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La police défonce la mauvaise porte

Mais la Ville de Montréal refuse de dédommager la propriétaire du logement visé par erreur

<b>Emilia Zarife</b><br />
Propriétaire
Photo Le Journal de Montréal, Stéphan Dussault Emilia Zarife
Propriétaire

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La police de Montréal devait intervenir au 6381, mais s’est rendue au 6183, défonçant par erreur une porte et causant 3700 $ de dommages. Après une réflexion de six mois, la Ville vient de refuser de payer.

«C’est incroyable! C’est moi la victime et c’est moi qui paie à cause de la Ville qui s’est traînée les pieds», lance Emilia Zarife.

La résidente de Montréal est en colère contre la Ville de Montréal, qui l’a fait poireauter plus de six mois avant de lui annoncer qu’elle ne rembourserait pas la porte défoncée par erreur par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en août 2014.

Quatre policiers de l’arrondissement d’Anjou s’étaient rendus à la mauvaise adresse à la suite d’un appel au 911 pour une histoire de violence conjugale, selon nos informations.

La conséquence du délai est énorme puisqu’un juge vient de rejeter la demande de remboursement de Mme Zarife, qui avait justement six mois pour déposer un recours devant les tribunaux.

Fait exprès

L’immeuble d’Emilia Zarife, où les policiers ont défoncé la porte par erreur.
Photo Le Journal de Montréal, Stéphan Dussault
L’immeuble d’Emilia Zarife, où les policiers ont défoncé la porte par erreur.

«Ils ont laissé traîner ça pendant six mois et 19 jours, juste pour se rendre à la fin des délais, pour ne pas me payer, rage la citoyenne. Je me suis pourtant rendue à l’arrondissement d’Anjou dès le lendemain pour faire une demande écrite de remboursement. Puis j’ai appelé tous les mois pour savoir où ça en était.»

«Il n’y a aucun agenda caché dans le traitement du dossier de réclamation», nous a dit la Ville par courriel.

N° 6381 bonne porte<br />
Là où les agents avaient vraiment été appelés à intervenir.
Photo Le Journal de Montréal, Stéphan Dussault
N° 6381 bonne porte
Là où les agents avaient vraiment été appelés à intervenir.

L’auteur de l’appel au 911 est celui qui aurait fourni la mauvaise adresse, et c’est pourquoi la Ville estime que ce n’est pas son problème. Mais encore là, Mme Zarife soutient que la Ville ne lui a parlé de l’auteur de l’erreur que six mois plus tard.

Le remplacement de la porte lui a coûté pas moins de 3700 $. En fait, il était impossible de trouver une nouvelle porte identique, alors le montant demandé inclut le remplacement des deux portes côte à côte de son triplex.

Mme Zarife n’était même pas chez elle le 19 août 2014 à 16 h quand les quatre policiers y sont intervenus par erreur.

Ils ont démoli la porte menant à deux logements et s’apprêtaient à cogner au 6183 quand un autre appel a informé les policiers qu’ils devaient plutôt intervenir au 6381, ce qui a sauvé une seconde porte d’une destruction certaine.

Pas assez

La porte fracassée qu’elle a dû remplacer à ses frais.
Photo courtoisie
La porte fracassée qu’elle a dû remplacer à ses frais.

Par la suite, Emilia Zarife a eu beau faire une demande écrite de remboursement, puis appeler sans relâche le service juridique de la Ville, le juge Vincenzo Piazza lui a donné tort le 7 octobre dernier.

Il a déclaré qu’elle n’aurait pas dû attendre le refus de la Ville avant d’inscrire sa cause aux petites créances. «Rien n’empêchait madame Zarife d’introduire son recours avant l’expiration du délai de six mois», a écrit le magistrat.

La Ville assure qu’elle a informé la citoyenne des délais possibles et de ses recours.

 

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