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Le grand saut de Lightbound

Le nouveau député de Louis-Hébert a laissé un bon boulot d’avocat pour se lancer en politique

Joel Lightbound
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Le nouveau député de Louis-Hébert a remporté un pari risqué. Joël Lightbound, jeune avocat chez Fasken Martineau à Montréal, a renoncé à un salaire qui frôlait 100 000 $ en 2013 pour revenir vivre à Québec et gagner l’investiture dans sa circonscription. Pourtant, rien n’indiquait que le Parti libéral du Canada (PLC) serait porté au pouvoir et que M. Lightbound serait élu avec près de 5000 voix de majorité.

À quel moment avez-vous pris la décision de mettre de côté votre carrière d’avocat dans un gros cabinet de la métropole pour vous lancer en politique?

Ça a germé en moi en octobre 2013. Je voyais la direction dans laquelle M. Harper nous engageait et j’avais l’impression que je pouvais contribuer et qu’on devait tourner la page aux conservateurs.

Y a-t-il eu un élément en particulier qui vous a frappé?

Non. C’est une réflexion plus large qu’un seul événement. Mais ça n’a pas été une décision facile de quitter Fasken. J’étais à 95 000 $. J’ai pris une bonne baisse de salaire, le temps de me repositionner à Québec. J’ai ensuite commencé à pratiquer à temps partiel. J’ai entrepris une maîtrise aussi.

Ça peut semblant étonnant pour certains qu’un avocat d’un grand cabinet puisse être très progressiste.

Je ne suis pas né avocat chez Fasken Martineau. Je suis arrivé à Québec, j’avais six mois. J’ai été élevé par une mère monoparentale sur le boulevard Neilson et j’ai bénéficié d’une société où l’ascenseur social fonctionne. Ma mère et moi avons été aidés par l’Office municipal d’habitation. J’ai fait mes études à McGill. J’ai bénéficié d’une société de compassion. Je me suis rendu chez Fasken justement parce qu’on a une collectivité où on s’occupe de notre monde et où les opportunités sont là pour tous. Peu importe les cartes qu’on te donne à la naissance, tu peux jouer une bonne main. C’est ça qui m’a motivé. La société qui m’a permis de me rendre où je suis aujourd’hui, on est en train de la perdre.

Quelle était votre stratégie pour remporter votre investiture?

Je me suis beaucoup investi à tendre la main aux gens qui ne sont pas approchés traditionnellement par les partis politiques. J’ai rencontré beaucoup de jeunes et de groupes communautaires des communautés culturelles. De fil en aiguille, on a triplé le membership dans Louis-Hébert. On était environ 130 membres, on en a recruté à peu près 500 nouveaux.

Vous vous êtes imposé à Justin Trudeau en quelque sorte?

Oui. Je me suis imposé à M. Trudeau. Et je pense que c’était son objectif en promettant des investitures ouvertes partout au pays, ce qui favorise l’émergence des candidats qui sont prêts à aller à la rencontre des gens. Celui qui mobilise le plus arrive à vraiment rallier sa communauté derrière lui.

Allez-vous porter les dossiers du pont de Québec et de la poussière rouge dans Limoilou?

Comme on est seulement deux députés avec Jean-Yves Duclos, on représentera les intérêts de la région à Ottawa. Ça va de soi. La peinture du pont de Québec est définitivement l’une de nos priorités. Il n’y a pas encore de date, mais ça viendra. Pour la poussière rouge, le port n’était pas dans mon comté. Il va falloir s’asseoir et réfléchir. On soutient son développement, mais cela doit se faire dans le respect des normes environnementales les plus strictes.

Comment analysez-vous la baisse du vote bloquiste au Québec?

Les gens se sont questionnés quant à sa pertinence. Ils avaient envie de participer à l’écriture du prochain chapitre. C’est pour ça, entre autres, que le PLC a envoyé 40 députés à Ottawa. Le résultat du vote démontre un désir des Québécois de se réengager auprès d’Ottawa.