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Procès Turcotte : Sa maladie comparée à un rhume

FD-PROCÈS GUY TURCOTTE
Photo Le Journal de Montréal, CHANTAL POIRIER Guy Turcotte

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La maladie mentale de Guy Turcotte a été qualifiée de «rhume de la psychiatrie» par un expert de la Couronne, ce mardi au procès pour meurtres de l’ex-cardiologue.

«Le trouble de l’adaptation n’empêche pas de réfléchir, d’être responsable de ses actes, c’est comme le rhume de la psychiatrie», a affirmé le Dr Pierre Bleau, psychiatre expert de la Couronne.

La Dre France Proulx, une experte en psychiatrie légale pour la Couronne qui a expertisé l’ex-cardiologue de 43 ans, a été du même avis.

«Sa souffrance ne l’empêchait pas de comprendre ce qu’il faisait, ainsi que les conséquences de ses gestes», a-t-elle dit à la cour juste après le témoignage du Dr Bleau.

Et même si le trouble de l’adaptation n’est pas à banaliser, il est assez courant selon ce témoin, puisque jusqu’à 15 % de la population en souffrirait.

Versions divergentes

Contrairement aux experts de la défense avant eux, ces deux experts ont ainsi minimisé le trouble de l’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive que tous les psychiatres ont diagnostiqué chez Turcotte.

Une psychiatre experte de la défense avait par exemple affirmé la semaine dernière que Turcotte avait un «cerveau malade» lorsqu’il avait poignardé 46 fois Anne-Sophie et Olivier, en février 2009, à la suite de sa séparation avec sa femme, qui le trompait.

«C’est une espèce de cliché de dire que la maladie mentale signifie un cerveau malade parce que ça aide à vendre des médicaments, a expliqué le Dr Bleau. Il y a une différence entre la douleur et la maladie.»

En contre-interrogatoire, ce témoin a été encore plus catégorique : le trouble de l’adaptation exclut automatiquement la perte de contrôle de la réalité, car sinon il s’agirait d’un autre diagnostic.

La Dre Proulx, de son côté, a mis en garde le jury qu’il ne fallait pas exclure la possibilité que Turcotte, qui avait juré ne pas se souvenir de tout ce qui s’était passé le soir du drame, n’ait pas dit toute la vérité aux psychiatres, compte tenu des accusations et des conséquences possibles.

«Les troubles de mémoire (...) ne constituent pas des conditions qui amènent en soi une incapacité à différencier le bien du mal», indique-t-elle dans son rapport.

Rappelons que la défense, qui plaidera la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, avait insisté sur la crise suicidaire qu’aurait eue Turcotte le soir du drame, ce qui l’aurait amené à boire du lave-glace pour se suicider, avant et après la mort de ses enfants de trois et cinq ans.

Or, selon la Dre Proulx, on ne peut pas parler d’une crise soudaine, étant donné qu’il aurait passé 45 minutes sur internet à chercher une méthode de suicide.

«On ne peut pas faire le lien entre l’idée suicidaire et la perte de contact avec la réalité», a quant à lui expliqué le Dr Bleau.


Le témoignage de la Dre Proulx se poursuivra ce mercredi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

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