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Attentats de Paris: Gilbert Rozon refuse de se laisser intimider

Attentats de Paris: Gilbert Rozon refuse de se laisser intimider
Sébastien St-Jean / Agence QMI

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PARIS – Le producteur de spectacles Gilbert Rozon n’a pas l’intention de changer ses habitudes de vie en raison des attentats survenus vendredi soir à Paris. Il a choisi d’y répondre en faisant un «pied de nez» aux terroristes.

Alors que plusieurs lieux publics étaient fermés samedi, il a indiqué, dans une entrevue accordée à TVA Nouvelles depuis Paris, qu’il ferait tout en son pouvoir pour trouver un restaurant et organiser un dîner avec ses amis.

M. Rozon a accueilli vendredi soir à sa résidence de Paris quelque 35 personnes qui ont pour la plupart passé la nuit «couchées sur le plancher», puisque les transports publics étaient paralysés. L’ambiance, dit-il, n’était pas à la fête: «Les gens pleuraient, les gens étaient tristes.»

Au lendemain du choc, il a avoué que les gens se sentaient «hagards, drogués, un peu K.-O. On ne sait plus par quel bout prendre le problème. On se sent impuissant».

Il refuse pour autant de penser aux attentats, de se laisser paralyser par la peur et de changer ses habitudes de vie. Il a d’ailleurs rappelé qu’il avait pris l’avion deux jours après les attentats du World Trade Center, le 11 septembre 2001, et que l’avion était vide.

«Il n’est pas question que je change un iota à ma vie, sauf qu’aujourd’hui, tous mes spectacles sont annulés. Les spectacles que je devais voir sont annulés, il y a déjà ça comme conséquence.»

Paris a beau être associé à la joie de vivre, Gilbert Rozon est conscient que les gens «vont être angoissés» pendant plusieurs semaines.

«Cela ajoute une autre chape de plomb dans un pays qui ne va vraiment pas bien», a-t-il constaté.

Le Bataclan

M. Rozon connaît le Bataclan par cœur, puisqu'il a organisé de nombreux spectacles dans cette salle qu’il adore et qui a été la cible des terroristes.

«Elle est mythique, elle est jeune. Elle est rock'n'roll. C’est le Spectrum et le Métropolis à la fois. C’est un endroit où il fait bon aller voir des shows», a-t-il raconté.

Il a donc facilement visualisé les lieux lorsqu’on a confirmé qu’il y avait une centaine de morts et de nombreux blessés. «J’ai vu la scène, je la vois encore et ça me hante», a-t-il avoué.

Il a salué les propos du premier ministre du Québec Philippe Couillard. «Il faut être inclusif, ce n’est pas le moment de faire des amalgames [comme]: “Tous les Arabes, tous les musulmans”, parce qu’il y a quelques cons qui prêchent une religion intégriste et qui se servent de la religion pour faire valoir une cause absolument absurde.»