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Courrier des lecteurs du 12 novembre 2015

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La parité : la solution démocratique

La parité... le sujet est loin d’être neuf. Pourtant, tous les articles sur lesquels je suis tombée cette semaine ont présenté le sujet comme s’il s’agissait d’une nouveauté à laquelle il fallait réagir, sur laquelle il fallait se positionner et, évidemment, émettre une opinion.

Un travail constamment à refaire !

Dans un article intitulé «L’obsession paritaire», paru dans Le Journal de Montréal, Mathieu Bock-Côté remet en question l’importance d’avoir une représentation paritaire au sein de notre gouvernement et met en doute, comme bien d’autres blogueurs l’ont fait au cours de la semaine, les compétences des députées (femmes) nommées au Conseil des ministres.

Cependant, les études portant sur les conséquences de la parité au sein des organisations le confirment: que ce soit au sein des entreprises ou des instances décisionnelles, la parité engendre de nombreux bienfaits. Malgré l’existence de ces études et des arguments les composant, chaque fois qu’une actualité portant sur l’intégration des femmes dans des milieux non traditionnels, sur les quotas ou sur la parité, nous faisons face à ce flot de blogueurs non informés ou mal informés sur le sujet qui nous renvoient à ces sempiternelles croyances s’opposant à toutes formes de processus engagé vers la parité.

La parité, un enjeu secondaire ?

Après avoir lu le texte de Bock-Côté, je me suis demandé sérieusement s’il savait à quoi sert la parité. En d’autres termes, pourquoi, autrement qu’à des fins stratégiques, quelqu’un-e pourrait souhaiter la parité au sein de son gouvernement ou de son organisation? Soutenir la parité, par définition, c’est encourager la marche vers l’égalité entre les sexes en intégrant plus de femmes au sein des sphères de pouvoir dans le but de corriger une inégalité systémique.

Autrement dit, la parité n’est pas uniquement une stratégie cosmétique relevant du politiquement correct. Elle questionne et contribue à modifier notre modèle démocratique en dénonçant «un système d’exclusion des femmes au pouvoir politique».

Et je ne suis pas la seule à le dire, même Jean Charest, qu’il est impossible de taxer de féministe, a affirmé plus tôt cette semaine qu’en affaires comme en politique, le danger de retomber dans les réseaux habituels (qu’il qualifie lui-même de «réseaux de gars») était très présent. Comment, en tant que sociologue, peut-on nier la concentration historique des pouvoirs au sein des mains d’une seule classe de citoyens?

Certains pays, tels que la France, ont adopté des lois (quotas) afin de forcer l’intégration des femmes à certains milieux. Les changements de mentalité prennent habituellement une à deux générations à se faire, mais réussissent habituellement. Puis, les quotas peuvent être abandonnés. Au Canada, de telles lois n’existent pas. Je ne me positionnerai pas à savoir si une telle chose serait souhaitable ou non pour les Québécoises et les Canadiennes, mais, en l’absence de loi, la volonté politique des politiciennes et des politiciens devient essentielle et Justin Trudeau l’a compris.

La parité, antidémocratique et sexiste ?

La parité améliore grandement la représentation des femmes au Conseil des ministres (31,5 % en 2011 et 48,4 % en 2015 – incluant le premier ministre), tout en s’assurant de rendre moins collant le plancher de la haute fonction publique (à défaut de briser définitivement le plafond de verre). Ces changements améliorent à court terme, mais amélioreront surtout à long terme la vie démocratique canadienne. Parfois, il faut simplement décoller son nez de la vitre afin d’avoir un portrait d’ensemble de l’action qui est en train d’être posée.

Le seul point sur lequel je suis d’accord avec Bock-Côté est sur le fait que ces changements démocratiques occasionnent un coût. Toutefois, le coût n’est pas la compétence des ministres nouvellement appointées dans leurs fonctions tel que Bock-Côté le laisse entendre, mais bien la vague de remise en question des compétences des femmes que nous venons tout juste d’élire. Encore une fois, parce qu’elles sont femmes, elles devront doublement prouver leurs compétences et leur mérite.

Véronique Pronovost
Responsable du projet Montérégiennes d’influence, visant à contribuer à la parité entre les femmes et les hommes au sein des structures décisionnelles des entreprises et des organisations présentes sur le territoire de la Montérégie

 


 

Les cadres de la Ville de Montréal

Les cadres de la Ville de Montréal acceptent mal le projet de refonte de leurs conditions de travail soumis par l’administration Coderre. L’un d’eux a même déclaré: «Au bout du compte, on est moins bien traités que les employés qu’on supervise.» Un employé a aussi indiqué: «Certains disent qu’ils auraient dû demeurer cols bleus ou professionnels [...].»

Je serais étonné qu’un cadre choisisse volontairement d’être décadré, euh!... rétrogradé, mais si c’est le cas, cela signifie tout simplement que les conditions salariales et de travail des emplois syndiqués doivent aussi être revues à la baisse.

Aux dernières nouvelles, la rémunération globale d’un fonctionnaire municipal était de 38 % supérieure à celle d’un fonctionnaire provincial. Cet écart est inacceptable! Et pourquoi cela? Parce que les municipalités n’ont pas les pouvoirs légaux des gouvernements, fédéral comme provincial.

Sylvio Le Blanc


« L’obsession paritaire »

M. Bock-Côté, vous déplorez depuis déjà quelques semaines l’obsession libérale pour la diversité dans une série de chroniques portant sur le cabinet Trudeau. Dans la plus récente, vous avancez la thèse selon laquelle la diversité a malencontreusement éclipsé ce qui devrait être le facteur premier guidant le choix des législateurs, c’est-à-dire leur excellence, ou mérite.
L’obsession contemporaine pour la diversité mérite certes d’être remise en question. Mais en quoi, et depuis quand, la démocratie prétend-elle fonder sa légitimité sur l’excellence? L’idée de la légitimité politique basée sur les qualifications, pour ne pas dire la vertu, du législateur est disparue avec les derniers disciples sérieux de Platon et d’Aristote (pour le meilleur ou pour le pire).
La légitimité démocratique dérive de la thèse selon laquelle les citoyens possèdent un droit fondamental à l’autogouvernance (d’après le Contrat social de Rousseau). C’est l’interaction entre cette idée d’autogouvernance et la réalité de la croissance démographique des sociétés occidentales qui nous mène au mal nécessaire qu’est la représentation. Et c’est là où l’argument le plus solide en faveur de la diversité trouve son origine.

La représentation adéquate demande du politicien qu’il reflète à la fois nos positions législatives précises et l’intuition éthique qui guide nos actions au jour le jour. Il n’est pas difficile à partir de là de comprendre que certains d’entre nous assument qu’une telle représentation, appelons-la «épistémologique», est statistiquement plus probable si elle provient de quelqu’un avec qui nous partageons un nombre de caractéristiques élevé (qu’elles soient ethniques, raciales, géographiques, etc.). La question nationale, qui vous est si chère, repose sur un principe similaire selon lequel le seul gouvernement légitime pour les Québécois est un gouvernement indépendant du Canada, qui ferait de nous les «maîtres chez nous». Alors, pourquoi déplorer ses exigences et son application pour ceux qui, eux aussi, désirent se sentir maîtres chez eux?

Vous êtes correct, je crois, lorsque vous critiquez la capacité de la diversité à remplir adéquatement les demandes de la représentation adéquate. Mais encore faut-il que vous adressiez l’argument en ses propres termes.

Guillaume Bogiaris


Mourir pour rien

M. Martineau, c’est bien facile bien assis derrière son bureau de décider que c’est mourir pour rien quand toutes les enquêtes le mentionnent après coup!!! Et franchement c’est assez dévalorisant pour ceux qui sont morts en mission que de prétendre qu’ils sont morts pour rien; ils sont morts parce qu’à l’époque quelqu’un a pris la décision de... à partir des informations qu’ils avaient en mains; c’est toujours facile après coup de prétendre que... Mais n’allez surtout pas salir la mémoire des soldats en disant qu’ils sont morts pour rien, ils sont morts en faisant ce qu’on leur demandait de faire pour leur pays.

Louise Boisvert

 

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