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Martinique : un circuit sur les traces des Acadiens

Au pied de la montagne Pelée, Morne-Rouge, qui fut le site d’implantation des Acadiens au XVIIIe siècle.
Photo courtoisie, Paul Simier Au pied de la montagne Pelée, Morne-Rouge, qui fut le site d’implantation des Acadiens au XVIIIe siècle.

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La Martinique, qui fut aussi une terre de déportation d’Acadiens au XVIIIe siècle, proposera à compter de l’an prochain un circuit thématique intitulé Sur les traces des Acadiens.

Ce circuit est entrain de voir le jour à l’initiative des responsables du Parc naturel régional de la Martinique, organisme qui intervient sur la presque totalité de l’île. L’épopée des Acadiens en Martinique fait d’ores et déjà l’objet d’une salle au sein de l’écomusée situé au Domaine d’Émeraude.

Ce superbe domaine, qui se définit comme un «site d’exploration de la nature», abrite, outre l’écomusée, un jardin botanique, un jardin de plantes médicinales, un sentier de découverte de la forêt tropicale et des serres de réhabilitation d’espèces florales.

Situé à Morne-Rouge, le Domaine d’Émeraude est délimité par la rivière aux abords de laquelle furent cantonnés les migrants, soit en premier lieu des Acadiens, mais également des Alsaciens.

Les dirigeants du Parc naturel régional de la Martinique ont confié à Vincent Huyghes-Belrose la recherche concernant les Acadiens. L’historien a ainsi déterminé que 399 Acadiens, déportés par les Anglais, se trouvaient en Martinique en 1766.

Aux extrémités sur la photo, Antoine Omère et Jessica Marie, de Tourisme Martinique à Montréal, et de gauche à droite : Vincent Huyghes-Belrose, chargé de projets d’animation, et Murielle Thermed Giboyau, chargée de communications au Parc naturel régional de la Martinique, André-Carl Vachon, écrivain québécois.
Photo courtoisie, Paul Simier
Aux extrémités sur la photo, Antoine Omère et Jessica Marie, de Tourisme Martinique à Montréal, et de gauche à droite : Vincent Huyghes-Belrose, chargé de projets d’animation, et Murielle Thermed Giboyau, chargée de communications au Parc naturel régional de la Martinique, André-Carl Vachon, écrivain québécois.

Ce secteur du nord de l’île, non loin de la montagne Pelée, était alors envahi par la nature et inhabité. De ces nouveaux arrivants, on attendait qu’ils défrichent et mettent en valeur les lieux. Arrivés par le port de Saint-Pierre, qui était à cette époque la capitale économique de la Martinique, les Acadiens furent conduits vers le secteur qui devait devenir plus tard Morne-Rouge par Le Carbet, avant de gravir les mornes par Fonds-Saint-Denis vers l’intérieur de l’île.

Le circuit historique, que l’on pourra parcourir en totalité dans un an se fera donc en premier lieu en auto, puis à pied par des sentiers de randonnée. Les employés du Parc naturel régional s’emploient actuellement à défricher les «traces» empruntées jadis par les Acadiens, soit des sentiers qui, ayant perdu de leur utilité, ont été envahis par la nature, particulièrement luxuriante dans ce secteur de l’île.

Les autorités du Parc naturel régional ont l’intention de dresser une stèle à la mémoire des Acadiens déportés à Morne-Rouge, au lieu-dit Champflore, non loin donc du Domaine d’Émeraude.

De la Martinique au Québec

Que sont devenus les Acadiens installés en Martinique? Se sont-ils fondus dans la population créole? Sont-ils repartis les uns pour la Louisiane, les autres pour la Guyane? Pas tous, en tout cas, conclut André-Carl Vachon, un Québécois passionné de généalogie.

Ses recherches lui permettent en effet d’affirmer qu’en 1772 le brigantin Pitt, arrivant de la Martinique, a transporté 11 Acadiens au Québec. Ces derniers portaient les patronymes de Girouard, Gaudette, Hébert et, enfin des Béranger, qui figurent parmi les ancêtres de M. Vachon. Ceux-ci s’étaient mariés en Martinique.

André-Carl Vachon est l’auteur de l’ouvrage intitulé Les déportations des Acadiens et leur arrivée au Québec. Dernièrement, à Montréal, il a fait la connaissance de Vincent Huyghes-Belrose et de Murielle Thermed Giboyau. Les liens se sont tissés et leurs recherches vont désormais les enrichir de façon réciproque.

Un projet de voyage thématique acadien est actuellement à l’étude en vue d’une réalisation au printemps prochain. Un groupe de plusieurs dizaines d’Acadiens du Québec, du Nouveau-Brunswick et d’ailleurs pourraient ainsi se retrouver sur les lieux où furent déportés plusieurs centaines de leurs ancêtres en Martinique.

REPÈRES

  • Le manque de concurrence une bonne partie de l’année explique les tarifs élevés (et même prohibitifs) des billets d’avion.
  • À part les forfaits conventionnels des voyagistes, plusieurs types de séjours thématiques permettent de découvrir la nature et la culture de la Martinique.
  • Le Parc naturel régional de la Martinique gère plusieurs territoires répartis à travers toute l’île. Info : www.pnr-martinique.com
  • Le magnifique Domaine d’Émeraude, à Morne-Rouge, dans le nord de l’île, abrite un écomusée où l’on présente l’épopée des Acadiens en Martinique.
  • Le Québécois André-Carl Vachon, auteur de Les déportations des Acadiens et leur arrivée au Québec, est Acadien de souche. Deux de ses aïeux se sont mariés en Martinique où ils avaient été déportés.
  • Info : www.martinique.org ou tél. (514) 844-8566.