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Haïti, un secret bien gardé

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Haïti apparaît rarement en tête de liste des rêves de vacances des voyageurs. Pour les plus aventuriers qui arrivent à mettre de côté le climat politique, la pauvreté et les défis sociaux du pays, l’expérience touristique haïtienne vaut le coup.

D’entrée de jeu, je dois préciser que la vie a bel et bien repris son cours depuis le tremblement de terre en 2010 et que la reconstruction va bon train. Le souvenir du séisme est encore bien présent et il reste du travail à faire, mais on voit ­clairement que les efforts des dernières années ont porté fruit.

Quoique la capitale Port-au-Prince ait beaucoup à offrir sur le plan culturel, nous avons mis le cap vers le département du Sud pour mieux prendre la ­mesure de l’hospitalité des gens du pays.

Enthousiasme en banque, c’est sans ­savoir ce qui nous attendait que nous avons pris la route.

La géographie diversifiée du pays n’a cessé de nous surprendre tout au long du périple. En plus des majestueux panoramas qui apparaissaient au détour d’un virage et des montagnes qui se succédaient, la mer des Caraïbes ajoutait une dimension paradisiaque au voyage. Du coup, le trajet est devenu partie intégrante de la découverte et nul besoin d’attendre d’être à destination pour commencer à accumuler les souvenirs.

Les paysages spectaculaires ne sont pas l’unique motif incitant à rester alerte. Loin des nids-de-poule qu’on a appris à repérer facilement ici, c’est plutôt les dos d’âne qui freinent les ardeurs des conducteurs en Haïti. En fait, les dos d’âne comme stratégie pour contrôler la vitesse des gens sont efficaces à un point tel que les Haïtiens les ont même surnommés «policiers couchés».

Route sinueuse

En raison de la route sinueuse, il faut prévoir environ 3 heures et demie pour parcourir les 225 km séparant Port-au-Prince de Port-Salut. Si la durée peut sembler longue pour une distance relativement courte, elle est surtout ­calculée en fonction de l’état des routes haïtiennes qui sont beaucoup plus étroites que celles du Canada ainsi que de nombreux villages à traverser pour se rendre à bon port. D’ailleurs, ce ­parcours passe par Petit-Goâve, la ­localité qui a vu grandir l’écrivain Dany Laferrière.

Recommandé par des amis et à proximité de la mer, le Reposoir du village a su nous charmer dès notre arrivée. Cet hôtel d’environ une vingtaine de chambres a un emplacement de rêve en étant à quelques pas de la plage, ce qui nous a permis d’être bercés par le bruit des vagues, la nuit tombée, et de déguster les jus de fruits fraîchement pressés, le regard perdu à l’horizon.

À l’écart du circuit du tourisme de ­masse, les hôteliers ne se plient pas ­nécessairement aux conventions. Le prix d’une nuitée à l’hôtel varie donc en ­fonction du nombre de personnes qui ­occuperont la chambre. Ainsi, le prix à ­débourser pour un couple qui partagera sa chambre d’hôtel sera plus élevé que pour une personne seule qui occuperait la même chambre. Malgré cette ­tarification originale, le prix d’une ­nuitée reste convenable.

Grotte Marie-Jeanne

Les multiples montagnes du pays renferment quantité de trésors tels que la grotte Marie-Jeanne. S’aventurer dans une excavation en Haïti, qui a connu son lot de catastrophes naturelles, demande certainement un brin de témérité, toutefois, le guide nous a assuré que le risque n’est pas plus grand qu’ailleurs sur l’île, pourvu qu’en cas de séisme, l’épicentre soit à plus de 10 kilomètres de la grotte.

Contrairement aux attentes, pour accéder à la grotte, il a d’abord fallu gravir un sentier pour se rendre au sommet de la montagne qui surplombe Port-à-Piment. Pour agrémenter cette montée, c’est avec passion que le guide a raconté l’histoire de la grotte et de la localité. La légende veut que la grotte Marie-Jeanne ait été nommée ainsi en mémoire de Marie-Jeanne Lamartinière, une personnalité associée à la Révolution haïtienne qui ­aurait élu domicile dans cette cavité ­terrestre au début du XIXe siècle.

S’étendant sur plus de quatre kilomètres et couvrant trois niveaux, la grotte abrite de nombreuses merveilles qui ne demandent qu’à être découvertes, notamment un jardin intérieur et une chambre appelée la cathédrale de Marie-Jeanne.

Encore en développement pour ce qui touche aux infrastructures, mais prête à accueillir les visiteurs, il suffit de débourser 100 gourdes par personne (2,50 $) pour une visite guidée de la grotte de plus d’une heure.

Tout compte fait, l’authenticité de ­l’expérience et ses paysages sublimes font d’Haïti une destination des plus intéressantes pour ceux qui s’en donnent la ­peine.


Photo courtoisie

Pascale Castonguay a pris goût aux voyages en parcourant le Canada de Whitehorse, Yukon, à Corner Brook, Terre-Neuve. Maintenant âgée de 30 ans, elle a élargi ses horizons touristiques aux États-Unis ainsi qu’à la France, l’Italie, la Corée du Sud, la Jamaïque et Haïti. De nombreuses destinations figurent toujours à son calendrier de voyage, dont la République démocratique du Congo.