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Le carnage au Bataclan vu de l'intérieur

Le carnage au Bataclan vu de l'intérieur
Capture d'écran Europe 1

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Des témoins de la scène d'attentat au spectacle d'Eagles of Death Metal au Bataclan à Paris ont commencé à affluer dans les médias. 

Présent au Bataclan lors des attentats qui ont lieu ce soir à Paris, le journaliste d’Europe 1 Julien Pearce a raconté son expérience sur les lieux. 

Selon ses dires, la fusillade a eu lieu autour de 20h45, 21h55. «Je me trouvais à l'intérieur de la salle de concert quand plusieurs individus armés sont rentrés en plein concert», a-t-il raconté à Europe 1. 

«Deux ou trois individus non masqués sont rentrés avec des armes automatiques de type kalachnikov et ont commencé à tirer à l'aveugle sur la foule», explique-t-il.
 
La fusillade qui s’en suivit aurait duré une dizaine ou une quinzaine de minutes: «Ça a été extrêmement violent et il y a eu un vent de panique, tout le monde a couru vers la scène, il y a eu des scènes de piétinement, je me suis moi même fait piétiner», a-t-il précisé. 
 
Le journaliste a aussi rapporté que les assaillants n’étaient pas masqués et étaient très jeunes. Ils auraient rechargé leurs armes à trois reprises. Selon lui, ils n’ont pas prononcé un mot en commettant leur geste. Il a toutefois nuancé que les cris des gens dans la salle aient pu couvrir leurs paroles. 
 
Au moment de son témoignage pour Europe 1, Julien Pearce affirmait «une dizaine de cadavres sur le sol dans des mares de sang, dont une jeune fille qui avait pris deux impacts de balles, que j'ai pu soulever sur une cinquantaine de mètres pour la remettre aux pompiers.» 
 
Par la suite, le journaliste a communiqué avec une famille coincée au deuxième ou troisième étage de l’immeuble.
 
 
Selon un témoin interrogé par la radio France Info, les assaillants ont «tiré en plein dans la foule en criant "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand").
 
«Avec ma mère on a réussi à s’enfuir du Bataclan (...), on a évité les coups de feu, il y avait plein de gens partout par terre. Des mecs sont arrivés, ils ont commencé à tirer au niveau de l’entrée. Ils ont tiré en plein dans la foule en criant “Allah Akbar”, avec des fusils à pompe, je crois», a-t-il ajouté. 
 
Ce jeune spectateur prénommé Louis a également témoigné: «je les entendais charger, le concert s’est arrêté, tout le monde s’est couché à terre, ils continuaient à tirer sur les gens... putain, c’est un enfer.» 
 
«J’ai pris ma mère, on s’est couchés au sol, quelqu’un a dit “ils sont partis”, on s’est enfuis par une issue de secours, il y avait encore des coups de feu quand on est partis, on a enjambé des corps, c’est un cauchemar»
 
Le jeune homme n’a pu apercevoir clairement les assaillants. Il n’aurait aperçu que leurs silhouettes lors des premiers coups de feu. 
 
Aux dernières nouvelles, une prise d’otages est toujours en cours au Bataclan.
 
Un jeune spectacteur présent au spectacle a pour sa part témoigné au Figaro: «C'était le chaos. J'étais sur la droite dans la salle du Bataclan, une chanson de Eagles of death metal était en train de se finir, quand j'entends des bruits d'explosion comme des pétards, je vois le chanteur enlever sa guitare, je me retourne, je vois un type armé d'une arme automatique qui tire en l'air. Tout le monde se couche au sol. À partir de là, c'est l'instinct qui reprend le dessus, à chaque rafale, on essaye de ramper le plus loin possible des tireurs (impossible de vous dire le nombre tout s'est passé trop vite). J'essaye avec d'autres personnes de monter sur la scène par la droite rejoindre une issue de secours. Et là c'est le bordel, les gens ont peur, se piétinent pour survivre, avec d'autres personnes on pousse et tire des gens avec nous pour aller derrière la scène. On se réfugie dans une pièce sur la droite, sur la scène, pensant que cela peut être une sortie, mais non.»
 
Le jeune spectateur a aussi précisé: «la sortie de secours est de l'autre côté de la scène. On entend toujours des coups de feux. Après quelques secondes/minutes, plus rien, et on voit à travers la porte des gens bouger vers la sortie de secours (les tireurs devaient sûrement recharger quand j'y pense). Tout notre groupe présent de l'autre coté de la scène décide donc de traverser, en passant derrière le rideau de fond. À partir de la, on prend la sortie, on se retrouve dehors et on court vers les Grands boulevards.  On entend encore des coups de feux dans la rue où l'on se trouve, je ne me suis pas retourné. J'ai couru, comme tout le monde, couru jusqu'à Bastille. Sur le chemin déjà, de nombreux policiers en voitures et motos foncent en direction de la salle. Je suis rentré chez moi, je vais bien. D'autres ne peuvent pas dire la même chose. Je n'ai pas eu peur, je ne suis pas (encore) choqué. J'écris pour ne pas oublier. »
 
Un homme du voisinage du Bataclan, Monsieur Gildas Lefebvre, a aussi été témoin de la scène. Il a confié à LCI: «Ça mitraillait de tous les côtés. Il y avait un type qui était juste à l’angle qui est descendu d’une voiture noire et qui tirait avec une sorte de petit fusil mitrailleur. Ça hurlait de tous les côtés. [...] Je n’ai pas vu sur qui [il tirait]. Ils étaient au moins d’un. Ça a duré un petit moment.»