/news/currentevents
Navigation

Parents Inc. ou quand le hockey prend toute la place

Le réalisateur Louis Bolduc et le producteur Vincent Gourd souhaitent que leur film fasse prendre conscience aux parents que le hockey n’est qu’un jeu.
Photo david prince Le réalisateur Louis Bolduc et le producteur Vincent Gourd souhaitent que leur film fasse prendre conscience aux parents que le hockey n’est qu’un jeu.

Coup d'oeil sur cet article

ROUYN-NORANDA | Des parents qui se battent dans les estrades, un gardien de 8 ans qui pleure parce que son père l’ignore après un mauvais but. Le documentaire Parents Inc. met en lumière la dérive parentale au hockey mineur.

«Papa arrête! Aide-moi! Regarde-moi papa. Tu ne m’aides pas, tu ne fais rien», a dit en pleurs pendant un match où un micro avait été fixé à son masque le petit Zack Tremblay, qui garde les buts dans une équipe de hockey atome.

Lui et son père, Frédéric Tremblay, ont l’habitude de parler par geste pendant les matchs. Mais lors d’une partie où l’enfant venait d’accorder quelques buts, son père l’a complètement ignoré et l’enfant s’est mis à pleurer en le suppliant de le regarder.

Après la partie, le petit Zack a affirmé que les gestes d’encouragement de son père lui redonnent du courage et qu’il en aurait eu besoin lors de cette partie difficile.

Le documentaire-choc présente plusieurs exemples de parents qui veulent la réussite de leur enfant au point de parfois perdre de vue qu’il s’agit d’un jeu.

«C’est un phénomène que tous les parents d’enfants qui jouent au hockey voient dans les arénas. On présente des parents qui ont un plan pour leur enfant et font ce qu’il pense être juste pour qu’ils y arrivent. Mais il y a aussi des parents plus réalistes dans le film», a dit le réalisateur Louis Bolduc.

Sacrifices

À sa première année pee-wee, Mathieu Roy a réussi l’exploit de s’aligner pour une équipe pee-wee AAA de la région du Lac-Saint-Louis, mais il y a mis les sacrifices.

Son père Jean-Yves Roy est un préparateur physique d’athlètes d’élite et il supervise quotidiennement l’entraînement de son fils. «C’est 12 mois par année. Si on va dans le Sud, on va emmener un bâton pour qu’il puisse faire des lancers», a-t-il donné en exemple.

L’enfant a débuté la musculation dès l’âge de 5 ans. Il fait au moins 300 lancers par jour dans la cour de la résidence familiale. Est-ce que tu aimes faire de la musculation, a demandé le réalisateur du film, Louis Bolduc. «Non, mais je le fais pour être bon», a répondu Mathieu Roy.

Expulsé

Ron Guarda crie beaucoup pendant les matchs de son fils Juliana, qui s’aligne pour une équipe bantam. Il a déjà été expulsé de l’aréna après avoir été au centre d’une échauffourée dans les estrades.

Selon lui, tous les entraîneurs que son fils a eus depuis le niveau atome n’étaient pas qualifiés pour s’occuper de son fils. Une fois, il a même retiré son garçon de la glace pendant une pratique parce qu’il était en désaccord avec l’entraîneur.

Vivre son rêve à travers ses enfants

Le documentaire Parents Inc., présenté lors du 34e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue met en scène plusieurs parents qui rêvent de la Ligue nationale pour leur enfant. Pourtant, une infime minorité y arriveront.

Selon Joël Bouchard, qui est très impliqué avec l’Armada de Blainville-Boisbriand et qui gère une académie de hockey, plusieurs parents veulent trop s’impliquer, mais sont incapables d’être objectifs quand il est question de leur enfant.

Selon lui, trop de parents vivent leur rêve à travers leurs enfants. «Si le jeune a ce qu’il faut pour passer chez les professionnels, il va trouver le moyen d’y arriver», a-t-il dit.

Pas de parent

Le documentaire compare la philosophie du hockey où les parents sont omniprésents avec celle de l’Académie de l’Impact au soccer où l’on a exclu tous les parents des pratiques et des matchs.

«Je pense que l’important à retenir, c’est de donner le goût du jeu à son enfant. Depuis que l’on a fait ce film, je ne donne même plus de conseil à mon enfant quand je vais le porter à son match. Je fais juste lui dire de s’amuser», a raconté le producteur du film, Vincent Gourd.

Cher

Le documentaire présente aussi le cas d’une famille modeste dont une bonne partie du revenu familial passe à acheter des équipements de hockey.

D’autres, comme Frédéric Tremblay aime gâter son fils de 8 ans. Il vient de lui acheter un troisième masque de gardien de but aux couleurs de son équipe au coût de 1400$ chacun.

Ce qu’ils ont dit

« D’avoir un entraînement aussi complet, c’est de lui laisser la chance d’atteindre son rêve » –Jean-Yves Roy

« Il y a environ 3000 photos de mon fils Jaden sur ma page Facebook» – Ashley Kane

« J’ai commencé à recevoir des insultes des parents dès que j’ai commencé à arbitrer au niveau atome » – Stéphane Auger

«J’ai coaché atome BB et à la fin de l’année, j’étais tanné de certains parents. J’ai décidé de continuer l’année suivante parce que je me suis dit que si je ne le faisais pas, ce serait ces parents-là qui entraîneraient les enfants» -Mathieu Darche

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.