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Lafleur a eu bien plus de pression que McDavid

Connor McDavid arrive chez les Oilers dans un contexte qui correspond ­exactement à ce que souhaite tout jeune étiqueté joueur de concession pour entamer sa carrière.
photo d’archives Connor McDavid arrive chez les Oilers dans un contexte qui correspond ­exactement à ce que souhaite tout jeune étiqueté joueur de concession pour entamer sa carrière.

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Un journaliste du Edmonton ­Journal, Jim Matheson, me ­demandait la semaine dernière si on pouvait faire un parallèle entre le début de la carrière de Guy ­Lafleur et celui de Connor ­McDavid.

Un journaliste du Edmonton ­Journal, Jim Matheson, me ­demandait la semaine dernière si on pouvait faire un parallèle entre le début de la carrière de Guy ­Lafleur et celui de Connor ­McDavid.

Sans aucune hésitation, j’ai répondu que Guy Lafleur avait beaucoup plus de pression à son arrivée dans la Ligue nationale de McDavid.

En 1971, Jean Béliveau venait d’annoncer sa retraite. Tout de suite, on identifia Guy comme celui qui remplacerait Jean Béliveau.

Or, il n’y a eu qu’un Jean Béliveau. Comme il n’y a eu qu’un Maurice Richard ou encore comme il n’y a eu qu’un Guy Lafleur.

On ne remplace pas des joueurs aussi surdoués, on leur succède. C’est toute la différence.

J’ai expliqué au journaliste que Connor McDavid arrive chez les Oilers dans un contexte qui correspond exactement à ce que souhaite tout jeune étiqueté joueur de concession pour entamer sa carrière.

Il n’y a aucun parallèle à faire entre McDavid et Wayne Gretzky. Comme il n’y a aucun parallèle à faire entre McDavid et Mark Messier. Il s’agit de deux époques.

Comparaisons inévitables

Ce ne fut pas le cas pour Guy Lafleur. Il arrivait de Québec où il endossa, pendant quelques années, le dossard numéro 4. Alors comment pouvait-on éviter les comparaisons avec le «Grand Jean», qui était le joueur préféré de Guy.

Par conséquent, quand le Canadien repêcha Guy, on le voyait dans le rôle de joueur de centre. J’arrivais de St. Louis pour diriger le Canadien et nous avions plusieurs vétérans et je ne voulais surtout pas m’attirer des ennuis avec les plus vieux joueurs de la formation.

Donc, Guy entreprit sa première saison au centre et ce ne fut pas concluant. Cette année-là, il y avait dans la ligue des joueurs de centre comme Bobby Clarke, Jean Ratelle et Phil Esposito.

Guy a éprouvé des difficultés à ­compétitionner au même niveau que ces joueurs surtout dans les cercles des mises en jeu. Pendant tout ce temps, ­Marcel Dionne, choisi au deuxième rang, faisait flèche de tout bois, et Richard Martin, à Buffalo, marquait des buts à volonté. Voilà qui ajoutait à la pression que devait subir Guy Lafleur chaque jour.

On décida alors de le muter sur le flanc droit...

On connaît le reste de l’histoire.

Offre des nordiques

Mais je dois confesser que par moments, nous entretenions des doutes.

Je me rappelle encore une rencontre avec Sam Pollock, alors directeur général du Canadien. Nous étions en retraite fermée dans les Laurentides lors des séries éliminatoires et Sam nous demanda, à Claude Ruel et à moi, de nous rendre immédiatement au Forum. C’était urgent.

Les Nordiques de Québec, de l’Association mondiale, avaient présenté une offre alléchante à Guy. Quelque chose comme 450 000 $ pour trois ans. Les joueurs touchaient en moyenne 75 000 $ pendant ces années-là. Sam nous questionna sur le statut de Guy.

«Je veux lui offrir un contrat de 10 ans à 100 000 $ par saison, une entente à renégocier tous les trois ans. Qu’en pensez-vous?

Surpris de ses succès

Pour vous dire la vérité, et si Claude ­vivait toujours il le confirmerait, nous ne pensions pas que Guy deviendrait une supervedette. Claude avait mentionné à Sam que le jeune homme progressait, mais pensions-nous qu’il connaîtrait une telle carrière? Non.

Son incroyable détermination, sa recherche de l’excellence, son caractère de fonceur et son talent le poussèrent vers les plus hauts sommets.

Connor McDavid n’arrive pas dans la Ligue nationale dans un contexte aussi dur, aussi difficile. Il est le joueur de concession des Oilers. On va lui donner du temps de jeu. La pression n’est pas comme à Montréal, où tu es condamné à gagner.

Les Oilers n’ont pas participé aux ­séries éliminatoires depuis des lunes. Alors, la situation ne peut que ­s’améliorer.

Richards a payé le gros prix

Avec un bilan de 0-7-0, un entraîneur n’a plus d’arguments pour ­défendre sa cause.

Il ne peut pas plaider que ses gardiens ont été mauvais ou même irréguliers.

Il ne peut pas plaider que ses défenseurs ont joué dans la confusion la plus complète.

Il ne peut pas plaider que l’organisation n’a pas voulu apporter des changements dans ses effectifs.

Bref, il est condamné.

Il fallait identifier un responsable et habituellement, dans de telles circonstances, on dit à l’entraîneur de dégager. Ça ne fonctionne plus. Je sais que les attentes sont élevées à Columbus, d’autant plus que l’équipe souhaite attirer plus de partisans aux tourniquets.

Faible tolérance

Todd Richards était-il le vrai coupable? Peut-être pas.

Dans le monde du hockey d’aujourd’hui, on est moins tolérant. On veut que les objectifs soient atteints même si parfois ils semblent irréalistes. Les propriétaires n’ont qu’une idée en tête: les séries ­éliminatoires.

Pensez-vous qu’on n’entretient pas une certaine inquiétude à ­Anaheim? Ne croyez-vous pas qu’on aurait souhaité un meilleur ­début de saison à ­Pittsburgh? Ce n’est pas très rassurant en ­Caroline.

Je le répète souvent, on n’obtient pas un laissez-passer pour les séries éliminatoires en ­octobre et en novembre. Par contre, on peut se placer dans une situation tellement délicate que ça va créer beaucoup de tension au sein de l’organisation.