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Le conte de fées d'une école défavorisée

Malgré ses 27% d'élèves en difficulté, un établissement du Bas-Saint-Laurent a réussi à se hisser dans le top 10

Le conte de fées d'une école défavorisée
Photo Le Journal de Québec, Daphnée Dion-Viens

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En cinq ans seulement, l’école secondaire Vallées-des-Lacs, dans le Bas Saint-Laurent, a réussi tout un exploit : la performance de cette école s’est tellement améliorée qu’elle se hisse désormais dans le top 10 des meilleures écoles publiques de la province, un véritable tour de force pour cette petite école située en milieu défavorisé, où aucun élève n’est sélectionné.

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Dans la petite ville de Saint-Michel-du-Squatec, qui compte un peu moins de 2000 âmes, les élèves du primaire et du secondaire franchissent les mêmes portes vitrées chaque matin. La directrice, Valérie Trudeau, parle affectueusement de ses élèves qu’elle suit de la première année à la cinquième secondaire.

«Moi, mes ti-pits qui en arrachent en première secondaire, je les connais depuis le primaire», lance-t-elle.

La recette du succès

Avec 27% d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), l’école secondaire de la Vallées-des-Lacs a tout de même réussi à diplômer sa vingtaine d’élèves de cinquième secondaire l’an dernier. «J’avais un échec et mon petit bonhomme a réussi son examen de reprise», lance fièrement Mme Trudeau.

La recette de ce succès se décline en quelques mots, ajoute-t-elle : la proximité et le service individualisé. «On a la chance de pouvoir le faire», dit-elle, puisque l’école secondaire compte seulement une centaine d’élèves.

Tous les élèves ont un tuteur qui appelle régulièrement à la maison. Les enseignants et les professionnels de l’école se rencontrent à chaque deux semaines pour discuter des difficultés de certains élèves afin d’échanger sur leurs stratégies d’intervention.

Plusieurs jeunes ont aussi deux périodes de récupération inscrites à leur horaire, en plus de ce qui est disponible sur l’heure du midi.

«Depuis que je suis arrivée ici il y a trois ans, des décrocheurs, je n’en ai pas eu, lance Mme Trudeau. Dès qu’on a un élève qui glisse, on met beaucoup d’efforts autour de lui. On travaille avec les parents, on propose des alternatives, on modifie son horaire au besoin.»

Des profs qui aident d’autres profs

Le succès des élèves reposent aussi en grande partie sur le travail des enseignants, ajoute Mme Trudeau. « J’ai des profs qui s’investissent dans leur formation professionnelle, qui ont d’excellentes stratégies d’enseignement et on travaille en équipe. Ça compte beaucoup», lance celle que tout le monde appelle Valérie, y compris les parents.

Après tout, l’enseignement est au coeur des apprentissages, rappelle-t-elle : «Au hockey, qu’est-ce que tu fais quand ça ne marche pas? Tu reviens aux jeux de base.»

Depuis environ cinq ans, des mesures «d’appui pédagogique» ont aussi été mises en place. Des enseignants sont libérés pour aller épauler des collègues dans leur classe. «Ça donne un gros coup de pouce parce qu’on travaille tous en équipe. On est neuf profs et on est toujours ensemble», lance Dave Dumas, qui enseigne en histoire et en géographie.

Pour Richard Gagnon, le conseiller en rééducation qui arpente les corridors de l’école, le succès de Vallée-des-Lacs repose justement sur cette «équipe sensationnelle». «Ça fait 25 ans que je fais ça, j’en ai vu des écoles, et je peux dire que c’est vraiment ça qui fait la différence.»

Des concentrations qui motivent les jeunes à réussir ?

À l’école secondaire du Plateau, à La Malbaie, l’arrivée de nouveaux programmes il y a cinq ans pourrait expliquer sa remontée dans le Palmarès. Pour demeurer dans l’une des cinq concentrations en sport ou en arts, les élèves de premier cycle doivent obtenir la note de passage en français, en mathématique et en anglais. Lorsqu’un élève est en échec, ses cours de concentration sont remplacés par des périodes de récupération jusqu’à ce que ses notes s’améliorent assez pour réintégrer son programme, explique le directeur adjoint, Jean-François Giroux. «Ça joue au niveau de la motivation de certains élèves», affirme-t-il.