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Nouvelle drogue dans la rue

Avec une concentration de THC quatre fois plus forte que le cannabis, la Wax pourrait provoquer des psychoses

Wax
Photo Courtoisie Selon la dernière étape de fabrication, la wax peut ressembler à du sucre d’orge, ou à une tartinade. Après le chauffage, un résultat solide donnera une feuille, et si la texture est plus molle, la wax pourra être fouettée et mise en pot.

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Une nouvelle drogue quatre fois plus forte que la marijuana arrive au Québec. Elle s’appelle la wax et ressemble étrangement à du sucre d’orge.

La consommation serait encore marginale sur le terrain pour l’instant. Une première saisie de 0,85 g de wax a été faite par le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) en juin 2015. Personne n’a été arrêté. Le SPVM dit connaître la substance, mais n’a pas voulu commenter le dossier.

À Trois-Rivières en septembre, une première production artisanale de wax a été démantelée par la Sécurité publique. Arrêté, Jonathan Vallerand fait face à des accusations de production et de possession aux fins de trafic.

EXTRÊMEMENT DANGEREUX

Le porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Michel Letarte, affirme qu’il n’y a pas eu d’autres saisies depuis. Il sert une mise en garde à qui voudrait composer artisanalement cette drogue.

«En raison de la nature des produits utilisés pour la fabriquer, c’est extrêmement dangereux», dit-il, en faisant référence au butane, qui est volatile et explosif.

Derrière son allure inoffensive, la wax cache une substance à fumer composée de THC à 80 %, quatre fois plus que la concentration moyenne d’un joint.

Wax
Photo Courtoisie

Le Tétrahydrocannabinol, appelé communément THC, est la substance qui crée le buzz. La substance peut être fumée dans une pipe à hasch, ou encore être incorporée dans un joint.

Anne Gauvin, spécialiste en toxicomanie à la maison Pierre Péladeau, s’inquiète d’une telle concentration de THC.

«Avec un taux de 20 %, on dit qu’une personne sur 1000 va faire une psychose toxique. Avec une substance aussi forte, ça ne laisse pas beaucoup de chance», explique-t-elle.

AU CERVEAU

La docteure Christiane Laberge est du même avis. «Fumé, ça monte directement au cerveau. Ça pourrait causer le premier épisode de psychose d’une longue série.»

Pour fabriquer de la wax, on met le cannabis dans un long tube et on utilise du butane pour en isoler le THC. Ensuite, on met le THC concentré au four pour le purger des résidus de butane. Si la texture obtenue à la fin du séchage permet de faire des feuilles de wax, on les surnommera shatters. Si le résultat est plus mou, on pourrait le surnommer budder ou simplement wax. On peut alors fouetter la subs­tance molle obtenue et la mettre en pot.

La substance est déjà bien connue des policiers en Ontario. En mars 2015, la police de Stratford a lancé un appel à la vigilance, de la wax ayant été découverte à quelques reprises dans la ville.


Il vend de la wax légalement au Colorado

Daniel de Sailles vend légalement de la wax à Denver au Colorado.
photo courtoisie
Daniel de Sailles vend légalement de la wax à Denver au Colorado.
 
Daniel de Sailles vend de la wax légalement au Colorado depuis 2011 chez Top Shelf Extract. Il ne croit pas qu’il s’agisse d’une substance dangereuse à fumer.
 
«La pire chose qui peut arriver est que le consommateur s’endorme pour la nuit.» 
 
ll assure qu’il est impossible de faire une overdose de wax, et que les gens en consomment naturellement moins parce que c’est plus fort que la marijuana.
 
Selon lui, les méthodes artisanales de fabrication sont plus dangereuses que la consommation en soi. 
 
«Les gens achètent souvent du butane et l’utilisent pour faire de la wax. Si tu n’es pas dans un espace ventilé, comme à l’extérieur, c’est terriblement dangereux.»
 
Aujourd’hui, la wax représente de 30 % à 50 % des ventes liées au cannabis de Top Shelf Extracts. Au Colorado, un gramme se vend entre 20 $ et 50 $ et à New York, un gramme se vend autour­­ de 100 $. 
 
Daniel de Sailles croit que la wax pourrait éventuellement concurrencer le cannabis.
 
«C’est plus concentré, c’est plus discret. Ça sent moins, ça prend moins d’espace, et tu dois en fumer moins pour avoir le même effet.» 
 
Daniel de Sailles voit des clients fumer de la wax pour soulager des douleurs importantes. La concentration et l’inhalation permettraient d’avoir un effet rapide et efficace.
 
Il indique aussi que la wax est parfois utilisée pour calmer les gens en sevrage de drogues dures ou d’alcool.
 
Cette théorie ne tient pas la route, selon­­ la docteure Christiane Laberge. 
 
«Je ne vois pas pourquoi on changerait une dépendance pour une autre. C’est ridicule. Et tu risques d’additionner des dépendances plutôt que de les remplacer.»