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Un grand colloque consacré aux intérêts du Québec le 7 novembre

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Les intérêts du Québec étaient absents de la dernière campagne fédérale. C’était assez fascinant. On y traitait ouvertement le Québec comme une province sur dix. Au mieux, chacun prétendait représenter mieux que les autres les valeurs des Québécois. Le NPD expliquait qu’il était le meilleur représentant des valeurs progressistes des Québécois. Le PLC disait la même chose et prétendait les installer au gouvernement. Quant au Parti conservateur, il expliquait que les vraies valeurs des Québécois étaient conservatrices et qu’il en était le vrai défenseur. Mais la question des intérêts du Québec a été occultée - on parlera si on préfère de la question du pouvoir québécois et des revendications historiques du Québec. Les électeurs québécois étaient considérés comme des électeurs canadiens parmi d’autres.

Comment en sommes-nous arrivés là? Comment la vision québécoise du Québécois a-t-elle pu se dissoudre aussi aisément, ces dernières années? Est-ce que le Québec est la seule nation à ne pas avoir d’intérêts fondamentaux, d’intérêts vitaux, d’intérêts nationaux? Cela n’a bien évidemment aucun sens. Mais il faut sortir du présent perpétuel pour les apercevoir et les comprendre. Le 7 novembre, à Montréal, à l’Hôtel des Gouverneurs de la Place Dupuis, l’Institut de recherche sur le Québec, auquel je suis intimement associé depuis plusieurs années, organisera son grand colloque annuel autour des intérêts du Québec*. Il cherchera à les penser à la lumière de l’histoire – est-il même possible de se passer de sa lumière lorsqu’on veut vraiment comprendre la vie politique d’un peuple?

L’objectif : repérer les intérêts du Québec au fil du temps et voir comment ils évoluent. Le premier panel du colloque cherchera à voir comment le gouvernement du Québec lui-même a défini les intérêts du Québec depuis la Révolution tranquille. Y a-t-il de grandes constantes au fil des décennies? Le deuxième posera cette question du point de vue des partis politiques. Comment les grands partis ont défini les intérêts du Québec? Se sont-ils, au fil des décennies, montrés de plus en plus exigeants? Inversement, en ont-ils proposé une définition toujours plus minimaliste?  Y a-t-il eu des ruptures majeures dans leur vision du Québec, au fil du temps? Un troisième panel se questionnera sur les rapports entre la société civile et la question nationale. Qui seront les intervenants? Il y aura Patrick Taillon, Guillaume Rousseau, Michel Sara-Bournet, Antoine Robitaille, Claudette Carbonneau, Charles-Philippe Courtois, Tania Longpré et moi-même.

Une table-ronde complètera cette journée de réflexion pour voir comment se posent les intérêts du Québec aujourd’hui. N’est-ce pas la question fondamentale pour ceux qui ont la cité à cœur: où en sommes-nous? Même si nous avons la tête pleine de souvenirs, il ne faut pas être aveugle à la réalité du présent. C’est le propre de l’intelligence politique que de bien décoder l’époque et de voir quelles sont les possibilités qu’elle recèle. Alors que les nationalistes québécois se demandent ce qu’ils peuvent raisonnablement espérer dans un contexte qui semble souvent jouer contre eux, au point même où les Québécois deviennent indifférents à ce qu’ils croyaient autrefois sacré, ce colloque contribuera à renouveler leur lecture des intérêts fondamentaux de notre peuple, à un moment où la tentation de l’indifférence nous menace directement.

* Pour s'inscrire, c'est ici.