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Première impression

Première impression
Photo AFP

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Il y a cet adage qui dit qu’on n’a jamais deux occasions de faire une bonne première impression. Peut-on alors dégager quelques enseignements des gestes initiaux du premier ministre désigné Justin Trudeau? Essayons en reconnaissant d’emblée les limites de l’exercice.
 
En quelques jours, nous avons vu des gestes d’humilité, de transparence, de leadership, de multilatéralisme. Si ces mots deviennent  les principes de fonctionnement du gouvernement Trudeau, le changement sera profond.
 
Humilité. C’est de l’humilité qu’il fallait quelques heures après sa victoire historique, et une nuit qu’on devine courte, pour aller serrer des mains au métro Jarry. De toute évidence, cette idée venait de Justin Trudeau lui-même. Personne dans son entourage n’aurait osé lui dire après 78 jours éreintants que c’est ce qu’il devait faire. Il a personnellement voulu remercier les électeurs de son comté de Papineau. Ce geste, dans ces circonstances, peut refléter l’authenticité de son engagement envers les citoyens.
 
Transparence. Quelques heures plus tard, le premier ministre désigné s’est présenté en conférence de presse à Ottawa. Sans scénario, sans contrôle, sans filet. Posez les questions que vous voulez. Stephen Harper ne se sera presque jamais livré à pareil exercice. C’est un geste démocratique fort.
 
Leadership. Dès les premières heures, Justin Trudeau a révélé s’être entretenu avec le président américain. On devine qu’il a exprimé sa volonté d’entretenir des relations cordiales avec les États-Unis qui n’ont pas été au beau fixe, c’est le moins qu’on puisse dire, sous le gouvernement conservateur. En fait, pour une rare période de notre histoire récente, le gouvernement américain était plus à gauche que le gouvernement canadien. Lors de cet entretien, M. Trudeau a informé M. Obama de l’engagement pris devant les citoyens canadiens de mettre fin dans les meilleurs délais à la participation canadienne à la mission de combat en Syrie. L’armée canadienne participera autrement à la lutte contre le groupe armé État islamique.
 
M. Trudeau a aussi annoncé que son cabinet serait formé le 4 novembre prochain, qu’il reflèterait l’importance de l’appui qu’il a reçu du Québec, et que sa députation lui permettra d’honorer son engagement quant à la parité hommes-femmes de son équipe ministérielle. 
 
Multilatéralisme. Le premier ministre désigné a annoncé qu’il serait présent à la Conférence de l’ONU sur le climat à Paris au début décembre. Il a dit souhaiter y être en compagnie des premiers ministres des provinces et a même invité les chefs des partis d’opposition à l’accompagner. Le Canada joindra donc la mobilisation internationale contre les changements climatiques. Cela représente un changement important, autant dans les relations extérieures que dans les relations intérieures. 
 
M. Trudeau a aussi annoncé son intention de tenir dans les meilleurs délais une rencontre avec les premiers ministres des provinces et des territoires. Ce que l’on n’a pas vu depuis longtemps.
 
Ce sont des gestes positifs, assez forts sur le plan des symboles et de la substance, pour signifier un changement de cap. 
 
Il y a une semaine, la course n’était pas terminée. Aujourd’hui, nous sommes déjà ailleurs.
 
L’ère Justin Trudeau est commencée.