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Le temps des chouchous

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Ce sera donc un cabinet fédéral à visage découvert. Au sens propre et figuré. Trente ministres, des hommes et des femmes en nombre égal, conformément à la nouvelle norme féministe.

Ce sera donc un cabinet fédéral à visage découvert. Au sens propre et figuré. Trente ministres, des hommes et des femmes en nombre égal, conformément à la nouvelle norme féministe.

La touche glamour de l’assermentation du cabinet Trudeau tranchait avec les mises en scène ternes auxquelles nous avait habitués Stephen Harper. Mais la cérémonie, a-t-on rappelé aux téléspectateurs d’un océan à l’autre, était tenue en «terre algonquine». Ce qui expliquait le tam-tam. On verra jusqu’où le premier ministre Trudeau ira pour que tous les Canadiens se sentent chez eux...

Pour le Québec, les choses se présentent favorablement. Il y aura des litiges, évidemment. C’est dans la nature des relations du Québec avec les gouvernements du Canada, en particulier quand ils sont libéraux. Stephen Harper prônait un fédéralisme passif, celui de Justin Trudeau est exubérant.

Présumons de l’avenir avec ce que nous savons du passé. Prenons Jean-Yves Duclos, le nouveau ministre du nouveau ministère de la Famille, des Enfants et du Développement social. Il veut aider les familles, les enfants pauvres, les défavorisés sociaux de toutes sortes. Son engagement «pourrait facilement aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliards de dollars par année», a-t-il dit. Ça contraste avec Harper qui usait du fameux «pouvoir fédéral de dépenser» avec parcimonie... Les fonctionnaires ne portent d’ailleurs plus le deuil de leurs congés accumulés...

Mais M. Duclos devra marcher prudemment dans les champs de compétence du Québec. Un pas de trop dans La Belle Province et nous revoilà en 1837. C’est ce qu’attendent les indépendantistes pour redémarrer le moulin à images.

Complicité

Mais Justin Trudeau aura devant lui Philippe Couillard, un premier ministre du Québec résolument fédéraliste. Leur complicité sera d’autant plus décomplexée que les sondages montrent une chute dramatique des appuis à la souveraineté. Le récent scrutin fédéral confirme le désintéressement actuel des Québécois pour la Cause.

Mélanie Joly, qui se voyait à la mairie de Montréal, sera probablement la ministre du cabinet Trudeau que l’on verra le plus souvent. Le ministère du Patrimoine est un puits intarissable de bonnes nouvelles. C’est l’agence de voyages des écrivains et un bailleur de fonds apprécié du milieu culturel québécois, peu bavard lorsque bien subventionné.

Radio-Canada

Mercredi, on sentait une sorte de soulagement sur les plateaux de Radio-Canada. Les 150 millions promis par M. Trudeau à la SRC auront sans doute un effet sur la longueur des génériques et semblent avoir déjà altéré l’habituel mordant des questions de la star du soir Anne-Marie Dussault qui, commentant le cabinet Trudeau, annonçait en souriant l’avènement d’une «nouvelle ère».

À une question pleine de sollicitude («Qu’est-ce que vous allez faire?»), Mme Joly a répondu gentiment que son objectif est de «travailler avec les décideurs de Radio-Canada» et d’être «une ministre assidue pour le milieu des arts». Elle finira assurément chouchoute des flagorneurs du dimanche. Ainsi va la politique quand le trésor public redevient une corne d’abondance...

Stéphane Dion

La véritable surprise de ce cabinet est sans doute la nomination de Stéphane Dion au prestigieux ministère des Affaires étrangères. C’est évidemment une récompense, mais surtout une marque de confiance indéniable de M. Trudeau envers l’ancien compère de Jean Chrétien. La politique internationale est complexe. L’esprit pénétrant de M. Dion sera indispensable à celui de Justin Trudeau...

 

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