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Les maisons historiques du boulevard Gouin

1974 - Datation de la photo de la maison Andegrave

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Avant Après
Photo Courtoisie de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord.
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

 

La maison Andegrave, 1741-1742

Photo Courtoisie de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord.

L’histoire du boulevard Gouin, qui longe la rivière des Prairies sur presque 50 km, remonte à la Nouvelle-France. Entourée d’arbres, la splendide maison Andegrave (5460, boulevard Gouin Est) en est un parfait exemple. Pour construire cette demeure en pierre des champs pour le cultivateur Pierre Andegrave en 1741 et 1742, le maître maçon Pierre Hallé reçut une somme de 60 livres et... quatre bœufs! La porte principale de cette maison de ferme au plan presque carré typique, invisible sur la photo, donnait alors sur les champs à l’arrière. Malgré la succession des propriétaires après 1835, la résidence a gardé ses caractéristiques du 18e siècle. En 1969, la vénérable maison en pierres a été sauvée de la démolition par le couple Drouin-Xénos qui l’a achetée, l’a fait classer «monument historique» en 1970 et l’a restaurée en respectant ses attri­buts centenaires. On y trouve toujours un antique four à pain au sous-sol! Considérée comme l’une des plus anciennes maisons de ferme de l’île de Montréal, elle sert toujours de résidence en 2015.

 

La maison Brignon dit Lapierre, 1770

Maison Brignon dit Lapierre, vers 1930, 4251 boulevard Gouin Est
Photo Courtoisie de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord.
Maison Brignon dit Lapierre, vers 1930, 4251 boulevard Gouin Est

Fait curieux, cette maison ne porte pas le nom du maçon et cultivateur, Pierre Guilbault, qui l’a élevée de ses mains vers 1770, mais le patronyme de Luc Brignon dit Lapierre, qui l’a acquise en 1814 par acte de donation. Comme le voulait la coutume, Luc Brignon dit Lapierre devait en échange héberger le dernier propriétaire, Ambroise Cazal, aménageant pour lui la section sud-ouest de la maison en logement indépendant. Pendant les 100 années suivantes, le duplex a été légué de père en fils, les deux générations vivant souvent côte à côte, révélant ainsi l’attachement profond des Brignon dit Lapierre à cette demeure à laquelle ils laisseront leur nom. Après 1912, les propriétaires se sont succédé au 4251, boulevard Gouin Est. En 1987, la Ville en a fait l’acquisition. À la deman­de de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord, la maison a été classée «monument historique» en 2007. Récemment restaurée, elle accueille des spectacles et des événements, notamment pour le 100e anniversaire de l’arrondissement de Montréal-Nord en 2015.

 

La maison Alphonse Pigeon, 1900

Maison Alphonse Pigeon (Club social), Banque Canadienne Nationale en 1941, 4898 boulevard Gouin Est
Photo Courtoisie de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord.
Maison Alphonse Pigeon (Club social), Banque Canadienne Nationale en 1941, 4898 boulevard Gouin Est

À travers les feuillages apparaît l’imposante demeure victorienne du 4898, boulevard Gouin Est, construite en 1900 pour Alphonse Pigeon. Ce cultivateur prospère voyait la petite bourgade agricole animée par la villégiature estivale se développer peu à peu. Dès 1908, le tramway s’arrêtait près de sa demeure, à l’intersection de Gouin et de la 1re Avenue (maintenant avenue Pigeon). Son fils, Arthur, fonda en 1914 la première grande industrie de Montréal-Nord, Pigeon & Drapeau, vouée à la transformation du bois.

Avec la création de la Ville de Montréal-Nord en 1915, la croissance économique amena la banque d’Hochelaga (devenue la Banque Canadienne Nationale en 1925) à louer des bureaux dans cette maison entre 1919 et 1945. Une vingtaine d’années après le décès de son père, Arthur vendit la demeu­re à J. Osias Lussier, cordonnier, en 1947. Des activités commerciales, mais aussi communautaires ont eu pignon sur rue au 4898 avec l’arrivée des Chevaliers de Colomb et du Club social de Montréal-Nord en 1965. Mais les temps changent, la demeure, récemment mise en vente, est à la recherche d’une nouvelle vocation...

 

Pour en savoir plus, consultez le «Parcours des maisons patrimoniales» du boulevard Gouin élaboré par la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord à l’occasion du 100e anniversaire de Montréal-Nord en 2015.

 

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