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VIN-DREDI !!! Autour d'une bouteille - Élyse Lambert, prochaine Meilleur Sommelier du Monde ?

VIN-DREDI !!! Autour d'une bouteille - Élyse Lambert, prochaine Meilleur Sommelier du Monde ?

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À 26 semaines du Concours A.S.I. du Meilleur Sommelier du Monde qui se tiendra à Mendoza, en Argentine, Élyse Lambert m’est apparue comme un soldat d’élite préparant soigneusement son attaque.

À la veille de son départ pour l’Autriche en compagnie d’Alain Bélanger, l’un de ses coachs pour la partie autrichienne et allemande du vin, elle me reçoit chez elle. Pas une valise qui traîne. Des bouquins, dans lesquels elle passe au moins trois heures par jour, sont pêle-mêle sur la table de cuisine où est posé son ordi. Une machine à laver termine son cycle en guise de bruit de fond. Pas le temps de placer un mot qu’elle me propose déjà un verre de Chablis.

Rencontre autour d’une bouteille avec notre prochain espoir de Meilleur Sommelier du Monde

 

Son parcours

Formation en gestion hôtelière à l’ITHQ suivie d’une spécialisation en sommellerie à l’École Hôtelière des Laurentides avec Jacques Orhon. Elle effectue un stage à l’Auberge Hatley où elle fait la rencontre de Ghislain Caron, autre sommelier émérite qui s’entraîne alors pour le concours du Meilleur sommelier du Québec avec Patrice Tanguy. « On partageait un petit chalet plus bas de l’Auberge, vers le lac. Tous les soirs on s'y retrouvait et on goûtait. C’est là que tout a déboulé! »

Elle passe du temps à L’Eau à la Bouche dans les Laurentides et le restaurant XO de l’Hôtel St-James à Montréal avant de s’établir au restaurant Le Local dans le Vieux-Montréal durant cinq ans. Suivront deux ans avec l’équipe de sommellerie de Maison Boulud au prestigieux Ritz Carlton de Montréal avant d’entreprendre ses activités de consultation, notamment pour le groupe des Enfants Terribles et, plus particulièrement le tout nouveau resto Soubois dans le centre-ville de la Métropole.

Au printemps de cette année, le Court of Master Sommeliers a invité Élyse à joindre son programme pour obtenir le titre prestigieux de Master Sommelier (MS), un club sélect de 227 personnes dans le monde. C’est la 4e au Canada et la première Québécoise à décrocher un tel titre.

Malgré cette avalanche d’honneurs, Élyse s’empresse de nuancer : « C’est bien beau les concours, mais il ne faut jamais oublier notre mission première: être au service des gens. Plus que tout, ce qui me fait triper, c’est de faire voyager les gens avec un verre de vin, de les rendre heureux ». C’est ce qui explique d’ailleurs pourquoi elle a choisi de bosser tous les vendredis au Graziella, rue McGill, dans le Vieux-Montréal. « J’avais envie de retrouver mes clients. Il me faut garder la main en salle pour le concours. Et c’est l’endroit parfait pour parfaire mes connaissances des vins italiens. »

 

Son dernier ajout sur la carte

« Un bourgogne blanc de Camille Giroux (autour de 90$ sur la carte du Soubois). Giroux, c’est de la haute-couture, la représentation parfaite selon moi de ce que devrait être le négoce bourguignon ». La sommelière s’excite au fur et à mesure que les vins défilent dans sa tête: « Il y'a aussi le Givry rouge vieilles vignes 2012 de Ragot (67$ sur la carte du Soubois) et l’Etna Rosso de Terre Nere (lui aussi 67$) que j’adore. Les deux sont des vins de grande personnalité » Parlant du vin sicilien: « Ce n’est pas toujours évident pour les consommateurs qui ne connaissent pas tout, et c’est là qu’on intervient comme sommelier. Comme l’Etna Rosso, à base de nerello mascalese et nerello cappuccio, un intéressant croisement, un vin à mi-chemin entre le nebbiolo et le pinot noir. Un vin confortable. Etna, c’est ma région favorite en ce moment! »

 

Le dernier accord mets et vins surprenant

« Mon dernier accord trippant... Hummm.... Y’en a trop! Ah oui! Au Toqué! Carl Villeneuve, m’a fait goûter un blanc des Iles Canarie avec une tombée de champignons. Malade! »

 

Son coup de gueule

« Les vins naturels. Les barbes. Les chemises carreautées. Je ne suis plus capable! Les sommeliers qui commandent des vins pour leur gueule plutôt que pour leurs clients, ça devrait être interdit. Après, on fait passer le client pour ignare. Ce n’est pas ça le vin. Quand tu achètes pour un resto, quand tu montes une carte, au-delà de la philosophie, il faut penser au client. Il y a trop de monde qui fait n’importe quoi! »

 

Si tu avais à faire du vin, ce serait où?

« Bonne question! J’hésite entre Meursault ou Puligny-Montrachet. Ou dans le Piémont. En fait, probablement dans le Piémont. Le nebbiolo, c’est mon cépage. Je m’y associe beaucoup. C’est un cépage de caractère. Et puis, c’est le paradis de la truffe, des noisettes et de la gastronomie. C’est capotant! Je serais probablement énorme, poursuit-elle en rigolant, mais ça reste un bon compromis. Juste une petite parcelle à côté d’Angelo Gaja. On peut bien rêver, non?! »

 

Sa grande émotion

Élyse me regarde avec un sourire qui s’étire. « Je pense que j’ai encore les bouteilles ». Elle disparaît un instant pour revenir avec deux flacons vides. Un Vosne 2005 de Leroy et un Meursault 2006 de Coche-Dury, deux producteurs mythiques de Bourgogne. Un pari avec un ami si elle décrochait le titre de Meilleur sommelier du Canada. « J’ai l’impression que ma vie a changé depuis. Rien n’est plus pareil. C’est grand. Sans compromis. Des vins d’émotion. Des moments uniques. C’est pour cette raison que je suis dans l’industrie. »

 

Pour rencontrer Élyse

 

Soubois - 1106, boul. de Maisonneuve O., Montréal, 514 564-3672

Graziella - 116, rue McGill, Montréal, 514 876-0116