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La version des victimes ne sera pas contestée par les Clercs

Les 150 malentendants qui auraient été abusés obtiendront 20 millions$

manifestation prêtre pédophile
Photo Le Journal de Montréal, MÉLANIE BERGERON

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En plus de recevoir 20 millions $, 150 sourds qui auraient été victimes de sévices sexuels pendant 42 ans ne verront pas leur version contestée lorsque viendra le temps d’évaluer les dommages subis par chacun d’entre eux.

«C’était très important pour les victimes, a expliqué Me Robert Kugler, qui les représente. Il y aura les victimes et l’adjudicateur [arbitre].»

Rappelons que les Clercs de Saint-Viateur ont accepté jeudi une entente de principe les forçant à verser ces millions aux victimes qui auraient été agressées entre 1940 et 1982.

Comme chaque cas est différent, un adjudicateur évaluera quelle somme chaque victime doit recevoir. Or, ce processus peut s’avérer extrêmement difficile pour les victimes, qui doivent raconter en détail les sévices subis.

Dans un autre recours collectif, celui-là contre les frères de Sainte-Croix, en 2013, des victimes s’étaient plaintes du processus qu’elles qualifiaient de «sadique», puisque les défendeurs contestaient les dommages subis.

Mais ce ne sera pas le cas pour les sourds qui auraient été victimes des Clercs de Saint-Viateur, a assuré Gilles Read, directeur général du Centre de la communauté sourde du Montréal métropolitain.

Solvabilité

Par ailleurs, même si le groupe religieux a fait savoir qu’il devra faire «d’importants sacrifices financiers afin de verser les sommes convenues», M. Read croit que les Clercs ne sont pas à plaindre.

«Selon moi, ils ont de l’argent. On sait qu’ils ont des moyens», a-t-il dit, soutenant qu’ils possédaient environ 60 millions $ en placements pour les retraites de leurs membres.

Et selon les registres fonciers, leurs immeubles à Outremont et Joliette valent à eux seuls près de 17 millions $.

Demi-victoire

Malgré cette entente de principe après un chemin «parsemé d’obstacles», selon M. Read, tout n’est pas terminé.

Car si les Clercs ont accepté de régler le recours collectif, ce n’est pas le cas de l’Institut Raymond-Dewar (IRD), qui fait maintenant partie du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

«À moins qu’il y ait un règlement [avec l’IRD], les victimes devront témoigner», rappelle Carlo Tarini, de l’Association des victimes de prêtres, qui parle de «semi-victoire».

Il assure d’ailleurs que les victimes se tiendront debout ensemble.

«Il y a une solidarité entre les victimes. Certaines d’entre elles se sentent ainsi plus fortes», a-t-il assuré.

 

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