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La solution de François Allaire: modifier les poteaux

François Allaire, qui a longtemps travaillé avec Patrick Roy, chez le Canadien, et qui est maintenant son entraîneur des gardiens au Colorado, est d’avis que de changer la forme des poteaux serait une solution pour qu’il se marque plus de buts.
Photos d’archives François Allaire, qui a longtemps travaillé avec Patrick Roy, chez le Canadien, et qui est maintenant son entraîneur des gardiens au Colorado, est d’avis que de changer la forme des poteaux serait une solution pour qu’il se marque plus de buts.

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Le sujet revient régulièrement sur le tapis dans la LNH. Que peut-on faire pour améliorer le spectacle tout en générant plus d’attaque ?

Chaque fois, on pointe du doigt les gardiens de but, qui sont devenus tout simplement trop bons et trop imposants physiquement.

Il est vrai que lorsqu’on regarde des images de la conquête de la coupe Stanley du Canadien en 1986, on est estomaqué de voir jusqu’à quel point Patrick Roy avait l’air d’un gringalet devant son filet.

Le hockey a tellement changé lorsqu’on le compare à cette époque où il se marquait des tonnes de buts dans la LNH!

On a profité de la visite de l’Avalanche du Colorado samedi au Centre Bell pour en discuter avec le réputé entraîneur des gardiens de but de l’équipe, François Allaire.

Il a été le mentor de Roy lors de ses 12 années passées dans l’organisation du Canadien et il a été à l’origine d’une sorte de révolution dans le monde du hockey en perfectionnant le style papillon.

D’ailleurs, il est à espérer que le Panthéon de la renommée lui réservera une place un de ces jours...

Voici le contenu de l’entrevue avec Allaire, qui est entraîneur des gardiens pour une 30e saison dans la LNH, dont les trois dernières avec l’Avalanche, et qui a savouré trois conquêtes de la coupe Stanley:

Comment réagis-tu lorsque tu entends un entraîneur comme Mike Babcock suggérer d’agrandir les filets afin de favoriser l’attaque ou un autre qui recommande de réduire l’équipement des gardiens?

«Je vois mal comment on pourrait augmenter la dimension des filets, car cela dévaloriserait tous les records qui ont été établis par les gardiens depuis que la LNH existe. Pour ce qui est de réduire l’équipement, ça n’aurait que des effets temporaires, car on constate depuis 10 ans que la taille des gardiens et leurs qualités athlétiques augmentent sans cesse. Même si on devait réduire l’équipement, un gardien qui mesure 6 pi 4 po ne raccourcirait pas...»

N’est-ce pas aussi la faute des systèmes défensifs qui sont de mieux en mieux peaufinés?

«C’est certain que c’est devenu de plus en plus ardu de marquer des buts. Les systèmes défensifs sont bien meilleurs aujourd’hui qu’ils ne l’étaient dans les années 1980. Il ne faut pas oublier non plus que le niveau de talent a augmenté dans la LNH, avec tous ces joueurs européens qui se sont amenés. On parle vraiment des 700 meilleurs joueurs du monde.»

François Allaire, qui a longtemps travaillé avec Patrick Roy, chez le Canadien, et qui est maintenant son entraîneur des gardiens au Colorado, est d’avis que de changer la forme des poteaux serait une solution pour qu’il se marque plus de buts.
Photo courtoisie, Michael Martin, Avalanche du Colorado

Que proposerais-tu comme solution pour répondre aux demandes des dirigeants qui veulent voir plus de buts?

«La solution, à mon avis, serait de changer la forme des poteaux afin de permettre aux rondelles de dévier plus souvent dans le filet au lieu de rebondir sur le poteau. Actuellement, il n’y a que 25 % des rondelles qui ont frappé le poteau qui aboutissent au fond du filet. En changeant la forme des poteaux, je crois qu’on pourrait passer à 75 % de rondelles qui trouveraient refuge dans la cage. On enregistre en moyenne deux à trois tirs par match qui frappent le poteau. Cet ajustement mineur pourrait donc changer la dynamique des matchs sans pour autant qu’on soit obligé de modifier les règlements. Les attaquants seraient ainsi plus souvent récompensés pour leurs efforts. La ligne est si mince entre compter un but et frapper le poteau!»

Dirais-tu que depuis les années 1980, le poste de gardien de but est celui qui a subi la plus grande évolution?

«C’est certain que c’est un tout nouveau monde. L’équipement a changé, mais, surtout, les méthodes d’entraînement sont complètement différentes. Aujourd’hui, les gardiens arrivent dans la LNH à 20 ans et ils sont déjà très bons techniquement. La grande taille des gardiens, de nos jours, permet de nouveaux mouvements qui étaient impensables à l’époque.»

Est-ce un ajustement continuel pour toi?

«Il y en a eu beaucoup au fil des ans. Il faut toujours s’adapter. Aujourd’hui, les ajustements se font très rapidement parce que les informations circulent à une vitesse folle. Auparavant, on pouvait expérimenter des choses avec Patrick [Roy] à Montréal et ça pouvait prendre quatre ans avant que les autres équipes s’ajustent à nos méthodes. Je me souviens que nos rivaux ne comprenaient pas, sur le coup, pourquoi on essayait ces choses-là. C’était à notre avantage.»