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Qui doit surveiller les pédophiles?

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Chaque fois qu’on entend dire qu’un enfant a été la cible d’un pédophile, on a un haut-le-cœur. C’est encore arrivé, deux fois plutôt qu’une, il y a quelques jours à la sortie d’une école primaire de Lévis.

Chaque fois qu’on entend dire qu’un enfant a été la cible d’un pédophile, on a un haut-le-cœur. C’est encore arrivé, deux fois plutôt qu’une, il y a quelques jours à la sortie d’une école primaire de Lévis.

Une fillette a eu le bon réflexe de se sauver en courant après avoir été abordée par deux individus louches qui lui offraient des bonbons. Les deux hommes dans la vingtaine qui se baladaient en voiture rouge ont tenté le même stratagème auprès d’une autre enfant dans les minutes qui ont suivi, mais sans succès.

La bonne nouvelle: à force de se faire dire qu’il y a des pédophiles partout, nos enfants sont devenus vigilants.

La mauvaise: on semble encore incapable de dompter les prédateurs sexuels qui rodent autour des parcs et des écoles, semant l’inquiétude et forçant la méfiance chez les parents.

La montée des vigiles citoyennes

Peut-on blâmer un groupe de la Beauce de s’organiser en milice pour surveiller de près les pédophiles en liberté dont personne ne s’occupe une fois relâchés par le système?

Il existe bien un Registre national des délinquants sexuels implanté en 2005 et géré par la GRC. Le hic, c’est que seuls les corps de police y ont accès.

Le nom qu’il s’est donné, The Judge, fait craindre le dérapage, mais devant une justice lente à réagir, ce genre de groupe fait réfléchir. Des sections The Judge ont vu le jour à Québec et à Saint-Jérôme.

Malgré les reproches de la police qui déconseille ce genre d’intervention, de plus en plus de citoyens pensent qu’il est de leur plein droit de protéger leurs enfants du danger potentiel que représente un pédophile relaxé dans leur quartier. Leur demande est simple: «dites-nous où ils habitent». Qui ne voudrait pas savoir si son voisin a déjà été condamné pour des crimes à caractère sexuel?

Il existe bien un Registre national des délinquants sexuels implanté en 2005 et géré par la GRC. Le hic, c’est que seuls les corps de police y ont accès. Pourquoi les parents d’enfants mineurs n’ont-ils pas le droit de le consulter, juste pour se rassurer?

La réponse est toujours la même: ça brimerait le droit des agresseurs sexuels qui ont purgé leur peine à une juste réhabilitation. Les parents inquiets ont raison de dire que le droit des agresseurs d’enfants passe avant celui des familles.

Un registre défaillant

Selon le sexologue Mario Larivée-Côté, on compterait 175 000 agresseurs sexuels au Québec. Avouez que ça en fait du monde. Comment se fait-il que seulement 4500 d’entre eux qui sont en liberté soient fichés?

Ça veut dire qu’on passe à côté de tous ceux qui ont reçu une sentence avant 2004 et qui ne sont pas dans le registre, sans parler de ceux qu’on n’a jamais arrêtés ni dénoncés.

Un agent de la SQ a témoigné des failles du système, rappelant qu’entre 2005 et 2011, environ 2400 délinquants sexuels n’ont pas été inscrits au registre parce que le procureur de la Couronne ne l’a pas demandé ou encore parce que l’avocat de la défense a convaincu le juge que c’était inutile.

Notre laxisme envers les agresseurs d’enfants donne raison aux citoyens justiciers. Il est temps de se demander si les pédophiles ne l’ont pas un peu trop facile.

 

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