victoria

Avant 1906

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Avant Après
Collection de cartes postales du Centre d’histoire de Montréal
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin

 

De l’air pur pour les malades

Collection de cartes postales du Centre d’histoire de Montréal

Le 26 avril 2015, au son des cornemuses, l’hôpital Royal Victoria fermait ses portes. Commençait alors l’histoire du Centre universitaire de santé McGill sur le site Glen, qui le remplace. Entouré de rues achalandées et de voies rapides, le super-hôpital offre désormais à ses patients un tout autre paysage que celui de cette carte postale montrant le Royal Vic à ses débuts. Lors de son ouverture, le 2 décembre 1893, les flancs du mont Royal étaient encore en pleine campagne. Gage de santé, l’air pur de ce promontoire en faisait un site idéal. Situé dans le richissime Mille carré doré, cet hôpital nommé en l’honneur de la reine Victoria n’était pas réservé aux patients protestants aisés.

Depuis sa fondation, il soigne les malades de toutes origines et conditions. Les conditions sanitaires déplorables de la métropole et les graves épidémies du 19e siècle avaient convaincu certaines institutions de santé catholiques et protestantes de mettre de côté leurs divisions ethniques et religieu­ses. Il faut savoir qu’au début du 20e siècle, l’espérance de vie des Montréalais ne dépassait pas 45 ans.

Retrouver la santé grâce à l’architecture

Collection de cartes postales du Centre d’histoire de Montréal

Si l’extérieur du Royal Victoria rappel­le le Moyen-Âge, l’intérieur suivait les dernières avancées en matière de salubrité lors de sa construction, en 1893. C’est la célèbre infirmière britannique Florence Nightingale (1820-1910) qui popularisa «le plan pavil­lon» dans son guide Notes for Hospitals (1859). Inspirée par son expé­rience dans les hôpitaux militaires lors de la guerre de Crimée, la jeune femme croyait qu’un meilleur aménagement permettrait de réduire le taux de mortalité très élevé des patients. Pour concevoir les plans, l’architecte Henry Saxon Snell consulta directement l’infirmière vedette. Il conçut deux ailes (nommées Nightingale) reliées au pavillon central par des galeries aériennes. À chaque étage, des salles à aires ouvertes ventilées accueillaient les malades. Les cas plus graves étaient isolés. L’accès aux solariums permettait aux patients de profiter de la lumière naturelle ainsi que de la vue splendide sur la montagne et la ville. Ces innovations ont modelé la vie hospitalière du Royal Vic pendant plus de 100 ans. Maintenant, c’est d’imagination immobilière et d’argent – 850 millions $ – dont aura besoin l’Université McGill pour transformer ce complexe centenaire en résidence pour étudiants!

De château à institut psychiatrique

Photo courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Résidences Allan Avenue des Pins - 9 avril 1936 VM94-Z131

Cette imposante demeure a de quoi faire courir les rumeurs! En 1804, l’orgueilleux magnat de la fourrure Simon McTavish mourut subitement à 54 ans, laissant sur ce site une résidence en chantier. Certains racontaient que son fantôme hantait les ruines. En 1860, l’homme d’affaires écossais Hugh Allan (1810-1882) acheta le terrain pour y bâtir une rési­dence somptueuse avec une salle de bal pouvant recevoir plusieurs centaines de personnes. Il la nomma Ravenscrag d’après le château de Jacques II à Kirkcaldy, en Écosse. En 1940, la succession Allan légua la demeure à l’hôpital Royal Victoria, qui y installa un centre de formation et de recherche et le premier hôpital psychiatrique de jour au monde: l’Institut Allan Memorial. Son énergique et entreprenant directeur, le Dr Ewen Cameron, qui dirigeait aussi le département de psychiatrie de l’Université McGill, y mènera entre 1956 et 1963, au profit de la CIA, une expérience controversée sur le reconditionnement de la mémoire sur des sujets dépressifs, sous le nom de code MK-ULTRA. Bien que faisant partie du Centre universitaire de santé McGill comme le Royal Victoria, l’Institut Allan Memorial n’a pas quitté les flancs du mont Royal le 26 avril dernier.

 

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