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Beaucoup «à offrir à la Chine»

«La culture chinoise fait en sorte qu’on ne scelle pas une affaire avec une poignée de main comme cela se fait en Amérique du Nord. Il va falloir cibler nos interventions, nous distinguer.»—Jean-François Lépine
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean «La culture chinoise fait en sorte qu’on ne scelle pas une affaire avec une poignée de main comme cela se fait en Amérique du Nord. Il va falloir cibler nos interventions, nous distinguer.»—Jean-François Lépine

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À quelques semaines de son entrée en fonction comme délégué du Québec en Chine, Jean-François Lépine le dit bien clairement: il entend jouer un rôle de rassembleur des forces vives québécoises pour qu’elles parlent d’une seule voix à la première puissance économique mondiale.

L’ex-journaliste de Radio-Canada, qui parle couramment le mandarin, compte mettre à profit sa vaste expérience de communicateur pour consolider les relations entre la Chine et le Québec.

Pourquoi est-il si important que le Québec ait une présence en Chine ?

«Les bureaux du Québec en Chine existent pour aider les entreprises à développer leurs affaires. La Chine est le plus grand marché de consommation de la planète. Et les jeunes Chinois veulent consommer. Le Québec a énormément à offrir. Nos entrepreneurs gagneraient à être plus nombreux à s’y rendre et à s’ouvrir davantage à la culture chinoise. Ils pourront se servir des bureaux du Québec en Chine et des réseaux existants que les équipes possèdent sur le terrain.

Les trois quarts des employés des délégations du Québec sont des Chinois qui connaissent bien les questions légales et financières; ils savent reconnaître les risques de corruption, identifier ce qui se passe sur le terrain, ils maîtrisent parfaitement la culture d’affaires chinoise. Nous devons être plus visibles, profiter des portes déjà ouvertes.»

Quels sont les secteurs les plus prometteurs pour nos entreprises en Chine ?

«Nous avons de belles collaborations culturelles en Chine, notamment à Shanghai et à Xian, jumelées avec Montréal et Québec. Le pays vit d’importants problèmes en urbanisme et en environnement. Puis, cinq millions de jeunes veulent poursuivre une formation supérieure et il manque de places dans leurs institutions d’enseignement.

Le Québec détient des compétences efficaces en technologies environnementales, en conservation d’énergie et en architecture écologique. Il y a beaucoup de demandes en ce sens, et nos professionnels ne sont pas suffisamment présents. Nous pouvons offrir notre savoir-faire, notre créativité, accompagner les Chinois dans l’établissement de normes environnementales, en transfert de connaissances agroalimentaires, dans la gestion d’infrastructures portuaires.»

Quelle stratégie voulez-vous mettre de l’avant ?

«Je suis un communicateur d’expérience, c’est un atout. J’ai laissé entendre au ministère des Relations internationales que j’aimerais aider à améliorer les communications entre les entreprises et les organisations gouvernementales, autant celles d’ici qui agissent là-bas qu’avec celles de Chine. Je veux donner des conférences et j’ai le projet de rencontrer les médias chinois, être plus présent sur leurs réseaux sociaux. Il y aura beaucoup de communication pour aider les Chinois à s’adresser aux bonnes personnes.»

Quelles difficultés vous attendez-vous à rencontrer en sol chinois ?

«Au moins 75 % de l’économie chinoise relève du secteur privé. La difficulté de communication est avec le secteur public, qui est en pleine transition. Il a réussi à améliorer plusieurs lois, comme celles concernant la concurrence et la propriété intellectuelle. Par contre, il reste du travail à faire face aux problèmes de corruption. La culture chinoise fait en sorte qu’on ne scelle pas une affaire avec une poignée de main comme cela se fait en Amérique du Nord. Il va falloir cibler nos interventions, nous distinguer.»

Comptez-vous valoriser notre culture francophone également ?

«On va tenter d’attirer plusieurs étudiants chinois dans nos universités. Le défi sera de nous adapter à la réalité, qui est que la majorité d’entre eux parle l’anglais avant le français. Dans certains secteurs, il faudra leur offrir des cours en anglais, comme cela se fait dans certaines universités francophones. Mais on peut être concurrentiel en français. Il faut que notre langue soit perçue comme un atout, une valeur particulière. On peut être en compétition avec la France et la francophonie.»

Qui est-il ?

Jean-François Lépine

Le nouveau responsable des bureaux de Shanghai et de Beijing et prochainement d’un troisième dans la province du Shandong, en Chine du Nord, a connu 42 ans de carrière à la Société Radio-Canada. Il a été correspondant en Chine et à Jérusalem avant de diriger des émissions prestigieuses, comme Une heure sur terre. M. Lépine est actionnaire de la firme Avistra International, dont il entend se retirer.

 

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