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Sécurisation de la piste cyclable sur la rue De Brébeuf: le trottoir prévu ridiculisé

Plusieurs ont voulu illustrer l’étroitesse du trottoir prévu en s’amusant à mettre des objets côte à côte.
Anne-Marie Provost Plusieurs ont voulu illustrer l’étroitesse du trottoir prévu en s’amusant à mettre des objets côte à côte.

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Des citoyens trouvent trop étroit le trottoir de 70 centimètres que la ville prévoit construire le long de la piste cyclable de la rue De Brébeuf, à côté du Parc Sir-Wilfrid-Laurier. Certains craignent que Montréal applique la même recette ailleurs.

Le trottoir du côté ouest de la rue sera rétréci lors de travaux qui débuteront cette semaine pour sécuriser la piste cyclable. La sécurisation avait été suspendue par l’administration Coderre, car il y aurait eu perte de cases de stationnement. Montréal a ensuite réactivé le projet, mais en annonçant que le trottoir disparaîtrait. Devant les critiques, la ville a finalement annoncé la semaine dernière qu’il y aurait un petit trottoir.

Laurent Morissette peut toutefois à peine faire entrer son fauteuil roulant dans l’espace planifié pour le trottoir et peut difficilement y circuler. 

«J’ai peur que cela crée un précédent et que la ville fasse la même chose ailleurs. C’est déjà compliqué de se croiser à deux fauteuils sur un trottoir normal», affirme le vice-président du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ).

Laurent Morissette et Geneviève Guérin.
Anne-Marie Provost
Laurent Morissette et Geneviève Guérin.

Action symbolique

Le militant pour les droits des personnes handicapées était présent à une action de visibilité organisée par Piétons Québec et des citoyens, dimanche après-midi.

Plusieurs ont voulu illustrer l’étroitesse du trottoir prévu en s’amusant à mettre des objets côte à côte. Les 70 centimètres équivalent par exemple à trois gants de baseball, à neuf petites voitures et à un bâton de baseball qui dépasse de plusieurs centimètres.

Plusieurs ont voulu illustrer l’étroitesse du trottoir prévu en s’amusant à mettre des objets côte à côte.
Anne-Marie Provost

«Nous n’avons pas vraiment d’écoute et la ville va déjà de l’avant avec le projet, mais il faut souligner le ridicule de ce qui est prévu», explique Geneviève Guérin, une des membres fondatrices de Piétons Québec, créé récemment pour défendre les droits des piétons.

Elle met de l’avant qu’il s’agit d’un quartier où beaucoup de gens circulent à pied et que le parc Laurier et sa piscine sont très achalandés.

Mais elle évacue l’idée de prendre le trottoir de l’autre côté de la rue.

«Si on veut prendre le trottoir de l’autre côté, il faut ensuite traverser en plein milieu de la rue pour aller vers la piscine. Mais il n’y a pas de traverse donc en théorie ce n’est pas légal et ce n’est pas sécuritaire», souligne la mère de famille.

Projet Montréal contre

Plusieurs élus de Projet Montréal du Plateau-Mont-Royal étaient également sur place pour appuyer l’action. Le petit trottoir est qualifié de non-sens par Richard Ryan, conseiller dans le district du Mile-End.

Selon lui, faire disparaître des places de stationnement reste la meilleure option. «Pour la piste cyclable sur le boulevard Maisonneuve le stationnement a été enlevé, ça a chialé à l’époque, mais les gens s’y sont faits», dit-il.