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Les tricheurs

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Il y a quelques jours, la Fédération québécoise des sports cyclistes annonçait un nouveau cas de dopage. Le cycliste Dominic Picard a avoué, après avoir échoué à un test antidopage inopiné l’été dernier, avoir consommé deux substances interdites, le clenbuterol et du tamoxifène.

Il y a quelques jours, la Fédération québécoise des sports cyclistes annonçait un nouveau cas de dopage. Le cycliste Dominic Picard a avoué, après avoir échoué à un test antidopage inopiné l’été dernier, avoir consommé deux substances interdites, le clenbuterol et du tamoxifène.

On ne parle pas ici d’avoir ingurgité de l’acétaminophène afin de soigner un mal de tête, mais bien de substances dangereuses. Certains pourraient penser qu’il a agi de la sorte afin d’obtenir un contrat professionnel dans le but de participer au Tour de France. Même pas!

Malgré la mise en garde, j’ai malheureusement attrapé au cours des dernières années plus d’une vingtaine de tricheurs.

Dominic Picard est un cycliste amateur qui participe (en fait, participait puisqu’il est suspendu de toute compétition jusqu’au printemps 2019) dans la catégorie des hommes âgés de 40 à 49 ans.

Vous avez bien lu: un cycliste du dimanche!

Ce cas vient malheureusement s’ajouter à celui d’autres cyclistes québécois pris par la patrouille au cours des dernières années, comme Arnaud Papillon et Miguel Agreda pour avoir consommé de l’EPO, William Goodfellow ou encore Benjamin Martel après avoir consommé de la testostérone provenant (l’histoire est savoureuse) d’une crème inconnue achetée à un camionneur dans le but de soigner un kyste aux foufounes.

Qu’est-ce qui motive des adultes courant sur le circuit régional à utiliser de tels produits nuisibles à leur santé? Quelle stupidité de leur part.

Le plaisir avant tout

Ayant moi-même participé à des compétitions cyclistes amateurs dans le passé, j’ai toujours pensé que le but de l’exercice consistait à dépasser ses propres limites, entouré de sa «gang».

Certes, il y avait un fort esprit de compétition entre nous et je n’étais pas le plus fort de l’équipe. Mais je prenais de la satisfaction à battre mon record personnel sur de longues montées abruptes et à partir en échappée pendant quelques kilomètres en m’imaginant dans la peau de mes héros Tom Boonen et Fabian Cancellara.

Voilà à mon avis le problème des tricheurs. Incapable de s’accomplir dans leur vie personnelle et professionnelle, le vélo est la seule façon pour eux d’obtenir la reconnaissance d’autrui, et ce, même si cela implique de tricher et de se pourrir le système avec des produits dangereux. Qu’à cela ne tienne!

Les autres m’applaudiront lorsque j’exhiberai sur le podium mon trophée en plastique ou ma médaille plaquée or et je sauterai de joie lorsque mes amis me diront que «je suis une machine». Tout simplement pathétique.

Un manque d’honneur

Ce désir maladif de reconnaissance est associé à un manque d’honneur chronique de ces gens qui est également perceptible chez plusieurs de mes étudiants. Au début de chaque semestre, je les préviens que je lirai avec grande attention tous leurs travaux et que tout individu qui aura fait du copier/coller sur le web sera sévèrement sanctionné pour son geste.

Malgré la mise en garde, j’ai malheureusement attrapé au cours des dernières années plus d’une vingtaine de tricheurs.

J’ai toujours été surpris par leur attitude lorsque je les convoquais dans mon bureau. Outre les pleurs interminables et la crainte de déplaire à leurs parents, aucun n’a admis avoir eu honte de son geste.

Malheureusement, le sens de l’honneur appartient dorénavant à une autre époque. Pour de nombreuses personnes, la capacité de se regarder dans le miroir en sachant s’être comporté de manière honnête n’a plus aucune importance.

Quelle tristesse.

 

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