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Guy Turcotte aurait aussi bu du lave-glace juste avant d’être arrêté

Un toxicologue expert de la Couronne ne voit pas d’autre scénario possible à cette conclusion

Guy Turcotte aurait bu du lave-glace juste avant de se faire arrêter, soit le lendemain du drame, a soutenu un expert, mercredi.
Photo LE JOURNAL DE MONTRÉAL, Martin Alarie Guy Turcotte aurait bu du lave-glace juste avant de se faire arrêter, soit le lendemain du drame, a soutenu un expert, mercredi.

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Guy Turcotte aurait bu du lave-glace juste avant son arrestation, soit le lendemain du soir où il a tué ses enfants, a affirmé un toxicologue venu témoigner pour la Couronne.

«Je ne peux pas trouver d’autres explications», a expliqué le Dr Martin Laliberté, ce mercredi au procès pour meurtres de l’ex-cardiologue de 43 ans.

Afin d’en arriver à cette conclusion, cet expert qui travaille entre autres pour le Centre antipoison du Québec s’est basé sur les prélèvements dans le sang de Guy Turcotte, le lendemain du drame en février 2009.

Or, le deuxième test montre une concentration de méthanol plus élevée que dans le premier prélèvement, effectué environ deux heures plus tôt. Compte tenu des effets de ce produit dans le corps, cela signifie que Turcotte en aurait consommé entre 30 et 90 minutes avant le premier test, ce qui tombe au moment où il a été arrêté.

Mais considérant des trous de mémoire de l’accusé, il est impossible de déterminer tant la quantité bue que les autres moments où il y aurait eu consommation de méthanol, a ajouté le Dr Laliberté.

Conscient

Lors de son témoignage, Guy Turcotte avait affirmé avoir bu du lave-glace pour se suicider, avant et après avoir tué Anne-Sophie et Olivier de 46 coups de couteau. Sauf qu’il ne se souvient que de «flashs» de ce soir-là.

La défense avait fait témoigner un expert qui avait fait un lien entre ces pertes de mémoire et le lave-glace en citant un article scientifique des années 50, mais le Dr Laliberté a démoli cette possibilité ce mercredi.

«C’est très intéressant d’un point de vue historique, mais très faible au niveau scientifique», a-t-il précisé en expliquant les variables peu concluantes de cet article.

Au contraire, selon son expérience de plus de 20 ans et en se fiant à d’autres études, le Dr Laliberté affirme que les effets du méthanol sur le cerveau sont «très limités». Et comme cette substance cause des vomissements, les trois quarts peuvent être rejetés après l’absorption.

Diagnostic

Juste avant le témoignage du Dr Laliberté, une autre experte de la Couronne a longuement été contre-interrogée par la défense.

La psychiatre France Proulx, qui avait rencontré Guy Turcotte avant de le diagnostiquer d’un trouble d’adaptation, s’est longuement fait questionner sur chaque élément qu’elle a pris en compte pour faire son rapport.

Car si son diagnostic est identique à celui des experts de la défense, la Dre Proulx conclut que Turcotte savait ce qu’il faisait lorsqu’il a tué ses enfants de trois et cinq ans, quelques semaines après avoir appris que son ex-femme le trompait.

L’exercice, durant lequel la défense a insisté sur les passages où l’accusé est décrit comme un père aimant, s’est avéré long et fastidieux, au point que le juge André Vincent a dû intervenir.

«Vous reprenez complètement le témoignage de l’accusé, qui a déjà été repris par d’autres psychiatres», a commenté le magistrat.

Le procès se poursuit ce jeudi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

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