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Des partielles de mauvais augure

Des partielles de mauvais augure
Image: Courtoisie

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Les partielles tenues dimanche ont donné lieu à toutes sortes d’analyses, chacun y trouvant son compte...Même les grands perdants de la CAQ de François Legault.
Le premier ministre Couillard y a vu une approbation de sa politique d’austérité. Il fallait forcer pour en arriver là, mais disons que la population ne s’est pas précipitée aux urnes pour protester contre l’austérité, sauf peut-être les rares électeurs qui ont pris la peine de voter dans Saint-Henri-Sainte-Anne (SHSA), où les libéraux ont obtenu une victoire douce-amère, perdant 14 points par rapport au résultat de 2014.
PKP y a vu une très bonne performance du PQ, son parti augmentant son score dans deux circonscriptions, à Montréal et à Laval. La performance de Gabrielle Lemieux dans SHSA doit être soulignée. Certes encourageants, ces résultats ne peuvent masquer les trois victoires faciles des libéraux et le médiocre 7 %, résultat de tiers parti obtenu en Beauce.
Françoise David se gargarise de la force de Québec solidaire à Montréal avec une récolte de 21 % des voix, sa formation ayant une fois de plus réussi à faire élire une candidate libérale dans la circonscription de SHSA. Dans les trois autres circonscriptions, QS aura montré ses limites en obtenant 5 % ou moins des votes.
Quant à François Legault, ses commentaires postélectoraux ont résonné comme ceux d’un mauvais perdant, même s’il avait raison de souligner que M. Cynisme fut le grand gagnant de la soirée. Son parti a perdu des plumes dans chacune des élections, incapable d’atteindre la marque des 15 % dans trois des quatre circonscriptions. Si le cynisme a gagné, on peut affirmer que la CAQ a perdu.
Comment dans ce cas puis-je affirmer que la CAQ y a trouvé son compte? Simplement parce que cette formation se targue d’être la seule positionnée pour battre le Parti libéral en rassemblant les nationalistes et que les résultats des partielles mènent à un constat brutal : dans l’état actuel des choses, le Parti libéral est imbattable.
Non seulement la formation de Philippe Couillard l’a emporté facilement dans trois des quatre circonscriptions, avec des avances de 9 à 19 points, mais en obtenant 39 % des voix, il aura obtenu son meilleur résultat dans René-Lévesque en 17 ans.
La force de QS à Montréal, qui réjouit plusieurs souverainistes, devrait au contraire les accabler. Chaque avancée électorale de ce parti éloigne d’autant la possibilité de remplacer le gouvernement libéral, soustrayant plusieurs sièges au Parti Québécois. La souveraineté ne se fera pas dans l’opposition, n’est-ce pas? Les progressistes devraient partager le même accablement, puisque les électeurs de QS contribuent à faire élire les partisans de l’austérité. Les temps sont durs pour les souverainistes progressistes...
PKP garde quand même le cap sur son objectif d'unir les forces souverainistes, seule façon pour le PQ de battre le Parti libéral en 2018. Or, il y avait de très mauvaises nouvelles dans les résultats de lundi dernier.
En supposant que la moitié des électeurs de QS et de la CAQ soient souverainistes et en additionnant ces votes à ceux du PQ, ce dernier aurait quand même perdu dans Fabre et en Beauce. Dans SHSA, la force du vote de QS n’augure rien de bon non plus.
Comment battre les libéraux dans ces circonstances?
En appelant au rassemblement des électeurs nationalistes, qu’ils soient de droite ou de gauche, souverainistes ou fédéralistes, n’est-ce pas François Legault qui propose la seule avenue réaliste pour battre l’inexpugnable monopole électoral détenu par le Parti libéral?
Cette question mérite à tout le moins d’être posée.
(Demain : Le monopole libéral)