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Un déserteur de l'ÉI déballe son sac à Daily Beast

Un déserteur de l'ÉI déballe son sac à Daily Beast
AFP

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Le magazine web The Daily Beast a entretenu une longue conversation avec un agent déserteur du groupe État islamique, ou Daech, plusieurs semaines avant les attentats de Paris.

Le magazine a donc publié dimanche le résultat de cet entretien qui s’est déroulé pendant trois jours en Turquie, au début de l’automne. Un entretien qui a été préparé avec la minutie et le secret dignes de Homeland.

Abu Khaled aurait été agent des services de sécurité de Daech. Jeune homme allumé, instruit, polyglotte (il parle arabe, anglais et français), il connaît bien l’œuvre de Pink Floyd, et avant son aventure avec l’ÉI, il ne s’était jamais considéré comme une personne religieuse.

S’il s’est joint à l’ÉI, comme bien d’autres personnes, c’est qu’il croyait faire partie d’un groupe qui luttait contre l’impérialisme américain.

Voici 17 révélations-chocs de Abu Khadr au webzine Daily Beast qui nous permettent de mieux saisir ce qu’est l’État islamique, ou Daech.


L’ÉI agit comme État: c’est une organisation fortement bureaucratisée.

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Melpomene - Fotolia

L’ÉI juge la Syrie comme un pays qui n’existe plus: les Syriens qui joignent ses rangs doivent remplir une demande de citoyenneté, même s’ils sont encore en Syrie.

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REUTERS

Les recrues doivent aller à l’école de la Sharia pendant deux semaines. «C’est de l’endoctrinement, du brainwashing, dit Abu Khaled. On apprend à haïr les gens.»

État islamique | 21 coptes égyptiens
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Reuters

Les clercs responsables de cet endoctrinement étaient de jeunes hommes pas très futés, en provenance de pays étrangers à la Syrie.

 

Il n'y avait que très peu de Syriens dans l’organisation.

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Mais l'organisation comptait des membres de diverses nationalités: Russes, Américains, Français, Néerlandais, Allemands, Britanniques, Vénézuéliens, Trinidadiens, etc.

 

Les langues les plus parlées dans l’ÉI, outre l’arabe, sont l’anglais et le français.

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Les combattants étrangers doivent brûler leurs passeports lors d’une cérémonie officielle, montrant ainsi qu’il n’y aura pas de retour possible.

 

Le monde situé à l’extérieur du califat autoproclamé par l’ÉI, à cheval sur la Syrie et l’Irak, s’appelle Dar al-Harb, la terre sans dieu de la guerre, de la dépravation.

Paris
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Le territoire contrôlé par l’ÉI s’appelle Dar al-Islam, la terre de la foi et de la paix (même si ce territoire est en proie à une violence inouïe...)

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Depuis les dernières semaines, l’ÉI a perdu d’importantes batailles qui lui ont coûté très cher. Alors, le commandement resserre le contrôle sur ses troupes.

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Dans la seule bataille de Kobané, plus tôt cette année, l’ÉI a perdu 5000 combattants, la plupart des étrangers qui ont servi de chair à canon.

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En septembre 2014, près de 3000 combattants étrangers joignaient les rangs de l’ÉI chaque jour.

 

Aujourd’hui, ce serait à peine 50 à 60.

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Depuis, l’ÉI cherche à créer des cellules dormantes dans les pays occidentaux. «De rester là, puis de tuer des gens là, de faire sauter des immeubles, tout ce que vous pouvez faire. Vous n’avez plus à venir ici», affirme Abu Khadr.

 

Il a fait mention de deux Français au début de la trentaine, retournés en France après leur formation auprès de lui. Il dit ne pas se souvenir de leur nom: «Tout le monde s’appelle Abu quelque chose, on ne mentionne jamais nos vrais noms.»

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Joint ce week-end par le journaliste, il affirme être pas mal sûr qu’un de ces deux hommes-là faisait partie dans une certaine mesure du complot de l’attaque terroriste de Paris.

Dans cet article du Journal, le père de l’un des kamikazes parle de son fils recruté par l’ÉI, disparu en Syrie et qui serait revenu pour commettre les attentats de vendredi dernier.