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Formation obligatoire pour les assistés sociaux: un accueil mitigé auprès des associations

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Une association qui défend les droits des assistés sociaux croit que forcer les gens sur l’aide sociale à déménager pour avoir un emploi peut être une bonne idée si c’est bien fait.

Les assistés sociaux devront avoir un logement fourni et de l’aide pour toutes les dépenses qu’un déménagement engendre, explique Solange Laliberté, présidente de l’Association pour la défense des droits sociaux du Montréal métropolitain.

«Là, ils vont les envoyer dans une ville et ils n'auront pas un cent sur eux, dit Mme Laliberté, qui gère l’association de 150 membres. Ils vont dormir où? Dans un champ?»

Le programme du gouvernement Couillard offre aux nouveaux demandeurs d’aide sociale qui sont aptes à travailler de suivre une formation d’intégration en emploi. S’ils refusent, leur chèque mensuel sera coupé de moitié. Après la formation, ils devront accepter n’importe quel emploi proposé, même si c’est dans une autre ville.

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale Sam Hamad se désole de constater que 60 % des nouveaux demandeurs d’aide sociale ont 29 ans et moins.

«C’est sûr que c’est pas normal qu’un jeune de 18 ans qui sort de l’école s’en aille sur l’aide sociale. J’en ai connu», se désole Mme Laliberté.

Selon elle, si on souhaite aider ces personnes, il faut les encadrer comme il se doit. En plus de fournir le logement, il faudrait absolument les forcer à terminer, au minimum, leur troisième secondaire.

«S’ils ne sont pas capables de calculer, de faire des frites ou du café, ça va durer à peine quelques mois et ils vont revenir sur l’aide sociale, estime Mme Laliberté. Ils vont les sacrer dehors et engager de jeunes étudiants à la place.»

Pour François Saillant, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), ce nouveau programme va à l’encontre des droits de la personne.

«Tu peux pas obliger quelqu’un à prendre n’importe quel emploi en le menaçant de lui couper les vivres s’il refuse, dit-il. Quand tu contrains quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne fait pas par conviction, c’est contreproductif.»

M. Saillant croit qu’il s’agit d’un «marché obligatoire» qui ne respecte pas la Charte canadienne des droits et libertés.