/news/politics
Navigation

Couillard demande au PQ et à la CAQ de ne pas attiser l'intolérance

Couillard demande au PQ et à la CAQ de ne pas attiser l'intolérance
Photo Agence QMI, Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Les péquistes et les caquistes sont moins ouverts aux immigrants, selon le premier ministre Philippe Couillard, qui met en garde ses adversaires politiques contre la tentation d'attiser l'intolérance à l'égard des réfugiés syriens.

Après la banderole «Réfugiés, non merci» affichée aux abords de l'autoroute Henri IV à Québec, une pétition contre l'arrivée massive de migrants syriens circule sur le web. En après-midi dimanche, cette pétition récoltait plus 30 000 noms.

«Parfois, et je suppose même parfois involontairement, en adoptant certaines politiques qui semblent faciles, qui semblent répondre à ce qu'on croit être le souhait de la population, on pose des gestes qui attisent les braises de ces démons qu'on a chez nous», a plaidé M. Couillard dimanche, en clôture du Conseil général du Parti libéral du Québec qui se tenait cette fin de semaine dans la Capitale nationale.

Dans le contexte actuel, où le Québec ouvrira bientôt ses portes à quelque 6000 réfugiés de la Syrie, le rôle des leaders politiques est primordial pour rassurer la population, selon le premier ministre. Les craintes de la population sont légitimes à la suite des attentats de Paris, mais cette peur ne doit pas se transformer en intolérance, croit-il.

Les réactions des Québécois ne sont pas différentes des citoyens d'ailleurs dans le monde. «On a chez nous les mêmes démons que les autres sociétés démocratiques, dont la peur de l'autre, dont la tentation facile du rejet de l'étranger, dont la xénophobie, ça existe chez nous», convient Philippe Couillard.

«Mais ce qui serait de la récupération inacceptable, c'est d'exploiter ce démon là, de souffler sur ses braises».

Devant quelque 450 militants réunis au Centre des congrès de Québec, le chef libéral a soutenu que ses adversaires de la CAQ et du PQ ont démontré qu'ils sont moins accueillants envers les immigrants. Il n'a pas manqué de rappeler la charte des valeurs péquiste et la proposition caquiste de faire passer un examen aux immigrants trois ans après leur arrivée au Québec pour tester leur niveau de français.

«Il n'y a personne qui fait ça, il n'y a pas un pays démocratique qui fait des trucks comme ça».

Sa ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, craint elle aussi la récupération politique. «Ce qui nous a toujours inquiété, c'est l'intolérance à l'égard de l'autre. On a des gens qui quittent des endroits où la terreur fait partie du quotidien, des gens qui quittent la violence, l'horreur, ces gens là, on doit les accueillir de façon sereine et il ne faut pas non plus que les actes qui ont été commis vendredi dernier augmentent ce sentiment de crainte envers l'autre», a-t-elle soutenu dimanche.

Selon elle, lorsqu'on craint l'autre, on donne raison aux auteurs des actes terroristes. «Le Québec et le Canada ont toujours été des terres d'accueil, on a toujours accueilli l'autre à bras ouverts, on doit continuer», insiste-t-elle.

Député de la région de Québec, le ministre François Blais ne sent pas d'inquiétude particulière chez ses commettants. Il admet néanmoins que l'arrivée de réfugiés soulève toujours des questions portant sur la sécurité.

«Pas des terroristes»

«Il faut comprendre que ce sont des gens désespérés qui sont expulsés par la guerre, qui sont expulsés par les conflits, je pense que c'est un geste d'humanité d'ouvrir nos portes, je pense que la grande majorité des Québécois comprennent ça», plaide-t-il.

Le ministre de l'Éducation ajoute que les migrants font l'objet d'enquêtes de sécurité avant leur arrivée. «Ce ne sont pas des terroristes qu'on accueille», insiste-t-il.

Autre élu de la région de Québec, le député Patrick Huot (Vanier) ne sent pas lui non plus de peur chez les citoyens de sa circonscription. «En passant, à Vanier, on a déjà accueilli beaucoup de réfugiés par le passé de l'Asie entre autre, beaucoup de Birmans, des Népalais», insiste-t-il.

M. Huot ne cache toutefois pas son «malaise» devant la pétition contre l'accueil de migrants syriens. «On a un rôle à jouer, M. (Philippe) Couillard a été assez clair là-dessus, il faut tendre la main. Il y a du grand malheur humain».