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«Les Autochtones me font peur»

Sylvain Picard affirme que les médias ne montrent pas la vraie réalité des Autochtones à Val-d’Or.
Photo courtoisie, David Prince Sylvain Picard affirme que les médias ne montrent pas la vraie réalité des Autochtones à Val-d’Or.

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VAL-D’OR | Pendant qu’une trentaine de chefs de différentes communautés sont réunis pour discuter des actions à entreprendre pour améliorer le sort des femmes autochtones, certains citoyens de Val-d’Or n’hésitent pas à dire ouvertement avoir peur des Premières Nations.

Le député d’origine crie d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, participe à la rencontre d’urgence de l’Assemblée des Premières Nations. Selon lui, la crise actuelle ne devrait pas affecter le lien entre la population blanche et autochtone de Val-d’Or. «Ça fait 30 ans que l’on construit une relation de confiance. On va s’en sortir grandi. C’est toujours dans l’adversité que l’on trouve le meilleur de nous-mêmes.

Le député Romeo Saganash participe à la rencontre des chefs des premières nations sur le sort des femmes.
Photo courtoisie, David Prince
Le député Romeo Saganash participe à la rencontre des chefs des premières nations sur le sort des femmes.

 

Réalité

Alors que les médias attendaient l’entrée des chefs des Premières Nations devant le Centre d’amitié autochtone, un citoyen a crié aux représentants des médias qu’ils ne montraient pas la vraie réalité autochtone depuis que l’émission Enquête a diffusé des témoignages de femmes autochtones qui se disent victimes d’abus de la part de policiers.

«Ce que vous montrez depuis quelques jours n’est pas la vraie réalité des Autochtones à Val-d’Or», a lancé aux médias Sylvain Picard, un citoyen de Val-d’Or. «Vous devriez les filmer quand ils sont saouls au milieu de la chaussée et qu’ils donnent des coups de pied sur les voitures. Essayez d’aller au guichet automatique à 5 heures le matin alors qu’il y a cinq Indiens couchés par terre. C’est ça la réalité autochtone à Val-d’Or», selon lui.

Selon M. Picard, les policiers de Val-d’Or auront beaucoup de difficulté à travailler. «Ils sont sur un terrain glissant. On a besoin de nos policiers à Val-d’Or pour faire régner l’ordre. Les Autochtones font peur à beaucoup de monde. En tout cas, moi, ils me font peur», a-t-il dit.

Selon l’ancien chef de la communauté algonquine de Kitcisakik, Jimmy Papatie, les Premières Nations se sentent jugées par ce genre de commentaires. «On connaît les femmes qui ont parlé dans le reportage. Certaines proviennent de ma communauté. On se sent jugés. Certains nous voient encore comme à l’époque où l’on battait nos femmes. Oui, il y a encore des problèmes sociaux, je ne peux le nier. Mais un chemin important a été franchi dans les dernières années. Nous, à Kitcisakik, on a un taux de sobriété de 69 %», a-t-il dit.

 

«C’est une crise»

Les chefs des premières nations sont en colère. Ils espéraient des excuses de la Sûreté du Québec, mais le chef de police a nié qu’il y avait une crise. «On va être clair. C’est une crise», a lancé le Grand chef de la Nation crie, Matthew Coon Come.

Une trentaine de chefs autochtones du Québec étaient réunis à Val-d’Or mardi pour réagir à la crise qui sévit depuis que des femmes autochtones ont dénoncé des abus de pouvoirs et des abus sexuels qu’elles disent avoir subis de policiers de la Sûreté du Québec. Les chefs donnent 24 heures au premier ministre Philippe Couillard pour réagir et pour rencontrer les premières nations. Ils donnent aussi 30 jours au nouveau premier ministre Justin Trudeau pour lancer une Commission d’enquête indépendante sur le sort des femmes disparues ou assassinées.

Une trentaine de chefs sont réunis à Val-d’Or toute la journée, dont le Grand chef cri Matthew Coon Come, le chef algonquin de Pikogan et le chef de l’Assemblée des premières nations, Ghislain Picard.
Photo courtoisie, David Prince
Une trentaine de chefs sont réunis à Val-d’Or toute la journée, dont le Grand chef cri Matthew Coon Come, le chef algonquin de Pikogan et le chef de l’Assemblée des premières nations, Ghislain Picard.

 

Le Grand Chef Coon Come soutient que le chef de la SQ Martin Prud’homme a mis de l’huile sur le feu en déclarant mardi matin qu’il n’y avait pas de crise. «Je m’attendais à ce qu’il dise qu’il regrettait. Mais non, on a plutôt des policiers qui jouent à la victime. Les vraies victimes sont les trois femmes qui ont courageusement dénoncé des actes innommables dont elles ont été victimes», a-t-il dit.

Les chefs demandent aussi que des ressources soient mises dans les communautés afin de protéger les femmes.

«Il y a une brisure totale entre nos communautés et la SQ. Le lien de confiance est complètement rompu et on demande une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard», a dit le chef de l’Assemblée des premières nations, Ghislain Picard.

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